Pour séduire toujours plus d'utilisateurs, Facebook rogne ses marges

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Lancé en 2004, Facebook revendique désormais 2,5 milliards d'utilisateurs mensuels actifs dans le monde (+8% sur un an).
Lancé en 2004, Facebook revendique désormais 2,5 milliards d'utilisateurs mensuels actifs dans le monde (+8% sur un an). (Crédits : Stephen Lam)
En dépit des scandales, Facebook continue de séduire de nouveaux utilisateurs (+8% sur un an) et affiche une croissance de son chiffre d'affaires de 27% sur un an, à 70,7 milliards de dollars. Mais le plus grand réseau social au monde accuse d'une baisse de son bénéfice net annuel, en raison d'une explosion de ses dépenses (+51%).

Facebook poursuit sa croissance à deux chiffres. La firme de Menlo Park présentait mercredi ses résultats financier pour l'année 2019. Fidèle à ses habitudes, le groupe enregistre un chiffre d'affaires astronomique de 70,7 milliards de dollars (+27% sur un an). En revanche, Facebook accuse d'une baisse de 16% de son bénéfice net sur l'année, à 18,5 milliards de dollars.

"Nous avons eu un bon trimestre et une solide fin d'année avec la poursuite de la croissance de notre communauté et de nos activités", a sobrement commenté dans un communiqué le Pdg et cofondateur de l'entreprise, Mark Zuckerberg.

En effet, en dépit de nombreux scandales, le groupe séduit toujours plus d'utilisateurs. Lancé en 2004, Facebook revendique désormais 2,5 milliards d'utilisateurs mensuels actifs dans le monde (+8% sur un an). Le nombre de membres utilisant au moins une fois par mois le réseau social ou ses applications Instagram, WhatsApp et Messenger, a de son côté grimpé de 9%, à 2,89 milliards, rapporte l'AFP.

Cette croissance est essentielle pour Facebook, puisque l'intégralité de son business modèle en dépend. Le groupe de Mark Zuckerberg collecte massivement les données personnelles de ses utilisateurs pour permettre aux annonceurs cibler finement leur publicités. La quasi-totalité du chiffre d'affaires annuel de Facebook continue d'être générée par la publicité, qui a engendré des revenus de 69,7 milliards de dollars en 2019.

| Lire aussi : Oui, Facebook collecte vos données même si vous n'avez pas de compte

Explosion des dépenses

Pour autant, les marchés ont accueilli froidement les résultats du géant américain. Le titre, qui a progressé de plus de 50% l'année dernière, chutait de plus de 7% mercredi dans les échanges électroniques suivant la clôture de la Bourse. En cause : la baisse du bénéfice net, provoqué par une explosion des dépenses. Facebook a déboursé 46,7 milliards de dollars sur l'année (+51%).

Alors que le géant américain enchaîne les polémiques, il est contraint d'investir massivement pour tenter de rétablir la confiance en ses plateformes. Cela passe notamment par des recrutements, pour gonfler ses équipes humaines de modération. Au cours de l'année 2019, le nombre de ses employés a bondi de 26% pour atteindre les 44.942 salariés dans le monde. Facebook investit également dans la technologie, pour automatiser les contrôles des publications notamment.

Depuis l'élection présidentielle américaine de 2016, le réseau social est accusé entre autres de favoriser la désinformation en laissant proliférer les fake news (fausses nouvelles), accompagnées depuis 2019 de "deep fake" (ces fausses vidéos de personnes existantes, en reproduisant des voix à partir d'extraits ou en créant des textes par exemple). Il a également connu de nombreuses fuites de données, dont le retentissant scandale Cambridge Analytica en 2018.

Baisse des marges d'exploitation

Facebook a subi une baisse de ses marges d'exploitation sur l'année, passant de 45% en 2018 à 34% en 2019. Le groupe anticipe pour le premier trimestre un nouveau ralentissement de l'ordre de 1% à 5%. L'entreprise atteint un certain seuil de maturité ne permettant plus de prolonger indéfiniment la croissance frénétique des dernières années, a souligné le directeur financier David Wehner, lors d'une conférence téléphonique, rapporte l'AFP.

Le groupe subit aussi "l'impact grandissant des diverses réglementations sur la vie privée dans le monde" ainsi que "d'autres obstacles au ciblage des publicités", a-t-il évoqué. "Nous avons connu à ce jour un impact modeste de ces vents contraires. La majeure partie est à venir", a déclaré David Wehner, rapporte Reuters.

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a écrit le 30/01/2020 à 14:16 :
"Cela passe notamment par des recrutements, pour gonfler ses équipes humaines de modération. Au cours de l'année 2019, le nombre de ses employés a bondi de 26% pour atteindre les 44.942 salariés dans le monde"

JE n'ose croire que les GAFA, après avoir accumulé suffisamment de centaines de milliards de dollars leur permettant de résister à l'agression de la finance apeurée et cupide, se mettent maintenant à davantage investir !

SI c'est cela dans 10 ans ils auront le monde entre leurs mains sauf si notre oligarchie financière ordonne une dictature générale mondiale à leurs politiciens afin d'éradiquer ce décidément si intelligent concurrent. Ils n'ont dorénavant plus que leurs politiciens pour les protéger du talent de ces premiers.

Notons comme leurs stratégies bougent tout le temps là dedans, l'entretien de ce dynamisme lié à une véritable intelligence économique leur est abondamment profitable.

"Si ton œil était plus aigu tu verrais tout en mouvement" Nietzsche

C'est sûr que ce sont pas nos vieilles feignasses de mégas riches, repus à s'engraisser sans bouger qui sont en état de les concurrencer !

On dirait que les gars ils le font exprès un peu quand même, fonctionnant parfaitement tout en étant logique, à savoir ils écoutent les vieux riches classiques qui sentent le formol et font exactement l'inverse.

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