La pénurie de talents, prochain frein de la French Tech ?

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Pour 71% des startups interrogées par EY, la difficulté de recrutement est le premier frein à leur croissance.
Pour 71% des startups interrogées par EY, la difficulté de recrutement est le premier frein à leur croissance. (Crédits : Reuters)
Dans son baromètre annuel sur les performances économiques et sociales des startups françaises, EY insiste sur le problème du recrutement. Les jeunes pousses parviennent à lever des fonds, mais se confrontent au manque de ressources humaines.

La French Tech n'a jamais levé autant d'argent : 2,8 milliards d'euros, rien qu'au premier trimestre. Mais elle se retrouve désormais confrontée à un deuxième problème : le recrutement de salariés. C'est une des conclusions du baromètre annuel sur les performances économiques et sociales des startups françaises de EY et France Digitale. Nourri par les avis de plus de 350 jeunes pousses ayant dépassé la levée d'amorçage, il dresse un bilan de leurs avancées.

La question du financement derrière celle du recrutement

En moyenne, les startups de l'échantillon ont levé 15 millions d'euros. Parmi celles qui dégagent plus de 50 millions d'euros de chiffres d'affaires, ce montant s'élève même à 104 millions d'euros en moyenne. 50% de ces startups en late-stage ont reçu un financement de fonds de capital-risque internationaux.

"Avoir un fonds étranger à son capital permet une accélération supplémentaire, de s'appuyer sur une expérience différente", élabore Franck Sebag, associé chez EY.

D'ailleurs, les startups interrogées par l'enquête ont déclaré 6,57 milliards d'euros de chiffre d'affaires, dont 61% généré en dehors de la France. Elles se dirigent se tournent de plus en plus hors de la France pour vendre leurs produits et services. 

Surprise, dans le top 5 des barrières au développement affiché dans le baromètre, la "difficulté à trouver des financements" n'arrive qu'en quatrième position. C'est la "difficulté à recruter des talents" qui arrive en tête, citée par près de trois quarts des startups. Les 271 startups qui ont répondu au sondage ont déclaré plus de 24.000 employés. 90% de ces salariés ont été recrutés en France, dont 94% en CDI. La qualité de ces emplois fait écho aux discours qui accompagnent les levées de fonds : les jeunes pousses cherchent en majorité à recruter des personnes titulaires d'un master. Parmi les profils les plus recherchés, plus de la moitié des startups interrogées par EY placent les profils commerciaux (sales/marketing/customer success) en tête de leurs priorités de recrutements pour 2019 .

"Pour ces startups en croissance, l'enjeu est d'être en capacité de marketer à niveau mondial", insiste Franck Sebag.

Cependant, ce ne sont pas les profils les plus difficiles à recruter. Pour 48% des startups interrogées, leurs principales difficultés interviennent dans le recrutement de développeurs. Signe des temps, la moitié de ces entreprises ont au moins un data-scientist.

"La French Tech ne va grandir que si elle trouve du carburant, des talents, pour alimenter sa croissance. Un bon projet trouve toujours de l'argent. Le problème c'est que si vous ne trouvez pas les talents, alors l'argent va dormir sur votre compte", analyse Franck Sebag.

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Commentaires
a écrit le 18/09/2019 à 22:12 :
euh oui
embaucher un bac, bac-2, qui maitrise catia, c++, R, python , tensorflow et hadoop, avec un doctorat en maths et un en suplychain, qui a moins de 22 ans et 15 ans d'experience, qui parle couramment poldomoldave, a vecu 10 ans en irelande, 10 aux etats unis et 10 en allemagne, pour un poste de stagiaire developper a paris au smic a temps partiel intermittent annualise, ca devient tres complique!
ou va le monde?
les RH n'ont qu'a apprendre a recruter au lieu de gemir qu'ils ne trouvent pas le mouton a 140 pattes parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils veulent mais ne veulent rien payer
voila ou est le pb
virez vos RH incompetents, et bcp de pbs seront regles
a écrit le 18/09/2019 à 18:24 :
La pénurie des "talents" est une supercherie française. Il y de vrais problèmes qui en sont la cause :
1) les 35 heures : la France est le seul pays au monde à les appliquer (la productivité est juste une légende urbaine dans la tech)
2) l'hypertrophie de la puissance publique qui absorbe des emplois à la pelle : il y a surabondance de services inutiles au niveau de l'Etat et des collectivités territoriales
3) l'inadéquation totale entre l'offre et la demande : les facs sont toujours dans leur délire de former des chercheurs alors que l'industrie veut des praticiens
4) l'incapacité à réformer le système de formation : c'est archi-réglementé et bureaucratique mais inefficace au possible
5) l'interventionnisme permanent de l'Etat : fiscalité fluctuante, préférence donnée à ses "filiales" dès qu'il y a un enjeu, etc.
Réponse de le 19/09/2019 à 5:15 :
Les 35 heures, c'est le plafond pour calculer le salaire, et non le temps de travail.
L"éducation nationale ne forme pas des chercheurs, elle forme des philosophes qui parlent le latin et l'allemand.
Le système de formation ne va pas se réformer : que vont devenir ces incompétents si l'objectif du système est d'être efficace ?
a écrit le 18/09/2019 à 13:42 :
Vu l'ergonomie des postes sur la photo, bientôt des TMS ( trouble musculo squelettique) pour ces jeunes pousses..
a écrit le 18/09/2019 à 13:26 :
Pour les difficultés de recrutement, rien de nouveau, publics et privés, doivent mettre le paquet sur les universités et écoles, formations et apprentissage, en corrélation avec (au plus près de) la demande !
Et ça passe par une réforme de l'enseignement, et des formations, méthodologies et moyens des enseignants.
La France évolue vite dans les industries et les services, mais pas dans l'enseignement, mis a part quelques écoles exceptionnelles qui coopèrent parfaitement avec le monde industriel.
a écrit le 18/09/2019 à 13:00 :
Que des startups exportent plus de 50 % de leur production à l'étranger n'a rien d'exceptionnel. C'est le cas de nombreuses entreprises françaises, ETI et PME qui investissent une grande partie de leurs bénéfices dans la R&D. Certaines de leurs usines peuvent ainsi produire, avec des procédés uniques, très majoritairement pour l'étranger : pièces en alliages haute performance (titane, nickel, aluminium, acier), plastiques, composites, poudres additives, verres, chimie, médicaments, cosmétiques, rivets, roulement, machines, outils, machines-outils, instrumentations, contrôle, pesage, composants électroniques, boussoles, explosifs, câbles et fibres optiques, appareils auditifs, gant de sécurité, etc.
Les startups ont aussi l'opportunité d'attaquer 3 gros marchés, Etats-Unis, EU et Chine, en les mettant en concurrence, pour les applications de certaines technologies, ce qui placera automatiquement la startup en position de force, et qui évitera la soumission à un marché unique qui finit généralement par une reddition vers un investisseur étranger.
a écrit le 18/09/2019 à 12:11 :
petit conseil : payez les correctement. C est sur qu a 2000 €/mois net a paris vous allez avoir personne … Offrez des postes hors Region parisienne ou en rapport avec le cout de la vie et ce qu ils peuvent gagner ailleurs
Réponse de le 19/09/2019 à 8:21 :
+1
La France forme de nombreux ingénieurs et managers de bon voire très bon niveau. Mais comme ils peuvent gagner plus à l'étranger, ils partent.
a écrit le 18/09/2019 à 11:38 :
le nombre d'offres d'emploi est effectivement de nouveau à un niveau élevé (Cadremploi, Regionsjob, Apec, Village de la Justice, notamment) depuis le début de la semaine, après le ralentissement estival.

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