Premier test usagers réussi pour Urbanloop
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Jean-Philippe Mangeot, à la tête d'Urbanloop, une start-up créée en 2019 pour mener à bien l'un des projets phares de Nancy, mobilisant plus de 200 étudiants des 11 écoles d'ingénieurs de l'université de Lorraine, en est persuadé : « Le 21è siècle sera celui du transport léger, de petite taille et sans chauffeur, alors qu'auparavant, l'idée était de le mutualiser, pour en faire un service de masse et limiter ainsi les coûts », dit-il. Le système imaginé par Urbanloop s'inscrit évidemment dans la nouvelle mouvance. Fondé sur une capsule bi-place, il roulera sur de petits rails, moins lourds pour le sol et moins impactant pour l'environnement, et sera doté de programmes d'intelligence artificielle afin de fonctionner sans chauffeur et consommer le moins d'énergie possible.
« Il fallait d'abord relever le défi technologique et écologique et nous avons réussi : depuis le 28 mai 2021, Urbanloop détient le record du monde de moindre consommation énergétique pour un véhicule autonome sur rails. Notre capsule peut parcourir un kilomètre en une minute pour moins d'un centime d'euro d'électricité. Mais l'autre enjeu est de s'assurer de l'acceptabilité sociale du projet », poursuit-il. C'est chose faite depuis les 1er et 2 juillet derniers. Les usagers potentiels - jeunes à vélo, seniors, personnes à mobilité réduite, couples avec poussette... - ont été invités à tester l'ergonomie de la capsule, sur la place Stanislas, à Nancy. « Les retours ont été très positifs », se félicite Jean-Philippe Mangeot. L'effort de co-construction avait d'ailleurs déjà commencé auparavant, puisque Urbanloop avait demandé, via un sondage sur Internet, aux citoyens d'en choisir le design.
Urbanloop est donc prête à s'embarquer dans une nouvelle aventure, en vue des Jeux olympiques et paralympiques 2024. En s'appuyant sur le territoire de Saint Quentin en Yvelines, laboratoire des mobilités innovantes et douces, pour la maîtrise d'ouvrage, et Keolis pour l'exploitation, le projet pilote reliera l'entrée de l'île de loisirs de Montigny-le-Bretonneux à une fan zone. Une boucle de 2 km, qui desservira deux stations grâce à 10 véhicules, pour un débit maximum de 220 personnes par heure. « Le soutien du ministère des Transports et de France Mobilités a été très précieux. Il nous a permis de trouver les bons partenaires, précise l'informaticien devenu entrepreneur. Nous voulons qu'un premier tronçon fonctionne avant les JOP 2024, pour que tout le système soit homologué à temps, en particulier en matière de sécurité. Les Jeux nous fournissent une date butoir pour ces certifications. »
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Les Olympiades fournissent également une vitrine de choix pour exposer la technologie de pointe française. « Déjà, et en particulier depuis notre événement de juillet dernier, nous sommes sollicités par des collectivités locales françaises, mais aussi européennes », se réjouit le dirigeant d'Urbanloop. Mais les études, complexes, en particulier en ce qui concerne les infrastructures, légères, certes, mais nécessaires, prennent du temps, et la start-up veut se concentrer sur ses premiers projets. « Une fois toutes les homologations obtenues, nous ferons une nouvelle levée de fonds pour lancer la commercialisation. Notre ambition est de devenir l'Alstom du transport public léger du 21è siècle », déclare Jean-Philippe Mangeot. Le potentiel, en effet, est énorme, puisque de nombreuses villes dans le monde doivent relever les mêmes défis de mobilité et de transition écologique. Et les futurs clients pourront aussi noter que les étudiants et chercheurs français ne sont pas seulement lauréats de l'appel à innovations mobilités Jeux olympiques et paralympiques 2024. Ils ont aussi été distingués par un prix au concours d'innovation i-Lab du ministère de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation-Bpifrance, et retenu dans la stratégie d'accélération de décarbonation et de digitalisation des mobilités du plan France 2030...
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