Près d'un recrutement sur cinq jugé difficile par les employeurs

Dans l'industrie, les difficultés pour recruter s'amplifient.
Reuters

Dans l'industrie, les difficultés pour recruter s'amplifient.
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Manque de compétences, éloignement géographique, salaires trop bas, pénibilité du travail... les difficultés de recrutement sont multiples. Selon les chiffres du service de statistiques du ministère du Travail (Dares) publiés ce jeudi 4 juillet, 17% des recrutements ont été jugés difficiles par les employeurs interrogés. La pénurie de candidats, le manque d'adéquation entre les profils des candidatures et les exigences des recruteurs et les caractéristiques du poste relatives à la rémunération ou à son contenu sont les obstacles les plus couramment cités dans les enquêtes, sachant qu'ils peuvent se cumuler. Interrogé il y a quelques semaines par La Tribune, l'économiste de BPI, Baptiste Thornary, avait expliqué que :
La baisse du chômage et le vieillissement de la population active pourraient encore accroître ces tensions. Ainsi, la part des 60-64 ans dans la population active a considérablement augmenté entre 2014 et 2018 passant de 27,1% à 33,5%. Le recul de l'âge légal de départ à la retraite a eu de fortes répercussions sur la participation des seniors au marché du travail.
Cette moyenne masque évidemment des disparités selon le domaine professionnel du métier. Dans le classement établi par les statisticiens du ministère du Travail, les ingénieurs et cadres de l'industrie représentent les profils les plus difficiles à trouver (33% des recrutements). Ils sont suivis par le personnel dans le domaine des matériaux souples, du bois ou des industries graphiques (29%) ou encore celui de l'informatique (29%). À l'opposé, la banque et les assurances (10%), le bâtiment et les travaux publics (10%) ou encore, les transports, la logistique et le tourisme (12%) sont les trois domaines qui souffrent le moins pour embaucher.
Par secteur, ce sont surtout les dirigeants dans l'information et la communication (29%), l'industrie et les services aux entreprises qui expriment le plus de difficultés (20%). À l'inverse, la construction (11%), l'hébergement-restauration (13%) ou encore les services financiers et immobiliers semblent moins confrontés à ce type de difficultés.
Sans surprise, les résultats de l'enquête indiquent que les tensions de recrutement concernent avant tout les postes les plus qualifiés avec des contrats à durée indéterminée (CDI). Ainsi, 26% des recrutements de cadres ont été jugés compliqués contre 18% pour les professions intermédiaires et les employés qualifiés, 14% pour les employés non-qualifiés et 12% pour les ouvriers non qualifiés. Il existe également un écart significatif entre les CDI (20%) et les CDD courts (10%). La taille et les lieux d'implantation de l'entreprise, le déficit d'image, peuvent également accroître les difficultés des firmes pour embaucher.
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D'autres motifs liés à l'établissement comme le budget non-garanti, le manque de temps ou le manque de moyen peuvent compliquer les processus d'embauche. Sur l'ensemble des recrutements jugés complexes, 3 sur 10 sont davantage liés à l'entreprise qui veut recruter.
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Face à tous ces obstacles, les recruteurs adoptent des stratégies spécifiques. Parmi les leviers les plus souvent cités figure l'intensification des efforts de recrutement (56%) "mesurée par une sollicitation plus forte des canaux habituels ou un recours à d'autres canaux". L'assouplissement des exigences à l'égard du candidat est le second facteur cité par les répondants (34%). Enfin, 20% des recruteurs ont admis avoir modifié le poste pour attirer du monde. Cette modification peut passer par une redéfinition du contenu du poste, une hausse de la rémunération proposée ou la proposition d'un contrat plus attractif.
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