Deepfake, la nouvelle bête noire de Facebook

Dans cette vidéo, le comédien et réalisateur Jordan Peele (à droite) met en garde le public sur les dangers que représentent les deepfakes en truquant un discours de Barack Obama.
DR

Dans cette vidéo, le comédien et réalisateur Jordan Peele (à droite) met en garde le public sur les dangers que représentent les deepfakes en truquant un discours de Barack Obama.
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Facebook accentue sa chasse aux deepfakes. Le plus grand réseau social au monde a annoncé, lundi, vouloir réduire drastiquement la visibilité de ces vidéos trafiquées grâce à l'intelligence artificielle. Contraction de "deep learning" (apprentissage profond, une forme d'intelligence artificielle) et fake (faux, en anglais), les deepfakes consistent à générer des fausses vidéos de personnes existantes, en reproduisant des voix à partir d'extraits ou en créant des textes par exemple.
La firme de Menlo Park va donc réduire la visibilité des contenus considérés comme deepfakes s'ils "ont été édités au-delà des ajustements pour la clarté ou la qualité", d'une manière pouvant "induire en erreur un internaute en pensant qu'un sujet de la vidéo a dit des mots qu'il n'avait pas réellement prononcés". Le contenu litigieux doit également être "un produit de l'intelligence artificielle [...] qui fusionne, remplace ou superpose le contenu sur une vidéo, ce qui donne l'impression qu'elle est authentique", liste Monika Bickert.
Facebook va également sanctionner ces contenus, en empêchant leur monétisation via de la publicité. Ils seront également labellisés comme "fake news" pour les internautes susceptibles de consulter et partager ces vidéos.
Le géant américain poursuit donc son jeu d'équilibriste concernant l'épineuse problématique de la modération des contenus sur sa plateforme : lutter contre la désinformation - notamment à l'approche de l'élection présidentielle américaine en novembre prochain -, tout en évitant les accusations de censure et d'atteinte à la liberté d'expression. Facebook, qui se revendique comme un réseau social, a toujours réfuté le statut d'éditeur et les responsabilités qui l'accompagne.
Dans la note de blog, l'entreprise de la Silicon Valley précise que ces nouvelles règles ne s'appliquent pas aux contenus "parodiques ou satiriques". Pourtant, ces contenus sont souvent dans une zone grise pour les modérateurs, et se transforment en vrai casse-tête pour Facebook, qui devra décider in fine ce qui relève de l'humour ou de la désinformation.
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Deepfake Detection Challenge" à destination des entreprises du secteur et des universités. Le but : encourager la production de nouvelles recherches et la production d'outils en open source pour détecter les vidéos truquées.
Ce projet, "soutenu par 10 millions de dollars de subventions", selon Facebook, regroupe des poids lourds comme Microsoft, Amazon, mais aussi le MIT et l'Université de Californie.