Pour Fludis, la logistique urbaine décarbonée passe par les fleuves

Lauréat de l'appel à innovations mobilités Jeux olympiques et paralympiques 2024 du ministère des Transports, le projet de l'entreprise, spécialisée dans la logistique et le transport du dernier kilomètre, est de faire de la Seine et des canaux un axe majeur de la distribution en ville.

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(Crédits : DR)

L'annonce d'une cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques et paralympiques 2024 sur la Seine a enthousiasmé un peu plus Gilles Manuelle, président et fondateur (en 2016) de la société Fludis. Car cet entrepreneur, qui avait déjà lancé une entreprise de livraisons à vélo dans Paris " la Petite Reine" en 2001, croit profondément aux avantages des voies d'eau pour une logistique urbaine décarbonée. D'ailleurs, il n'est pas le seul. Fludis a déjà des clients, qui font transporter commandes, colis ou déchets sur l'eau.

Certes, la Seine est déjà utilisée par les industriels pour des matières pondéreuses (ciment, grains...), notamment, mais « notre idée a été de développer un bateau entrepôt, qui reçoit des matériaux légers à forte valeur ajoutée, les répartit ensuite sur des vélos-cargos, chargés à l'intérieur même du bateau, pour les livraisons en ville, celles du dernier kilomètre », explique l'entrepreneur. Et comme ces bateaux entrepôts peuvent, sur le fleuve, être au plus près des lieux de livraison, ils favorisent ainsi les économies en temps - « puisqu'ils se situent dans un rayon de trois kilomètres seulement du parcours qu'aura à effectuer le vélo-cargo », précise-t-il - sans oublier, bien sûr, l'élimination des désagréments habituels liés aux livraisons en camion, pollution et encombrements de la circulation. D'autant que les bateaux entrepôts utilisés par Fludis sont également propres. A propulsion électrique, ils sont certes plus chers que les barges traditionnelles, mais apportent un plus pour l'environnement. Deux de ces bateaux sont déjà en exploitation, l'un dans Paris intra-muros et l'autre à partir du port de Bonneuil-sur-Marne, le grand port fluvial d'Île-de-France.

Saint Denis en ligne de mire

Dans le cadre de l'appel à innovations mobilités Jeux olympiques et paralympiques 2024, Fludis, épaulé, naturellement, par Voies navigables de France, ce qui lui a permis de bénéficier d'une aide financière, par le biais du plan d'aide à la modernisation et à l'innovation (PAMI), a proposé ce même concept, le déploiement opérationnel d'un entrepôt flottant sur le port Croizat, à Saint-Denis, en vue du tri de colis à son bord, puis de la livraison décarbonée du dernier kilomètre, au moyen de vélos-cargos de type Cyclofret sur les territoires de Saint-Denis et de l'Île-Saint-Denis. Saint Denis dispose en effet d'un lieu propice, désaffecté pour l'instant. Mais déjà, l'entreprise y bénéficie d'une COT, une Convention d'Occupation Temporaire du domaine public fluvial. « Nous serons opérationnels dès août 2022, avec une nouvelle barge entrepôt à destination des clients de la ville de Saint Denis », indique Gilles Manuelle. Pourquoi, en effet, attendre l'arrivée des Jeux olympiques et paralympiques, en 2024, pour décarbonner la logistique ? « Nous avons calculé que sur un an, avec notre système, nous remplacerons 250 000 kilomètres qui auraient été parcourus en camionnettes dans les rues de Saint Denis », précise-t-il.

Acculturer les transporteurs

« Notre ambition pour les JOP 24 est avant tout d'offrir un service vertueux et également d'accroître notre visibilité, et avec elle, l'acculturation de grands groupes de transport qui pourraient devenir nos clients, de même que les collectivités locales », poursuit le dirigeant de Fludis. Et bien sûr, le schéma mis au point par l'entreprise peut se décliner partout, puisque nombre de grandes villes, en France et à travers le monde, ont été historiquement implantées sur un fleuve.

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