La souveraineté numérique, une bataille complexe pour l'Europe
Natasa Laporte (avec Sylvain Rolland)
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Dominant nos vies, le numérique est lui-même dominé par les géants américains, en particulier les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), et demain, peut-être, chinois... A moins que l'Europe ne parvienne à reprendre la main et à construire une tech bien à elle. Et de fait, elle se met en marche. « Il y a, avec Thierry Breton (commissaire au marché intérieur) et Margrethe Vestager (vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée de la concurrence et du numérique), une ère où l'on sent qu'un cap est fixé », se réjouit Arno Pons, directeur général du think tank Digital New Deal.
Une stratégie dont « le volet défensif, préalable à tout, est la régulation, et le volet offensif, la coopération. Tant que ces grandes plateformes qui centralisent toute la valeur ne sont pas régulées, nous n'avons aucune chance de faire émerger un écosystème alternatif », ajoute-t-il.
Une série de mesures est ainsi en gestation, avec l'ambition de repenser la réglementation. Un accord sur le Digital Markets Act (DMA), qui cherche à encadrer le marché du numérique et à limiter les monopoles en imposant des obligations telles que l'interopérabilité des messageries instantanées, vient d'être conclu à Bruxelles. Il s'accompagne du Digital Services Act (DSA), qui encadre les contenus sur Internet, notamment par la lutte contre la fraude et les contenus illégaux en ligne, tandis que le Data Governance Act (DGA) s'attaque à la gouvernance des données.
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« Il a fallu des abus fiscaux et de position dominante de la part de ces plateformes, mais aussi la réalisation que le numérique pouvait potentiellement influencer les scrutins électoraux, pour commencer à se faire du souci... C'est de cette prise de conscience qu'est née la notion qu'il était urgent de réguler », relève Catherine Morin-Dessailly, sénatrice de Seine-Maritime.
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Natasa Laporte (avec Sylvain Rolland)