L'intelligence artificielle (IA) sera-t-elle le cauchemar de l'humanité... ou bien un « outil » au service de l'Homme qu'il saura pleinement maîtriser ? Trois mots-clés définissent une IA dite de confiance : explicabilité a posteriori ou en temps réel, validité (preuve de sa sûreté de fonctionnement) et, enfin, responsabilité (comportement légal et éthique). Le monde en est loin. Très loin. Car, au-delà des innovations techniques et technologiques, les questions du contrôle et de l'explicabilité de l'IA restent toujours posées à ce jour au moment où les grandes puissances se livrent pourtant à une course à l'armement dans ce domaine (États-Unis, Chine, Russie...).
« Celui qui maîtrisera l'intelligence artificielle dominera le monde » , a bien déclaré le président russe, Vladimir Poutine. Tout le monde a évidemment en tête les très redoutables Sala (Systèmes d'armes létaux autonomes), plus communément appelés robots tueurs. Les forces américaines, chinoises et russes travaillent déjà à l'intégration d'unités robotisées armées, des systèmes armés autonomes mais encore sous tutelle humaine. Soit le dernier stade avant l'autonomie complète, style Terminator.
Des expérimentations que les grandes puissances militaires effectuent actuellement alors que les plus grands experts ne sont pour le moment pas capables d'expliquer l'IA dite de « boîte noire » ni encore moins de la certifier. L'immaturité des techniques de l'IA ne fait vraiment pas peur aux Américains, qui raisonnent différemment : « Ce qui ne serait pas éthique serait certainement d'envoyer des soldats américains au contact d'une unité de robots armés (chinois ou russes) », ont-ils déclaré. En revanche, « la position française est sans ambiguïté, le président de la République a été parfaitement clair : la France refuse de confier la décision de vie ou de mort à une machine qui agirait de façon pleinement autonome et échapperait à tout contrôle humain », a expliqué en avril dernier la ministre des Armées, Florence Parly.