Deepfake, la nouvelle bête noire de Facebook

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Dans cette vidéo, le comédien et réalisateur Jordan Peele (à droite) met en garde le public sur les dangers que représentent les deepfakes en truquant un discours de Barack Obama.
Dans cette vidéo, le comédien et réalisateur Jordan Peele (à droite) met en garde le public sur les dangers que représentent les deepfakes en truquant un discours de Barack Obama. (Crédits : DR)
Le réseau social a annoncé, lundi, vouloir réduire la visibilité des deepfakes - ces fausses vidéos truquées grâce à l'intelligence artificielle. Ce nouvel outil de désinformation est dans le viseur de Facebook depuis septembre, alors que l'élection présidentielle américaine doit se dérouler en novembre prochain.

Facebook accentue sa chasse aux deepfakes. Le plus grand réseau social au monde a annoncé, lundi, vouloir réduire drastiquement la visibilité de ces vidéos trafiquées grâce à l'intelligence artificielle. Contraction de "deep learning" (apprentissage profond, une forme d'intelligence artificielle) et fake (faux, en anglais), les deepfakes consistent à générer des fausses vidéos de personnes existantes, en reproduisant des voix à partir d'extraits ou en créant des textes par exemple.

"Si ces vidéos sont encore rares sur Internet, elles représentent un défi significatif pour notre industrie et pour la société au fur et à mesure que leur utilisation se développe", a écrit Monika Bickert, vice-présidente de la gestion des politiques mondiales chez Facebook, dans une note de blog publiée lundi 2 janvier.

La firme de Menlo Park va donc réduire la visibilité des contenus considérés comme deepfakes s'ils "ont été édités au-delà des ajustements pour la clarté ou la qualité", d'une manière pouvant "induire en erreur un internaute en pensant qu'un sujet de la vidéo a dit des mots qu'il n'avait pas réellement prononcés". Le contenu litigieux doit également être "un produit de l'intelligence artificielle [...] qui fusionne, remplace ou superpose le contenu sur une vidéo, ce qui donne l'impression qu'elle est authentique", liste Monika Bickert.

Facebook va également sanctionner ces contenus, en empêchant leur monétisation via de la publicité. Ils seront également labellisés comme "fake news" pour les internautes susceptibles de consulter et partager ces vidéos.

"Si nous supprimions simplement toutes les vidéos manipulées signalées comme fausses par (nos équipes de modération), les vidéos seraient toujours disponibles ailleurs sur Internet ou sur l'écosystème des réseaux sociaux. En les laissant de côté et en les qualifiant de faux, nous fournissons aux gens des informations et un contexte importants", justifie Monika Bickert.

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La modération, un jeu d'équilibriste pour Facebook

Le géant américain poursuit donc son jeu d'équilibriste concernant l'épineuse problématique de la modération des contenus sur sa plateforme : lutter contre la désinformation - notamment à l'approche de l'élection présidentielle américaine en novembre prochain -, tout en évitant les accusations de censure et d'atteinte à la liberté d'expression. Facebook, qui se revendique comme un réseau social, a toujours réfuté le statut d'éditeur et les responsabilités qui l'accompagne.

Dans la note de blog, l'entreprise de la Silicon Valley précise que ces nouvelles règles ne s'appliquent pas aux contenus "parodiques ou satiriques". Pourtant, ces contenus sont souvent dans une zone grise pour les modérateurs, et se transforment en vrai casse-tête pour Facebook, qui devra décider in fine ce qui relève de l'humour ou de la désinformation.

| Lire aussi : Suicides, menaces... Facebook admet des règles "contre-intuitives" pour sa modération

Facebook a débuté officiellement sa lutte contre les deepfakes en septembre dernier, avec le lancement du "Deepfake Detection Challenge" à destination des entreprises du secteur et des universités. Le but : encourager la production de nouvelles recherches et la production d'outils en open source pour détecter les vidéos truquées. Ce projet, "soutenu par 10 millions de dollars de subventions", selon Facebook, regroupe des poids lourds comme Microsoft, Amazon, mais aussi le MIT et l'Université de Californie.

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Commentaires
a écrit le 07/01/2020 à 20:49 :
Facebook c’est pour ceux qui n’ont pas de vie et qui n’ont rien à faire...

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