JobTeaser, champion du recrutement des jeunes diplômés, lève 50 millions d'euros

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600 universités et écoles en Europe, dont la moitié en France, ont intégré la plateforme JobTeaser à leur site internet. 70.000 entreprises, de la startup au grand groupe, y postent des offres.
600 universités et écoles en Europe, dont la moitié en France, ont intégré la plateforme JobTeaser à leur site internet. 70.000 entreprises, de la startup au grand groupe, y postent des offres. (Crédits : JobTeaser)
La startup parisienne permet aux étudiants de s'orienter plus facilement dans la jungle du marché du travail, et aux entreprises de recruter leurs futurs stagiaires ou employés dès la fin de leurs études, en postant leurs offres directement sur le site des établissements du supérieur. La scale-up souhaite changer de dimension pour devenir leader européen de l'orientation professionnelle.

Un diplôme, oui, et après ? Au moment d'entrer sur le marché du travail, de nombreux étudiants ont encore une idée assez imprécise du fonctionnement des entreprises et de la réalité des métiers qui s'offrent à eux. C'était le cas des deux cofondateurs de JobTeaser, Adrien Ledoux et Nicolas Lombard.

"Lorsqu'on s'est rencontrés dans un cabinet de conseil, en 2008, c'était notre premier emploi et on s'est rendus compte qu'on ne savait pas vraiment pourquoi on était là", raconte Adrien Ledoux.

Les deux collègues décident alors de s'attaquer à l'orientation professionnelle des étudiants. Leur idée : réunir sur une même plateforme des contenus (vidéos, témoignages) de présentation des métiers et des entreprises, et des offres d'emplois et de stages, postées par les entreprises recruteuses.

68 millions d'euros levés en cinq ans

Dix ans plus tard, JobTeaser est l'un des fleurons de la French Tech. La scale-up (pépite en hypercroissance) annonce, mercredi 11 septembre, le succès de sa troisième levée de fonds, d'un montant de 50 millions d'euros, auprès du fonds Highland Europe et de ses investisseurs historiques français Alven, Idinvest Partners, Seventure Partners et Korelya Capital. Au total, l'entreprise a levé 68 millions d'euros : 3 millions en 2014 pour lancer sa solution, 15 millions en 2017 pour la déployer en France et attaquer l'Europe, et désormais 50 millions pour consolider ses positions et tenter de devenir le leader européen du recrutement des jeunes diplômés.

Si les deux entrepreneurs ont réussi à lever un tel montant, c'est parce que la solution a prouvé son efficacité. Le modèle économique de JobTeaser repose sur la gratuité auprès des universités et écoles : la startup leur offre sa plateforme en marque grise, c'est-à-dire qu'elle gère à leur place l'onglet "Carrières" de leur site internet, devenant la porte d'entrée de leurs étudiants vers le marché du travail. La solution est également gratuite pour les futurs travailleurs, qui n'ont qu'à créer un profil et naviguer sur le site mais payante pour les entreprises qui y postent leurs offres de stage et de premier emploi.

"De nombreux métiers, notamment dans le numérique, sont sous tension, le recrutement de profils qualifiés est un vrai enjeu. Il est précieux pour les entreprises de pouvoir accéder à la source à leurs futurs collaborateurs, c'est-à-dire lorsqu'ils sont encore étudiants", estime Adrien Ledoux.

Aujourd'hui, 600 universités et écoles en Europe, dont la moitié en France, ont intégré la plateforme à leur site internet. 70.000 entreprises, de la startup au grand groupe, y postent des offres. Dans le détail, elles paient un abonnement annuel pour bénéficier d'une "page vitrine" sur la plateforme (10.000 euros par an), ainsi qu'un forfait dégressif selon le nombre d'offres à pourvoir. A l'unité, poster une offre de stage coûte 190 euros, et 390 euros pour une offre d'emploi.

 "Une fois que l'entreprise paye son abonnement, son offre d'emploi peut être diffusée dans toutes nos écoles. Cela signifie qu'elle devient compétitive dans la guerre des talents au niveau européen. On lui facilite grandement sa prospection, puisqu'il est fréquent qu'elle recrute des talents dans des écoles auxquelles elle n'avait pas pensé auparavant", précise l'entrepreneur.

L'Europe en ligne de mire, de nouveaux outils pour affiner le recrutement

Depuis que JobTeaser a trouvé son modèle économique, en 2014 et après cinq ans de tâtonnements, la startup parisienne croît à toute vitesse. Elle emploie aujourd'hui près de 200 personnes (dont une centaine arrivés en 2019) et espère 350 employés fin 2020, dont près de la moitié hors de France. En plus de ses bureaux à Paris, JobTeaser s'est aussi installé ces dernières années à Barcelone, Madrid, Munich, Bruxelles et Londres. L'objectif de la levée de fonds est de consolider ses positions en France, mais surtout, de répliquer ce succès à l'échelle européenne.

Pour ce faire, JobTeaser prévoit aussi de lancer deux nouveaux services. Le premier, Shortlist (8.000 euros par an pour les entreprises) est actuellement en test. Il s'agit pour les entreprises d'affiner les critères de sélection pour mieux recruter sur des profils sous tension, comme les ingénieurs, qui, de plus en plus, se font chasser dès la sortie de l'école, et n'ont donc pas besoin de chercher eux-mêmes un emploi.

"L'idée est de permettre aux entreprises de cibler quelques écoles et des profils spécifiques. Grâce aux données laissées par les utilisateurs sur la plateforme, notamment les contenus qu'ils ont regardé ce qui traduit leurs centres d'intérêts, l'algorithme propose une liste de candidats, qu'elle peut contacter directement. Cela valorise le candidat qui a été "shortlisté".

Le deuxième service est de multiplier les contenus, pour proposer, à terme, une série de tests afin que le candidat identifie plus précisément le métier qui lui convient le mieux en fonction de sa personnalité.

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