La croissance du e-commerce européen est restée fragile en 2023

L'Europe du Sud et l'Europe de l'Est sont les deux zones qui affichent des taux de croissance élevés, à 14 et 15%, note cette étude.
Castignac

L'Europe du Sud et l'Europe de l'Est sont les deux zones qui affichent des taux de croissance élevés, à 14 et 15%, note cette étude.
Castignac
Le commerce en ligne européen peine toujours à retrouver sa dynamique. Comme en 2022, son marché a connu en 2023 une « croissance limitée » de 3%, dévoile le rapport annuel des fédérations Ecommerce Europe et EuroCommerce. Publiée jeudi, celle-ci s'intéresse uniquement aux ventes en ligne des professionnels vers les consommateurs.
Le chiffre d'affaires du e-commerce européen passe donc de 864 milliards d'euros en 2022 à 887 milliards d'euros en 2023, selon cette étude. Une dynamique 2023 à peine plus élevée, la croissance entre 2021 et 2022 ayant atteint seulement 2%, notent encore ces deux organismes qui proposent « une analyse approfondie de l'e-commerce dans 38 pays européens », mais principalement axée sur l'Europe des 27.
« La stabilisation du marché après une période agitée et la reprise de la croissance impliquent des signaux clairs de la part des décideurs qui doivent reconnaître le rôle du e-commerce en tant que moteur de la relance de la compétitivité européenne », commente notamment Luca Cassetti, secrétaire général de l'association Ecommerce Europe, dans un communiqué.
Dans le détail, l'Europe de l'Ouest, « qui occupe traditionnellement la première place en matière de ventes B2C », notent les deux organisations, a enregistré un chiffre d'affaires de 596 milliards d'euros en 2023, avec une légère baisse de 1%.
En revanche, l'Europe du Sud et l'Europe de l'Est ont affiché des taux de croissance élevés, à 14 et 15%,« avec des chiffres d'affaires respectifs de 166 et 17 milliards d'euros », précisent Ecommmerce Europe et EuroCommerce.
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Quant à l'Europe centrale, elle « fait preuve de résilience en générant un chiffre d'affaires de 79 milliards d'euros », soit une hausse de 8%. Enfin, l'Europe du Nord a enregistré un chiffre d'affaires en baisse de 5%, à 56 milliards d'euros.
« Le marché du e-commerce européen est toujours aux prises avec un certain nombre de facteurs qui ralentissent sa croissance depuis 2022 », disent les fédérations qui citent dans leur communiqué « l'inflation, les coûts liés à l'intégration d'avancées technologiques, la mise en place de modèles plus durables et l'adaptation aux nouvelles réglementations en matière d'environnement ».
Le rapport met aussi en lumière les difficultés traversées par les entreprises européennes de e-commerce « pour se conformer aux nouvelles réglementations tout en recherchant les opportunités de croissance », citant notamment « le règlement sur l'intelligence artificielle (IA Act) ».
Une autre menace pèse aussi sur les entreprises européennes, selon les deux fédérations autrices de ce rapport : celle de « la concurrence accrue de la part d'acteurs extra européens, lesquels échappent souvent à l'application des normes européennes ». Et les deux fédérations d'appeler « les décideurs politiques européens et nationaux » à se saisir « de la question de la concurrence déloyale des acteurs extra européens et notamment asiatiques ».
A ce sujet, il y a quelques semaines, l'Allemagne a demandé à la Commission européenne de « prendre toutes les mesures nécessaires » pour « appliquer rigoureusement » la nouvelle législation de l'UE sur les services numériques (DSA), évoquant des risques de préjudices pour les consommateurs et de concurrence déloyale.
Le document mentionne spécifiquement les plateformes en ligne chinoise géantes Shein (textile) et Temu (généraliste). D'ailleurs, cette dernière est particulièrement dans le viseur de la Commission européenne, Bruxelles lui ayant demandé ce vendredi d' apporter des précisions sur son action contre la vente de produits illégaux.
Si ces demandes d'informations ne constituent pas encore une mise en cause, il s'agit d'une première étape qui peut conduire à l'ouverture d'une enquête formelle, puis à de lourdes sanctions financières en cas d'infractions avérées. C'est la deuxième fois que Bruxelles adresse des questions écrites à cette plateforme d'origine chinoise, dans le cadre du nouveau règlement européen DSA.
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Par ailleurs, des associations européennes de consommateurs, à l'instar de l'UFC-Que Choisir en France, avaient déposé en mai une plainte contre Temu, l'accusant notamment d'utiliser des interfaces trompeuses pour inciter les utilisateurs à dépenser plus sur la plateforme.
(Avec AFP)