Le géant de la recherche en ligne a réalisé 55,31 milliards de chiffre d'affaires de janvier à mars, soit 34% de plus qu'il y a un an, et le titre prenait 4% en Bourse mardi soir. Déjà champion de la crise, Google tire aussi pleinement profit de la reprise. Et ce n'est que le début, préviennent les analystes.Google était déjà l'un des grands gagnants de la crise du Covid-19, mais il s'impose aussi comme l'un des champions de la reprise économique. Le géant américain de la recherche en ligne a publié mardi soir des résultats trimestriels tellement pharaoniques que même les analystes les plus optimistes en ont perdu leur latin. Sans surprise, le titre a pris 4% en Bourse dans les échanges post-clôture, l'action gagnant d'un coup 100 dollars, à 2.388 dollars contre 2.290 dollars à la clôture des échanges, quelques heures plus tôt.
Et pour cause : entre janvier et mars, Alphabet, maison-mère de Google, a réalisé 55,3 milliards de dollars (45,8 milliards d'euros) de chiffre d'affaires, soit 34% (!) de plus qu'il y a un an, alors que ses performances avaient déjà été faiblement impactées par la Covid-19. Dans le détail, l'activité publicité pèse 81% des revenus globaux du groupe à 44,7 milliards de dollars (37 milliards d'euros). Sur le moteur de recherche, sa principale activité, les recettes publicitaires sont passées de 25 à 32 milliards de dollars (26,5 milliards d'euros) en un an, bien au-delà des attentes. Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, les revenus de YouTube ont également explosé de 50%, à 6 milliards de dollars (5 milliards d'euros), tout comme ceux de l'activité cloud, passée de 2,8 milliards à 4 milliards de dollars en un an (+43%).
En tout, Alphabet a dégagé un bénéfice net de 17,9 milliards de dollars (14,9 milliards d'euros), quasiment le triple de l'année dernière. Ses profits ont été dopés par un gain de 4,75 milliards grâce à ses investissements dans plusieurs entreprises dont la valorisation a bondi. Le groupe s'est autorisé à racheter jusqu'à 50 milliards de dollars d'actions supplémentaires.
Grand gagnant de la crise... et de la reprise
L'explication est simple : la pandémie de la Covid-19 a fait tourner à plein régime le moteur de Google, qui est la publicité ciblée, car les usages numériques -télétravail, commerce et divertissements en ligne- ont explosé. Or, Google est une porte d'entrée vers le web : son moteur de recherche pèse plus de 90% du marché en France et 92,5% dans le monde. Grâce à son système d'exploitation Android, qui fait tourner 80% des smartphones dans le monde, Google domine autant la recherche sur ordinateur que sur smartphone et tablette. Le groupe californien propose également plusieurs services utilisés quotidiennement par des milliards d'utilisateurs, notamment sa messagerie Gmail et le site de vidéos YouTube. Et pour les entreprises, sa solution d'infrastructures cloud Google Cloud, troisième mondial derrière Amazon Web Services et Microsoft, est également en pleine croissance.