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Guerre des talents : Cooptalis lève 20 millions d'euros pour devenir le Airbnb de la mobilité

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Sylvain Rolland

Publié le 18 octobre 2018 à 04:44 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:24

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Cooptalis se rêve en plateforme de référence de la mise en relation entre des entreprises en quête de talents et des travailleurs qui souhaitent s'expatrier, tout en organisant leur installation de A à Z, de l'obtention du visa au logement en passant par l'école des enfants. Sa série A massive de 20 millions d'euros vise à financer sa conquête du marché en France et à l'étranger.

A l'heure où Emmanuel Macron lui-même fait du recrutement des talents internationaux une priorité pour l'avenir de la French Tech, une startup tricolore, Cooptalis, se donne les moyens de ses ambitions. Basée à Marcq-en-Baroeuil, dans la banlieue lilloise, l'entreprise, créée fin 2012 par Gilles Lechantre et Olivier Desurmont, annonce le succès d'une levée de fonds massive de 20 millions d'euros, réalisée auprès des fonds Idinvest Partners, Entrepreneur Venture, CM-CIC Investissement, Finorpa et l'IRD.

A la fois plateforme de mise en relation et service sur-mesure

Dans la guerre des talents qui fait rage, notamment dans les métiers du numérique soumis à une pénurie des profils qualifiés (développeur, data scientist...), Cooptalis accompagne les entreprises dans leurs recherches de talents, et les candidats dans leurs projets d'expatriation partout à travers le monde. Fonctionnant comme une plateforme de mise en relation à l'image de Airbnb, l'entreprise de 450 salariés gère aussi l'installation concrète de l'expatrié dans son pays d'accueil, de l'obtention du visa à la trouvaille du logement, voire de l'école des enfants. C'est la principale plus-value de l'entreprise d'après son directeur, Gilles Lechantre:

"Recruter dans un pays étranger ou postuler auprès d'un employeur de culture différente implique la connaissance des lois, des méandres de l'administration, des coutumes et des codes sociaux. C'est très compliqué, et c'est pour cela que nous levons ces freins en fournissant une offre globale : on trouve le talent adéquat pour l'entreprise, et on s'occupe de tout pour qu'il puisse s'installer", résume l'entrepreneur.

Après cinq années d'existence, Cooptalis emplois 450 salariés et revendique avoir réalisé des missions de recrutement de talents internationaux pour "entre 120 et 150 clients", essentiellement des grands groupes dans le numérique et le conseil.

"Nous partons du besoin client. L'un d'entre eux cherchait par exemple un profil spécialisé dans la business intelligence. Nos équipes ont fait des études de marché candidats sur cette compétence, ce qui leur a permis d'identifier à Madagascar des entreprises informatiques compatibles et de trouver des candidats intéressants à l'expatriation", précise Gilles Lechantre.

Dompter l'enfer administratif de la France, un sacré défi

Pour recruter des profils, la startup scrute le web et active des communautés, mais elle n'hésite pas non plus à mener des missions sur place.

"Nous faisons 90 cessions de recrutement à l'étranger tous les ans, soit en envoyant nos équipes, soit avec des contacts locaux. On rentre d'une mission à l'Ile Maurice, on est récemment allés activer des communautés web au Liban ou en Inde", confie le dirigeant.

Le service se facture en fonction du besoin client, sous la forme d'un pourcentage du salaire annuel du recruté, soit "entre 10.000 et 15.000 euros pour une personne en moyenne". Cooptalis revendique ainsi un chiffre d'affaires qui double tous les ans et qui s'établit à 25 millions d'euros en 2018, et devrait encore doubler en 2019 d'après les projections de l'entreprise.

Le service est attractif car Cooptalis attire surtout des sociétés "traditionnelles" en pleine révolution numérique, qui peinent à lutter face à la concurrence des startups et des géants du Net dans la guerre des talents. Elles sont aussi noyées dans les complexités administratives.

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"Réussir à amener pour nos clients des talents en France est un bel accomplissement étant donné la difficulté rapport à d'autres pays comme l'Allemagne, où les formalités administratives sont beaucoup plus simples", se réjouit Gilles Lechantre, qui se réjouit de l'arrivée prochaine du Visa French Tech, une version simplifiée et élargie du Passeport Talents et du French Tech Visa lancé l'an dernier.

Le Canada, l'Allemagne et le Royaume-Uni dans le viseur

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Si le siège social de Cooptalis reste à Marcq-en-Baroeuil, la startup a déjà ouvert des bureaux Paris, Nice, Lyon, Toulouse, Nantes, Casablanca, Tunis et Hô-Chi-Minh-Ville au Vietnam. Les 20 millions de la levée de fonds -sa première après un financement d'amorçage de 700.000 euros en 2016- lui permettront de s'implanter, idéalement d'ici à la fin de l'année 2018, au Canada et en Allemagne, où le marché de l'emploi des profils tech est également très tendu en raison de la concurrence mondiale.

"Beaucoup de Marocains et de Tunisiens veulent aller au Canada par exemple. Nous regardons aussi le Royaume-Uni car le Brexit créé des mouvements de mobilité des travailleurs qui nous intéressent", détaille l'entrepreneur.

L'entrepreneur souhaite transformer Cooptalis en "véritable plateforme de référence", une sorte "d'Airbnb de la mobilité internationale, les services en plus".

Sylvain Rolland

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