En janvier 2024, en plein mouvement des agriculteurs, des millions de comptes d'agriculteurs ont été exposés à de la propagande russe via Facebook et Instagram. Le but de ces campagnes : les convaincre que l'Ukraine ne devait pas entrer dans l'Union européenne, au risque de défavoriser les éleveurs de poulet français. Cette campagne a été repérée par l'ONG AI Forensics, qui vient de publier un rapport sur la mauvaise modération des contenus politiques par Meta en amont des élections européennes. Au total, l'organisation a identifié 30 millions de publicités politiques diffusées dans 16 pays d'Europe dont 66 % ne sont pas identifiées comme telles. Et moins de 5 % de celles-ci sont repérées par Meta.
La proportion varie selon les pays. L'Irlande, seul pays anglophone du panel, est plutôt mieux lotie avec seulement 22,8 % de publicités non déclarées. En France en revanche, 86,3 % des publicités politiques ne sont pas marquées comme telles.
Autres exemples de campagnes de désinformation non filtrées par la plateforme : une publicité liant le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à l'attaque du Hamas. Celle-ci a été diffusée peu après le 7 octobre et la reprise du conflit armé à Gaza. Elle accuse le président ukrainien, appelé le "comédien ukrainien", d'avoir détourné des armes de l'armée ukrainienne à des fins d'enrichissement personnel. Ces armes auraient été utilisées dans des attaques contre des Israéliens. Ces publicités ont circulé en France et en Allemagne. « Au total, les publicités de propagande mentionnant Israël ont atteint une portée combinée de 2 millions de comptes en France et 624.142 comptes en Allemagne », précisent les auteurs.