Uber : Macron a "raison" de considérer les plateformes comme une opportunité

Le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron (En Marche!) a "raison" de considérer les plateformes numériques de type Uber comme une opportunité pour les sans-emplois, même s'il doit faire attention aux "bouleversements sociaux" qu'elles engendrent, a estimé le professeur et spécialiste américain David Evans.
Mounia Van de Casteele
Dans son livre de précieux intermédiaires, David Evans explique pourquoi les plateformes de type Uber sont créatrices de valeur. Selon lui, elles doivent être perçues comme des opportunités de lutte contre le chômage, comme le pense le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron.
Dans son livre "de précieux intermédiaires", David Evans explique pourquoi les plateformes de type Uber sont créatrices de valeur. Selon lui, elles doivent être perçues comme des opportunités de lutte contre le chômage, comme le pense le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron. (Crédits : Benoit Tessier)

"Macron a raison", a dit à l'AFP David Evans, de l'University College of London, auteur avec son collègue du MIT (Massachusetts Institute of Technology) Richard Schmalensee, du livre "De précieux intermédiaires", publié cette semaine en français aux éditions Odile Jacob, dont la préface est signée par le prix Nobel d'Economie français Jean Tirole. Comme l'affirme le candidat, "ces plateformes multifaces constituent une opportunité (...) pour les gens qui n'ont pas de travail ou des emplois mal payés ou qui restent à la maison sans trouver d'emploi ou sans pouvoir nourrir la famille", a expliqué le professeur, qui conseille nombre de ces sociétés.

Lire aussi : "Il faut qu'Uber puisse payer des impôts en France"

"Pour eux, ces intermédiaires sont une bonne chose et cela devrait être encouragé", a-t-il ajouté. Mais il a mis en garde contre les "bouleversements sociaux" que peuvent engendrer ce genre d'intermédiaires, citant l'exemple des chauffeurs de taxis concurrencés par Uber. "Il y a des gagnants et des perdants", a-t-il reconnu, rappelant que beaucoup de gens mis en concurrence par ces plateformes aux Etats-Unis "ont exprimé leur colère dans les urnes" lors des élections présidentielles de novembre dernier, contribuant à la victoire du républicain Donald Trump.

Fake news

Lors de cette campagne, les plateformes comme Facebook ou Twitter ont en outre été sévèrement pointées du doigt pour avoir été utilisées pour la diffusion de "fausses informations" sur les réseaux sociaux. "Facebook a des difficultés à faire face à l'émergence de la mauvaise utilisation de son réseau", a affirmé David Evans, rappelant aussi les problèmes de la diffusion en direct sur ce réseau de meurtres ou de suicides.

Un problème de confiance que le Français Frédéric Mazzella, cofondateur de la plateforme de covoiturage Blablacar a su éviter, selon lui. "Il a été brillant, surtout du point de vue de la confiance. Il a su la créer au sein de la communauté d'utilisateurs", a-t-il assuré. Notons d'ailleurs à ce sujet, que selon une étude réalisée par Blablacar, le covoiturage ouvrirait aux autres plateformes de l'économie collaborative. Outre le fait qu'un covoitureur fait plus confiance à un autre covoitureur qu'à un collègue de bureau ou un voisin, cette enquête montre que les covoitureurs seraient ainsi jusqu'à trois fois plus susceptibles de se livrer à d'autres activités de l'économie du partage, que ceux qui n'ont jamais utilisé de plateforme de covoiturage comme Blablacar ou Gomore.

Lire aussi : Comment GoMore, fondée par deux philosophes danois, veut concurrencer Blablacar

De son côté, Facebook a annoncé jeudi qu'il renforçait sa sécurité pour contrer les efforts de gouvernements et d'autres acteurs organisés pour répandre de fausses informations ou manipuler les discussions sur sa plateforme pour des raisons politiques.

Peu d'élus

Reste que parmi la multitude de plateformes qui fleurissent chaque jour - dont on dit qu'elles "uberisent un secteur", sourit David Evans - "la plupart vont échouer". C'est inévitable, selon lui. Il explique ainsi à La Tribune que son livre a vocation à éclairer "les entrepreneurs qui veulent se lancer dans le business, afin de comprendre la concurrence de ce nouveau marché, mais également aux acteurs traditionnels qui pourraient se sentir perdus dans ce nouvel environnement". Il ne s'agit donc pas de "donner une recette miracle ou infaillible, mais de montrer que ce modèle économique peut fonctionner, en soulignant que c'est difficile", poursuit-il.

Un message qui semble aller dans le sens de celui de Gaetan de Sainte-Marie, qui explique dans son livre "Ensemble, on va plus loin", que "les entrepreneurs sont des héros". Il explique ainsi qu'il faut favoriser l'expérimentation et dédramatiser l'échec: "Sauf à avoir une chance incroyable, un business model ne se trouve pas en un claquement de doigts. C'est un changement de culture phénoménal que de comprendre que l'on ne peut pas trouver d'emblée le modèle idéal". Et de ce point de vue, il semble que la licorne française Blablacar en soit une parfaite illustration.

Mounia Van de Casteele

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Commentaires 28
à écrit le 02/05/2017 à 14:43
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Uber montre, à mon sens, plusieurs choses: 1. Le fait que la société change, que les "rentes" peuvent être bousculées, et ça c'est bien; 2. Le fait que des gens aient besoin de petits boulots pour vivre, ou simplement pour contourner le système... ...

à écrit le 02/05/2017 à 13:32
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Ben dans les années 80 on avait monté un genre d'Uber dans la maintenance industrielle, beaucoup étaient au chômage, 2ème crise pétrolière, des gars peu habitués à changer de boîte, le groupe leur à trouvé des chantiers et faisait la comptabilité. A...

à écrit le 01/05/2017 à 18:54
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J'ai un nom pour le futur parti de macron, l'AM, l'association de malfaiteurs. Ça va être beau tiens...

à écrit le 01/05/2017 à 17:51
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Lui aussi dira; "On a tout essayé mais on a rien réussit!", "mais surtout, ne revenait pas en arrière!"

à écrit le 01/05/2017 à 14:38
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Il a vachement raison en terme d'opportunité. Il n'invente rien : depuis plusieurs décennies, las paysans éleveurs sont intégrés ou "ubérisés"par les fabricants d'aliments composés, qui leur dictent leurs obligations de travail éprouvantes avec les h...

à écrit le 01/05/2017 à 14:11
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Pour un emploi créé, combien détruits ?

à écrit le 01/05/2017 à 14:00
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Lorsque l'ensemble des emplois sera ubérisé, Macron et se sbires seront heureux. Il n'y aura plus de salarié, donc plus de problème de cade du travail, plus de Smic, Pôle emploi, etc. Un beau retour au 19° siècle.

le 01/05/2017 à 14:25
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@Icailleurs; Le problème n'est pas l'ubérisation, mais le fait que tout le monde doit jouer selon les mêmes règles. On arrête pas le progrès. Mais il est en effet anormal que certains, dont Airbnb et Uber, n'acceptent que ce qui les avantage sous pré...

à écrit le 01/05/2017 à 12:13
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"Il y a des gagnants et des perdants"dixit Macron. C'est sûr que quand on instaure des règles de concurrence déloyale c'est un peu inévitable. Mais qu'importe pourvu que la fin justifie les moyens: créer des emplois précaires pour faire croire que l...

à écrit le 01/05/2017 à 11:31
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Un complément de revenu, peut-être, une réponse au chômage, certainement pas.

à écrit le 01/05/2017 à 10:23
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la proportion de soutien a m macron ressemble de plus en plus a cacher les derives et les magouilles de gouvernement precedent il est peu probable de reunir sous une meme idees de l'extreme gauche a une droite qui vas se confesser tous plus avi...

à écrit le 30/04/2017 à 19:11
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Ce qui pathétique dans cette histoire c'est que les salarier de whirlpool vont être traités comme des princes avec primes de départ gargantuesques, suivi personnalisé pendant des années, déversement de pognon par l'état/la région/ la commune aux futu...

le 30/04/2017 à 23:28
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Alors d'après vous ses salariés font le pied sur le lieux travail par plaisir , ils sont loin d'en avoir plein les poches comme vous dites .

à écrit le 30/04/2017 à 13:48
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Uber crér de la valeur pour uber pas pour les chauffeurs ni pour les chomeurs .il est temps de mettre un terme a Travis. L uberisation n est pas une solution....

le 30/04/2017 à 19:12
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ah bon? le chômeur qui travail pour Uber il ne gagne pas d'argent? Il fait du bénévolats?

le 01/05/2017 à 11:57
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Les chauffeurs d'uber ne gagne de l'argent que quand il ne déclare pas leur activité.C'est pour cela que l'urssaf à intenté un procès á uber. L ORGANISME s'est rendu compte que les cotisations n'étaient pas versées. Le modèle économique ne tient que ...

à écrit le 30/04/2017 à 11:42
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On commence à nous prévenir que tout le monde doit s'habituer à un bon nombre d'emplois dans leur vie active , c'est à dire que les emplois seront une marchandise au plus offrant et au moins disant , une précarité sans vision d'avenir stable et même ...

à écrit le 30/04/2017 à 11:34
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Super coup publicitaire d'Uber ! Cela dit, il est certain qu'il vaut mieux utiliser les outils modernes de marketing :-)

à écrit le 30/04/2017 à 11:26
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Le service qu'offre Uber n'est qu'un concept qui aurait très rapidement fini par émerger si Uber n'avait pas existé. En soi l'idée d'Uber n'est pas géniale, ils ont juste été les premiers à le faire. Au final Uber prélève sa dime sur l'économie telle...

le 01/05/2017 à 8:42
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L idee d uber est en effet assez banale. Mais il fallait une sacree paire de cou... pour s attaquer au lobby des taxis Penser que l etat peut creer un uber bis est rever. Techniquement c est en effet possible (meme si les precedents de type Louvoi...

le 01/05/2017 à 12:04
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A cd Rassurez vous les taxis ont été ruinés et tous les acteurs ont été plongés dans la précarité et pour finir uber n'à rien inventé. G7 avait déjá créé l'application. Uber l'a juste généralisé et développé pour détourner la loi. Le bashing des ta...

à écrit le 30/04/2017 à 11:24
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A quand les salariés de la presse employés sous la forme de contrats Uber, alors ? Non ? Parce qu'il n'y a pas de chômage dans la profession de journaliste ?

le 01/05/2017 à 10:34
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Ca s'appelle les pigistes... Non ?

le 01/05/2017 à 16:31
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@Tgee : en France, d'après wikipédia en tous cas, un pigiste est présumé avoir un CDI : ce n'est pas un indépendant auto-entrepreneur...même si ce n'est pas un statut enviable. Vivement un Ordre des journalistes pour imposer une véritable déontologie...

à écrit le 30/04/2017 à 11:23
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Cet article est incroyablement vide, aucune raison évoquée. Trompeur entre le titre et le développement. Très subjectif "m. À bientôt raison..." ah oui pourquoi? Rien pour justifier les propos La tribune est bien meilleure en général.

à écrit le 30/04/2017 à 9:58
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L’uberisation on en veut pas, José Bové au secours !

à écrit le 30/04/2017 à 9:42
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On a promu l’Uberisation/Autoentreprise parce que c'était un moyen rêvé pour l'Etat pour réduire le taux de chômage. Sauf que on n'est c'est pas préoccupé initialement de l'impact sur les commerces établis. Et quand on c'est rendu comptes des problè...

à écrit le 30/04/2017 à 9:40
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On a promu l’Uberisation/Autoentreprise parce que c'était un moyen rêvé pour l'Etat pour réduire le taux de chômage. Sauf que on n'est c'est pas préoccupé initialement de l'impact sur les commerces établis. Et quand on c'est rendu comptes des problè...

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