Le robot comptable Georges.tech lève 10 millions d'euros pour s'adapter à de nouvelles professions

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(Crédits : Georges.tech)
Georges.tech propose son logiciel comptable aux professionnels libéraux pour automatiser leurs déclarations fiscales. Avec cette levée de fonds de 10 millions d'euros, la startup compte étendre son offre à d'autres professions et à l'Europe, à commencer par l'Allemagne et l'Angleterre.

« La comptabilité est un très bon cas pratique pour l'usage de l'intelligence artificielle, car l'IA excelle dans la résolution de micro-décisions », avance Côme Fouques, directeur général de Georges.tech. Son robot comptable remplit automatiquement 90% de la tenue comptable et de la déclaration d'impôt des professionnels libéraux, simplement à partir des données d'un compte bancaire. La startup a convaincu plus de 10.000 clients qui remplissaient ces documents eux-mêmes, ou faisaient appel à un expert comptable.

Le marché comptable pesait 22,7 milliards d'euros en 2017 (Insee), et l'activité de Georges en concernerait plus de la moitié. Avec une levée de fonds de 10 millions d'euros en série B auprès d'Alven, la jeune pousse veut étendre son service aux "petits professionnels" et à de nouveaux pays, grâce à un recrutement de 40 employés d'ici la fin de l'année.

Un robot et beaucoup d'humains

L'inscription à Georges.tech se fait en trois clics, dont une étape de synchronisation avec le compte bancaire. Celle-ci est respectueuse des normes de sécurité de la BNF et annulable immédiatement. La startup extrait ensuite les données pour pré-remplir les documents comme le redouté formulaire 2035. Le client n'a qu'à vérifier les cases et compléter celles qui seraient restées vides via son application web ou sur smartphone. Georges promet une déclaration d'impôt en moins d'une heure, pour un abonnement de 24 euros par mois, là où les professionnels passent plusieurs heures à remplir manuellement les cases.

« Très vite, on a compris que pour intégrer ce marché, il faut pouvoir répondre aux questions. Les gens sont prêts à se passer de comptable s'il y a un accompagnement humain », explique Côme Fouques. Plusieurs conseillers peuvent être contactés par une messagerie en direct, qui promet une réponse "en quelques minutes". En plus d'améliorer la relation avec les clients, cette messagerie permet à la startup d'identifier certaines spécificités métier qu'elle n'aurait pas encore automatisées. Ce service semble faire l'unanimité, puisque les centaines d'avis postés sur Google ou Facebook sont dithyrambiques.

Se projeter en Europe avant les Américains

« Nous pensons que l'expert comptable a une grande valeur ajoutée pour les PME mais pour les petits professionnels, c'est moins le cas », développe le cofondateur.

Outre les experts comptables, Georges.tech concurrence directement les logiciels d'aide à la comptabilité, souvent intégrées dans des packs de bureautique. La startup créée en 2016 s'est penchée sur le cas des professions libérales pour se lancer, car elles n'ont que peu de documents comptables à produire. Avec la levée de fonds, elle effectue des travaux de recherche pour décider à quel marché elle s'attaquera ensuite : celui artisans, des sociétés immobilières ou des freelances.

Si Georges lève aujourd'hui 10 millions d'euros, ses concurrents américains sont sur la même dynamique. Pilot (58,3 millions de dollars), Botkeeper (22,7 millions de dollars) ou encore Roger.ai (7,4 millions de dollars) devraient essayer d'exporter leur service dans un futur proche. L'objectif pour Côme Fouques : s'installer en Europe avant leur arrivée.

« On pensait que s'adapter à un nouveau pays serait une grande marche mais il y a en réalité de fortes similitudes entre les différentes législations européennes », se rassure le dirigeant. La startup se lancera prochainement en Allemagne ou en Angleterre.

L'an dernier, Georges avait levé un million d'euros auprès de Kerala Ventures (Doctolib, Malt) et Fast Forward. Avec ce second tour de table, c'est Alven (Algolia, Qonto) qui  entre au capital de la startup lyonnaise. L'investisseur a été conquis par la taille de la clientèle que la startup a atteint en à peine un an (de 1.000 l'an dernier à plus de 10.000 aujourd'hui), en plus d'un modèle économique à l'efficacité prouvée (mais qui n'a pas encore atteint sa masse critique d'abonnés).

George va désormais doubler ses effectifs de 30 à 65 employés d'ici la fin de l'année, puis dépasser la centaine l'an prochain. Et ce ne serait que le début pour Côme Fouques, qui ambitionne déjà : « Nous pensons participer à une révolution. Dans cinq ans, une personne sur deux utilisera un robot comptable. »

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Commentaires
a écrit le 05/06/2019 à 23:34 :
Et les mises à jour ?
dans certains pays les lois changent tous les jours...
Rien ne dit que cet outil sera performant ...
Souvent les gens achètent les logiciels pour gagner du temps sans avoir le temps de se former car l’objectif est de faire le maximum de chiffre d’affaires , ensuite les artisans voudront une validation officielle d’un expert - comptable et de son expérience sur de nombreuses années.
Pour qu’un logiciel soit performant , il faudrait des entreprises pilotes ( les testeurs c’est l’Europe) et le tremplin ( les usa)
Les métiers de comptabilité et métiers auxiliaires ont de beaux jours devant eux...
Réponse de le 06/06/2019 à 11:57 :
Rien du tout en avenir, il restera 10-15% du volume des postes et c'est tout.

Aujourd'hui le boulot de tenue, n'a plus aucune valeur intellectuelle, vous voulez savoir en quoi ça consiste ? ça consiste à cliquer à la souris sur une image de facture démat, au niveau du nom frs, des montants, des dates, pour que le logiciel apprenne à reconnaitre et à saisir la facture.
En général, la saisie est pré-imputé suite au bon de commande, fait par l'acheteur qui n'est pas un comptable, vérifié par un contrôleur de gestion qui n'a pas le temps de vérifier, en théorie vous êtes censé vérifié si c'est ok, mais la vérité, c'est qu'il y'a tellement peu de saisie à faire et tellement de volume à traiter, que vous vous déformez jour après jour, jusqu'à oublier tout votre savoir du plan comptable. Et vous vous retrouver à appuyer sur enregistrer pour aller plus vite sans vérifier, car de toute façon, la seule chose qui intéresse le manager, c'est les chiffres de saisie, pas qu'elle le soit correctement. Ce qui fait qu'à la sncf et dans bien d'autres sté, que les immobilisations ne soient pas passées ou pas à leur valeur normales.
Les valeurs de concession sncf sont totalement erronées, impossible en toute connaissance de cause, de savoir pour un gouvernement ou un concurrent qui voudrait en reprendre une, de savoir ce qui lui en coutera réellement et d'en connaitre les investissements nécessaire et la rentabilité espérée...
Quant au savoir fiscale, alors c'est pareil, la chose est si complexe, rien que la fiscalité du revenu tient en 400pages, comment voulez connaitre les règles si vous ne la pratiquée jamais, donc ne parlons pas des règles de tva mal appliquées dans les systèmes automatisée. A la sncf c'est soit tout ou rien, pareil dans les administrations épinglées par la cour des comptes.
La compta est en cours de disparition et ern&young quant à elle milite pour sa délocalisation en pologne pour les postes restant.
Réponse de le 06/06/2019 à 13:35 :
Une «  délocalisation saison 3 «  à 360 degré pour «  échapper » à la fiscalité des souverains

Eh bien Bravo à Ernst et ....
Cette société devient vraiment n’importe quoi ... et M.Macron qui déroule le «  tapis rouge » aux starts ups- réformateur...

L’avenir n’est pas accessible à tous et toutes ...ils ont d’abord délocaliser les industries pour faire payer les pauvres à un bol de riz

Aujourd’hui ils veulent «  imprimer » le chômage dans les «  cellules de gens »

Qui va «  stopper » la folie de ces gens à détruire l’emploi , la stabilité ( le peu qui reste) dans les pays ?

Les starts ups vont ils pousser le monde a une guerre sanglante et violente ?
Je comprends mieux le Brexit maintenant .

La solution est la division ou l’annulation de l’Europe dans un schémas de ce genre... sinon ça va être la casse sociale à 100%.

Une autre solution est de «  boycotter » toutes les start ups.?
a écrit le 04/06/2019 à 10:39 :
La nouvelle étape de la grande marche de l'automatisation et, espérons-le, la libération de l'Homme
Réponse de le 05/06/2019 à 15:54 :
l'homme sera libéré par la mort, car la pauvreté qui vient avec l'automatisation, ne permet pas de retraite suffisante pour couvrir les frais de santé à la retraite, ni avant cette retraite, de manger correctement sans pénuries et carences alimentaires, et encore moins de se couvrir niveau maladie.
Puis comme ce n'est pas la 1er automatisation dans l'histoire, on s'est qu'à l'image des autres, qu'on mourra dans l'indifférence de ceux qui ont encore un emploi ou de l'argent.

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