Coronavirus : les fintech tricolores plient mais ne rompent pas… pour le moment

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Avec le confinement, Lydia, l'appli mobile de paiement entre particuliers, a vu son volume de transactions se réduire de 75%. La fintech avait levé 40 millions d'euros en début d'année auprès du chinois Tencent.
Avec le confinement, Lydia, l'appli mobile de paiement entre particuliers, a vu son volume de transactions se réduire de 75%. La fintech avait levé 40 millions d'euros en début d'année auprès du chinois Tencent. (Crédits : Lydia)
Les startups de la finance, miroir de l'activité des particuliers et des entreprises, subissent elles aussi de plein fouet les conséquences économiques de la crise sanitaire et des mesures de confinement. Pour l'heure, elles font preuve d'agilité et aucune d'entre elles n'a mis la clé sous la porte, mais certaines de ces jeunes entreprises, fragiles par nature, pourraient se faire emporter par la vague du coronavirus. Comme pour toutes les startups, la frilosité des investisseurs est très problématique.

Après un excellent cru 2019 et des investissements en plein boom, les startups tricolores de la finance, que l'on appelle les fintech, avaient débuté l'année 2020 sur les chapeaux de roues avec des levées de fonds significatives menées par des investisseurs étrangers de renom comme le chinois Tencent. Mais le secteur, comme tant d'autres, n'échappe pas aux conséquences économiques de la crise sanitaire liée au coronavirus.

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 "Notre chiffre d'affaires du mois de mars est plus faible que celui du mois de février. Dans un contexte de startup, une telle situation est très rare. Habituellement, nous enregistrons une croissance mensuelle de l'ordre de 5 à 10%. Aujourd'hui, nous faisons face à une baisse importante de nos revenus. Le repli se chiffre en plusieurs dizaines de pourcents", raconte en toute transparence Alexandre Prot, le cofondateur de la néobanque pour PME Qonto, qui a bouclé une levée de fonds record de 104 millions d'euros en début d'année.

Entre 40 et 50% de baisse d'activité en moyenne

"Notre activité repose sur deux comportements transactionnels. Le comportement social lorsque les jeunes se remboursent de l'argent à l'occasion d'une soirée ou créent une cagnotte pour un anniversaire par exemple, et l'activité de commerce en magasin et en ligne. Or, l'activité sociale est au plus calme et les particuliers dépensent sensiblement moins. Par conséquent, nous avons très peu d'activité et notre volume de transactions s'est réduit de 75%", témoigne, pour sa part, Cyril Chiche, à la tête de l'appli de paiement Lydia, qui elle a levé 40 millions d'euros en janvier dernier. Aujourd'hui, environ 20% de ses effectifs sont au chômage partiel.

"Notre secteur est le reflet de l'activité des particuliers et des entreprises, de l'économie en général. Dans ce contexte de crise, nous observons donc une baisse globale du niveau d'affaires de l'ordre de 40 à 50%, avec bien sur une disparité d'impact selon les secteurs. Au vu des premières remontées, 18% des effectifs des entreprises membres de France Fintech [l'association professionnelle du secteur, ndlr] sont en situation de chômage partiel et 5% au chômage total. Nous observons également un fort ralentissement des recrutements et un accès plus difficile au financement", expose Alain Clot, le président de France...

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Commentaires
a écrit le 23/04/2020 à 4:28 :
Stop au délire verbal sur les "jeunes pousses". Les stats sont cruelles : 95% de ces entreprises meurent au bout de 3 ans (une fois les exonérations fiscales épuisées…) Et 97% au bout de 5 ans en temps normal... Attention au mirage de faire une start-up avec une idée soi-disant géniale et monétisable pour attirer des fonds de capital-risque et plus traditionnels ensuite et tous cela avec pour objectif de toucher le jackpot en revendant à un gros groupe pour imiter les quelques licornes toujours montrées en exemple par les économistes sur les plateaux de télévision. Alors que cela revient statistiquement à jouer au loto… Et une majorité de start-up ne font pas que dans la tech... L’aventure entrepreneuriale reste belle même semée d’embûches mais il faut toujours rester pragmatique et garder les pieds sur terre sans y laisser sa santé... Portez vous bien !

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