"Les investisseurs sont focalisés sur la survie de leurs startups" (Benoist Grossmann, Idinvest et France Digitale)
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Benoist Grossmann, managing partner chez Idinvest et coprésident de France Digitale.
DR
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LA TRIBUNE - Nous sommes entrés dans une crise économique d'une ampleur historique. Comment percevez-vous son impact sur le secteur de la tech ?
BENOIST GROSSMANN - Les entreprises du numérique sont peut-être les moins mal loties car elles sont plus agiles. Il est plus facile pour une startup de pivoter son activité pour s'adapter à la nouvelle donne, que pour une entreprise dans l'industrie traditionnelle par exemple. Le confinement est aussi moins difficile quand on est une entreprise du digital, car elles utilisaient déjà des outils numériques et pour certaines le télétravail était déjà intégré dans le fonctionnement interne. De plus, il n'y pas que des perdants dans une crise, et on voit que les entreprises qui résistent le mieux, voire qui profitent d'un effet d'aubaine, sont les plus innovantes, comme Doctolib, les solutions de télétravail ou de streaming. On a besoin d'innovations pendant la crise, et c'est pourquoi les solutions des startups qui savent s'y adapter ont tout à fait leur place dans le monde d'après.
Ceci dit, tout le monde est dans le dur en ce moment, la crise est d'une violence inouïe et je pense qu'on n'en mesure pas encore tous les effets. La tech souffre moins que les autres secteurs, elle s'en remettra sûrement plus vite parce que l'innovation est dans son ADN, mais elle souffre quand même. Quasiment toutes les startups sont impactées dans leurs activités et doivent recourir aux dispositions de soutien mises en place par l'Etat, comme le chômage partiel et les PGE [prêts garantis par l'Etat, ndlr]. Sans ça, beaucoup devraient mettre la clé sous la porte.
Craignez-vous une sur-mortalité chez les startups ?
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Non, pour plusieurs raisons. Déjà parce qu'en temps normal, l'échec fait partie de la culture de l'innovation. Le taux de mortalité est fort chez les startups car chacune est un pari fondé sur une innovation technologique ou d'usage, avec donc des risques d'échec élevés si la startup ne trouve pas assez vite son marché. Ensuite, parce que je pense qu'avant la crise, il y avait une sous-mortalité des startups en France. L'argent coulait à flots, donc beaucoup d'entrepreneurs arrivaient à se financer et ce n'était pas forcément justifié pour tous.
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