FlexyBeauty, la startup qui digitalise les salons de beauté, lève 7 millions d'euros

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Ilan Koskas et Sébastien Beaujard, les deux confondateurs et dirigeants de FlexyBeauty.
Ilan Koskas et Sébastien Beaujard, les deux confondateurs et dirigeants de FlexyBeauty. (Crédits : DR)
La pépite française veut profiter du début de la digitalisation du secteur de la beauté - salons de coiffure, d'esthétique, massages, spa... - pour devenir le leader européen des solutions de gestion pour les TPE et indépendants, qui composent l'immense majorité des professionnels de ce milieu.

Alors que le gouvernement prépare un plan pour aider les PME et les TPE à effectuer leur transformation numérique, certaines startups se jettent déjà sur ce créneau prometteur. C'est le cas, dans le secteur de la beauté (salons de coiffure, instituts de beauté et spa, tatoueurs, barbiers...) de la startup FlexyBeauty, qui annonce jeudi 19 avril sa deuxième levée de fonds, d'un montant de 7 millions d'euros, auprès de Serena Capital et de Newfund.

Solution "tout-en-un" pour les professionnels de la beauté

Créée en 2014 par Ilan Koskas (ancien de Pixmania) et Sébastien Beaujard, FlexyBeauty commercialise un logiciel SaaS pour les professionnels de la coiffure et de la beauté. La solution réunit un logiciel de caisse certifié, un site internet et une application mobile avec boutique en ligne pour chaque commerçant. Elle propose aussi un outil de click and collect, de réservation et de paiement en ligne. Des fonctionnalités comme des campagnes marketing en fonction des comportements d'achats, l'optimisation des heures creuses ou encore l'augmentation de la revente de produits en salons, peuvent aussi être ajoutées en fonction de la formule d'abonnement, la plus populaire étant l'offre à 69 euros par mois (29 euros pour la plus rudimentaire, 129 euros pour la plus complète).

D'après la startup, cette "solution tout-en-un" spécialement conçue pour le secteur de la beauté, permet à ses 4.000 clients en France d'augmenter leur chiffre d'affaires de 25% en moyenne. Par exemple, l'une des problématiques principales des salons de coiffure ou de beauté est le "no show", c'est-à-dire les clients qui réservent mais ne viennent pas. "On fait économiser de l'argent au salon en intégrant un système d'acomptes, comme les hôtels, ce qui réduit considérablement le nombre de no show", explique Ilan Koskas, 40 ans, cofondateur et Pdg de FlexyBeauty.

Les salons de coiffure et de beauté à la marge de la révolution numérique

Lancée début 2015, la solution a conquis 1.000 clients la première année, ce qui a permis à FlexyBeauty de réaliser, non sans difficultés, une Série A de 1,5 million d'euros auprès de Newfund au début de l'année 2017. Aujourd'hui, la startup revendique 4.000 clients et a consolidé sa position de leader en France, ce qui lui a ouvert les portes d'une seconde levée de fonds, de 7 millions d'euros, avec le fonds Serena Capital en "lead".

"Cette fois, nous avons pu avoir le luxe de choisir nos investisseurs, mais la première levée avait été très difficile, se souvient Ilan Koskas. Personne ne croyait que le secteur était suffisamment mâture pour intégrer les outils numériques, car 90% du marché se compose d'indépendants et de TPE de quelques salariés. Ce sont des passionnés qui ne sont pas des pros de la gestion et qui sont peu sensibilisés aux bénéfices des outils digitaux"

Effectivement, si FlexyBeauty se développe vite, ses 4.000 clients ne représentent qu'une infime fraction du marché potentiel en France, qui compte potentiellement 250.000 structures (salons de coiffure, de beauté, massage et spa, tatoueurs, barbiers...).

D'après l'Union nationale des entreprises de coiffure (Unec), 80% des coiffeurs prennent toujours leurs rendez-vous sur un agenda papier, à peine 48% des salons de beauté utilisent un logiciel de gestion, 29% possèdent un site Internet et 18% utilisent les SMS pour fidéliser leur clientèle.

"La grande majorité de nos clients sont des salons de 1 à 4 collaborateurs, et pour 40% d'entre eux, nous remplaçons d'autres outils de gestion moins complets, ce qui veut dire qu'il nous reste encore beaucoup de travail pour évangéliser le marché", ajoute le Pdg.

Devenir le leader européen d'un marché en pleine éclosion

Malgré la difficulté de séduire les TPE, Ilan Koskas préfère voir le verre à moitié plein.

"Je me suis rendu compte très vite que le niveau de digitalisation des entreprises du secteur était très faible, y compris dans les grandes enseignes. Mais cela signifie qu'il y a un vrai marché pour nous, donc qu'il faut accélérer pour le dominer avant que d'autres nous dament le pion"

Les "bons plans" attirent en effet pléthores d'opportunistes et la vague de la "beauty tech" est en plein boom. FlexyBeauty, qui se revendique numéro 1 français, doit faire face à une concurrence de plus en plus accrue. La plus forte est celle de Mindbody, entreprise cotée au Nasdaq, leader mondial des solutions de gestion pour ce type d'activités. "Nous voulons devenir le Mindbody européen", affirme Ilan Koskas, qui devra pour cela semer d'autres entreprises bien implantées dans le secteur de la beauté comme Ikosoft, ou des startups comme Planity et des pépites spécialisées dans des verticales métier comme My Cut et LeCiseau.fr pour la prise de rendez-vous en ligne.

Les 7 millions d'euros levés -un montant correct pour une Série B française- devront justement permettre de financer la suite du défrichage du marché français, ainsi que la conquête de l'Europe, à commencer par le Royaume-Uni. La startup compte doubler sa masse salariale (de 40 à 80 employés environ) dans les douze prochains mois, pour développer le marketing, les fonctions commerciales et aussi techniques.

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Commentaires
a écrit le 19/04/2018 à 10:23 :
ce n'est pas sympa : "les deux confondateurs"

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