ContentSquare, la startup qui traque les mouvements de votre souris, lève 42 millions de dollars

La plateforme française d'analyse prédictive du comportement client sur Internet lève 42 millions de dollars (33,8 millions d'euros) auprès du fonds américain Canaan et de Highland Europe, pour accélérer aux États-Unis et en Europe afin de devenir un leader mondial.
Sylvain Rolland
ContentSquare emploie 200 personnes et revendique 200 clients, la moitié en France, le reste surtout aux Etats-Unis et en Europe. Parmi eux figurent Carrefour, Walmart, Tiffany's, Goldman Sachs, Orange, Voyages SNCF, AccorHotels ou encore L'Occitane.
ContentSquare emploie 200 personnes et revendique 200 clients, la moitié en France, le reste surtout aux Etats-Unis et en Europe. Parmi eux figurent Carrefour, Walmart, Tiffany's, Goldman Sachs, Orange, Voyages SNCF, AccorHotels ou encore L'Occitane. (Crédits : © Samantha Sais / Reuters)

Qu'est-ce qui déclenche l'acte d'achat sur Internet ? Au contraire, pourquoi un client décide-t-il de quitter un site sur lequel il surfait sans rien avoir acheté ? Ces questions taraudent sérieusement les marchands en ligne, qui ont besoin de comprendre les comportements en ligne pour améliorer l'expérience client, et donc leur chiffre d'affaires.

Grâce au big data (analyse des données à grande échelle), à l'intelligence artificielle et au développement des technologies de tracking, les marques ont désormais accès à tout un éventail d'outils pour mieux comprendre le comportement utilisateur. Mais dans ce domaine, une startup française voudrait rafler la mise : ContentSquare.

Spécialisée dans l'analyse prédictive du comportement client, la pépite parisienne annonce ce lundi 29 janvier une nouvelle levée de fonds, sa deuxième, d'un montant de 42 millions de dollars (33,8 millions d'euros). L'investisseur principal est le fonds américain Canaan, connu pour ses participations dans Lending Club ou encore Match.com. Highland Europe (WeTransfer, Photoshop), investisseur historique, remet aussi au pot.

Suivre les mouvements de la souris ou du swipe sur mobile

Créée en 2012, ContentSquare se distingue de la concurrence grâce à une technologie unique sur le marché, capable d'analyser les moindres mouvements de la souris d'ordinateur et même les mouvements tactiles sur mobile : le "touch" (cliquer avec le doigt), le zoom ou encore le "swipe" (l'action de faire glisser du contenu sur l'écran pour passer d'une page à une autre).

"On va plus loin que nos concurrents, qui s'arrêtent à l'analyse du clic, en obtenant et en analysant des données avant même le clic, ce qui permet de comprendre avec un niveau de précision inédit comment consomment les clients", revendique le jeune Pdg de 31 ans, Jonathan Cherki.

Ainsi, ContentSquare recense et analyse "des milliards de mouvements tactiles et de souris chaque jour". Son logiciel commercialisé en mode SaaS (software as a service), doté d'une interface pour visualiser et analyser les données, permet à ses clients d'augmenter l'engagement sur Internet, au téléphone et sur les applications, de réduire les coûts opérationnels et de maximiser les taux de conversion. Les données sont disponibles pour les équipes en charge du contenu, du e-commerce, de l'analytique, de l'acquisition, de l'informatique et de l'expérience utilisateur (UX).

L'un des atouts de ContentSquare est de savoir adapter le parcours client à chaque pays et à chaque cible de consommateur. Par exemple, un consommateur chinois regarde en moyenne vingt images avant d'acheter un produit, contre à peine trois pour un Américain. Les consommateurs français ne lisent jamais les conditions générales de vente, tandis que les Allemands sont beaucoup plus vigilants."Il faut comprendre et maîtriser ces petites manies pour mieux performer", estime Jonathan Cherki.

La startup emploie 200 personnes et revendique 200 clients, la moitié en France, le reste surtout aux États-Unis et en Europe. Parmi eux figurent Carrefour, Walmart, Tiffany's, Goldman Sachs, Orange, Voyages SNCF, AccorHotels ou encore L'Occitane. Essentiellement des acteurs du retail, de la distribution et du luxe, bien que ContentSquare lorgne aussi vers de nombreux acteurs secteurs, à commencer par la banque.

"On change de paradigme : aujourd'hui, pour être performant dans un environnement très concurrentiel où tout s'achète en un clic et se livre rapidement, il faut tout miser sur l'expérience client. C'est la seule condition pour se différencier et fidéliser le consommateur. Notre outil aide les entreprises à maximiser l'impact de toutes leurs décisions car nous leur expliquons ce qu'il faut améliorer et comment le faire, en se basant sur des données qu'ils ne trouvent nulle par ailleurs", poursuit Jonathan Cherki.

150% de croissance en un an, objectif de devenir leader mondial

C'est pour maintenir cette avance technologique que la startup ne lésine pas sur les moyens. Avant cette deuxième levée de fonds de 42 millions de dollars, la startup avait bouclé une Série A de 20 millions de dollars en septembre 2016 (16,1 millions d'euros), quatre ans après un financement d'amorçage de 500.000 euros auprès de business angels.

Cet afflux de cash finance l'expansion internationale de la société, dans un marché du «data analytics» en forte croissance. ContentSquare a déjà ouvert des bureaux à New York et compte profiter de la levée pour recruter encore aux États-Unis et en France.

La startup mise aussi beaucoup sur la recherche et développement (R&D), notamment dans l'intelligence artificielle, qu'elle intègre déjà à ses outils pour fournir à ses clients des recommandations d'actions plus pertinentes et "leur faire gagner du temps". Elle emploie déjà 70 ingénieurs et leur nombre devrait "fortement augmenter" dans les prochains mois.

"Notre principal enjeu est de croître très vite pour ne pas nous faire rattraper technologiquement et nous imposer sur le marché", admet Jonathan Cherki. En ligne de mire : l'immense marché américain et européen bien sûr, mais aussi la maîtrise des nouvelles interfaces comme les "chatbots", ces robots conversationnels déjà très bien implantés dans les usages marchands en Asie et qui sont amenés à s'imposer en Occident.

Sylvain Rolland

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 10
à écrit le 29/01/2018 à 19:26
Signaler
La théorie comportementale existe depuis longtemps : cependant entre ce que les personnes croient , pensent , font il y a toujours de grandes marges Le big data : c’est de la perte de temps et de l’argent.

à écrit le 29/01/2018 à 18:00
Signaler
Y'en a marre d'être "traités" comme des animaux à comportements. Canaan on sait ce que c'est, la tribu de canaan... canaan le barbare... Les sites utilisent des dizaines de scripts et mon temps processeurs c'est à dire qu'ils ralentissent ma machin...

à écrit le 29/01/2018 à 16:00
Signaler
quand on a les competences necessaires dans le domaine, on se dit qu'il y a des trucs qui font sourire.......... le jour ou au lieu d'acheter n'importe quoi parce que le concurrent le fait aussi, on reflechira a ce qu'il faut faire, pourquoi on le f...

le 29/01/2018 à 18:37
Signaler
Churchill, J'aimerais profiter de votre expérience dans le domaine mais votre commentaire est pavé de sous entendus. Difficile d'en tirer quoi que se soit :-(

à écrit le 29/01/2018 à 14:40
Signaler
"En quoi c'est un pillage de donnée si le dit logiciel ne détient aucune donnée personnelle comme la loi l'exige" Nos processeurs n'étaient pas censés non plus piquer nos informations, nos cartes graphiques non plus, microsoft non plus or nous co...

le 29/01/2018 à 18:13
Signaler
boh, du bon vieux temps de la stasi, les gens se faisaient piquer plus ( et finissaient en camp pour se faire reeduquer leur cote bourgeois qui a des choses a cacher) , mais ca allait vu que c'etait pour lutter contre les suppots capitalistes... pou...

le 30/01/2018 à 10:54
Signaler
"boh, du bon vieux temps de la stasi, les gens se faisaient piquer plus " Mais de quoi vous nous parlez encore mon pauvre vieux ? "( et finissaient en camp pour se faire reeduquer leur cote bourgeois qui a des choses a cacher) , mais ca allai...

à écrit le 29/01/2018 à 12:59
Signaler
Il va falloir que l'on nous explique comment on peut à la fois être autant envahi de logiciels espions et combattre l'insécurité sur internet. A un moment faut faire un choix, soit on essaye de limiter les pillages de données soit on laisse tout ...

le 29/01/2018 à 13:52
Signaler
En quoi c'est un pillage de donnée si le dit logiciel ne détient aucune donnée personnelle comme la loi l'exige (ainsi que la future loi entrant en vigueur quelques mois)? Je ne vois pas le lien avec l'insécurité non plus...

le 29/01/2018 à 18:18
Signaler
désolé erreur d'aiguillage, je vous ai répondu au dessus...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.