Levées de fonds : la chute s'amplifie en avril à -31% sur un an... et ce n'est pas fini
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Les chiffres sont parfois trompeurs. Avec 355,36 millions d'euros levés en avril pour 37 opérations d'après nos calculs, on pourrait croire que les startups françaises résistent plutôt bien malgré une crise économique d'une ampleur historique. Car alors que la France est paralysée par le confinement, les investisseurs ont davantage financé de pépites technologiques en avril qu'en mars (355 millions d'euros contre 326), et la French Tech a continué à engendrer de grosses levées de fonds, comme en témoignent les 59 millions d'euros du champion du e-commerce Vestiaire Collective, les 50 millions de l'assurtech Alan et de la medtech Dynacure, ou encore les 40 millions de Robocath, spécialisée dans la robotique pour le secteur de la santé.
Mais sous la surface se cache une réalité moins joyeuse, et annonciatrice de mois plus sombres à venir. Car après une baisse de 16% sur un an en février et de 23% en mars, la décroissance des levées de fonds continue et s'amplifie avec une chute de 31% par rapport à avril 2019, où la French Tech avait levé 514 millions d'euros. Et cette tendance devrait se poursuivre dans les mois à venir, estiment les experts du secteur.
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Contrairement à la plupart des autres secteurs qui pâtissent directement et fortement du confinement de la population, l'effet de la crise sur le capital-risque se mesurera vraiment dans un second temps, comme un effet boomerang. "Il faut en moyenne entre trois et six mois pour "closer" un tour de table", raconte Franck Sebag, associé au sein du cabinet de conseil EY, et dont le métier consiste à assister les startups et les investisseurs pendant le processus long et complexe de la levée de fonds. C'est seulement après la signature, puis la validation par le conseil d'administration de la startup, que la levée est rendue publique, et c'est à ce moment-là qu'elle est comptabilisée dans les décomptes mensuels, dont celui de La Tribune. Autrement dit, les levées de fonds annoncées en avril ont pour la plupart été finalisées avant le confinement de la mi-mars, voire même avant que le Covid-19 soit un sujet de préoccupation général en France.
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