Deep Tech : Bpifrance va gérer un nouveau fonds de 400 millions d'euros

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Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a annoncé la création d'un nouveau véhicule d'investissement dans les Deep Tech, le fonds French Tech Seed. Il sera doté de 400 millions d'euros.
Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a annoncé la création d'un nouveau véhicule d'investissement dans les Deep Tech, le fonds French Tech Seed. Il sera doté de 400 millions d'euros. (Crédits : Benoit Tessier)
Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a dévoilé le lancement d'un nouveau fonds de pré-amorçage chargé d'investir dans les startups de la Deep Tech, c'est-à-dire les innovations issues du monde de la recherche.

Les doléances des entrepreneurs de la Deep Tech ont-elles été enfin entendues par l'État ? En déplacement à Metz en fin de semaine dernière, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, a précisé les contours de la politique d'innovation gouvernementale et disserté sur l'importance stratégique des Deep Tech, ces startups à très forte valeur ajoutée technologique, issues du monde de la recherche. Dans la lignée des annonces de Mounir Mahjoubi lors de l'événement VivaTech, fin mai, le ministre de l'Économie a confirmé le virage de la French Tech vers l'innovation de rupture, une manière de capitaliser sur l'excellence de la recherche française "pour répondre aux défis du XXIe siècle" et permettre à la France et à l'Europe de se faire une place parmi les grandes puissances technologiques mondiales.

Lire aussi : La France prendra-t-elle le virage des « Deep Tech » ?

French Tech Seed, 400 millions d'euros pour le pré-amorçage des Deep Tech

Dans ce cadre, Bruno Le Maire a annoncé la création d'un nouveau véhicule d'investissement, le fonds French Tech Seed. Il sera doté de 400 millions d'euros, qui proviennent, sans surprise, du troisième volet du Programme d'investissements d'avenir (PIA), géré par Bpifrance.

French Tech Seed "soutiendra les levées de fonds des startups technologiques issues des laboratoires, des incubateurs ou des sociétés d'accélération du transfert de technologies (SATT)", précise le secrétariat d'État au Numérique, le plus souvent en complément des capitaux apportés par les investisseurs privés et sous la forme d'obligations convertibles. Géré par Bpifrance, le fonds reposera sur "des apporteurs d'affaires labellisés, chargés d'accompagner ces nouvelles pousses et de leur trouver des investisseurs privés".

Les tickets seront faibles - Bruno Le Maire a indiqué des investissements en général inférieurs à 500.000 euros - car le fonds veut intervenir à l'étape du pré-amorçage, comme l'explique le ministre de l'Économie :

« L'industrie du capital-risque s'est beaucoup développée en France mais elle ne couvre pas encore tous les besoins, a rappelé le ministre de l'Économie. De nombreuses pépites, en général issues de la recherche, ne peuvent pas y accéder soit parce qu'elles sollicitent de trop petits tickets d'investissements, moins de 500.000 euros, soit parce qu'elles présentent un risque encore trop élevé ».

Lire aussi : Startups : les mesures phares du plan Mahjoubi

Combler une faille de marché

Effectivement, le financement des Deep Tech est compliqué en France. À la fois parce qu'il existe peu de fonds privés spécialisés dans ce type de startups à haut risque, et parce qu'il manque, globalement, d'investisseurs "longs" dans l'innovation, publics ou privés, qui peuvent se permettre d'attendre plus de dix ans avant d'encaisser leur retour sur investissement. Par conséquent, si la recherche française est correctement financée, les nombreuses innovations qui naissent dans les labos peinent à en sortir. Et quand elles réussissent cette délicate transition vers le monde de l'entreprise, elles sont confrontées à la galère de la levée de fonds à toutes les étapes de leur développement, au début bien sûr, mais aussi et surtout lorsqu'il s'agit de changer d'échelle en levant de grandes sommes d'argent, qu'elles trouvent le plus souvent auprès de fonds étrangers.

Si le French Tech Seed ne règle pas le problème du financement des Deep Tech au-delà de la Série B, il permet en revanche, d'après Bruno Le Maire, "d'enfin doter la France d'un outil capable de financer le pré-amorçage à grande échelle". Consolider la base en soutenant les fonds privés, pour permettre à l'écosystème de se structurer afin de prendre le relais. Cette logique a déjà fait ses preuves : en 2011, le Fonds national d'amorçage (FNA), doté de 600 millions d'euros investis en "fonds de fonds" dans des sociétés privées, avait irrigué l'écosystème et permis de relancer l'investissement dans les startups innovantes.

La Deep Tech, priorité de la politique d'innovation du gouvernement

French Tech Seed complète la stratégie d'innovation du gouvernement, qui fait des Deep Tech l'une des trois "priorités" - avec le financement de la formation et la transformation de l'action publique - du Grand plan d'investissement (GPI) de 57 milliards d'euros, opérationnel depuis de début de l'année.

Le nouveau comité de surveillance du GPI, présidé par Patricia Barbizet, se réunira pour la première fois le 19 juillet prochain pour, entre autres, définir ce que devra financer le Fonds pour l'innovation et l'industrie, doté de 10 milliards d'euros issus des cessions de participations de l'État, dont les bénéfices - entre 200 et 300 millions d'euros par an - serviront à financer les Deep Tech et les "grands défis technologiques", au nombre de 3 à 5 par ans dans les domaines de la santé, de l'environnement ou des mobilités, qui seront dotés chacun d'une enveloppe jusqu'à 50 millions d'euros.

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Commentaires
a écrit le 26/06/2018 à 7:48 :
Décidemment cet exécutif est dans la com bien loin des grands discours volontaristes. 400 millions une goutte d'eau dans un monde dominé par ceux qui ont la volonté de faire émerger la recherche à long terme les US, la Chine mais également l'Inde et demain l'Afrique. La France est une sorte de pays émergent dans les besoins du numérique en général. Ce n'est pas notre bon!!secrétaire d'état qui avec ses 100 propositions, toujours dans cette maladie française de la quantité à défaut de la qualité qui va développer cette économie déjà d'aujourd'hui et que dire pour demain. Un bon secrétaire typiquement politique avec son "offre" de ceux qui devront demander une dérogation et qui recevront, selon encore notre bon secrétaire, une réponse " sous quelques mois" risible à défaut de pitoyable.
a écrit le 25/06/2018 à 14:46 :
De grâce respectez notre belle langue et PARLEZ FRANCAIS.
Je suis excédé d'etre obligé de lire des termes anglais en permanence.

Dans quelques années notre langue nationale aura disparue et vous en serez partiellement responsable
a écrit le 25/06/2018 à 13:53 :
Mais ou sont donc cachés les actionnaires milliardaires qui pourtant déjà ne payent pas d'impôts en UE.

Ça sert à quoi de faire des cadeaux à ces gens là si c'est pour toujours perdre toujours plus ?

"Liste d'affaires politico-financières françaises" https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27affaires_politico-financi%C3%A8res_fran%C3%A7aises

Non exhaustive et de très loin bien entendu mais c'est la liste qui a le mérite d'exister est déjà particulièrement impressionnante.
a écrit le 25/06/2018 à 13:34 :
L'Etat est incapable de piloter la dépense publique, et veut au surplus investir dans des segments qu'il ne maitrise pas..qui y croit? Se poser la simple question est déjà y répondre..
Réponse de le 25/06/2018 à 18:33 :
Je vous rejoins totalement; je serais disposé à demander à des entrepreneurs retraités AYANT MONTRE COMPETENCE ET HUMANITE de mettre leur expérience au service de la France... mais le voudraient-ils?

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