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Twitter : Elon Musk annonce qu'il va lâcher les rênes du réseau social

Photo de Fabrice Gliszczynski

latribune.fr

Publié le 21 décembre 2022 à 18:15 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 20:28

Illustration montrant le logo de twitter et la silluete d'elon musk

Illustration montrant le logo de twitter et la silluete d'elon musk

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Elon Musk a annoncé mardi sur Twitter son intention de quitter la tête du réseau social dès lors qu'il aura « trouvé quelqu'un d'assez fou » pour le remplacer, expliquant que le milliardaire se concentrera dès lors sur les « équipes logiciel et serveurs ». Selon lui, Twitter « va s'en sortir » l'an prochain grâce aux mesures d'économies drastiques mises en place par depuis sa prise de contrôle de l'entreprise. Il prévoit un chiffre d'affaires d'environ 3 milliards de dollars en 2023, ce qui...

Partira, partira pas ? En tout cas, Elon Musk l'a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi sur Twitter. Il quittera la tête du réseau social dès lors qu'il aura « trouvé quelqu'un d'assez fou » pour le remplacer. Cette annonce intervient à la suite du sondage qu'il avait lui-même lancé lundi sur Twitter, dans lequel il demandait à ses followers s'il devait se retirer ou pas de la tête de l'entreprise et qui s'est soldé par un résultat défavorable pour le milliardaire : 57% des 17 millions de votant ont en effet répondu par l'affirmative.

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Après avoir assuré au moment de lancer le sondage qu'il respecterait le résultat, Elon Musk semblait estimer quelques heures encore avant d'évoquer sa démission que le résultat avait été faussé par le vote de bots. Ceci alors qu'un sondage réalisé par l'institut HarrisX, auprès de son propre échantillon d'utilisateurs de la plateforme de microblogging, donnait 61% des personnes interrogées en faveur de son maintien au poste de directeur général. « Intéressant, cela semble suggérer que nous avons bien un léger problème de bots sur Twitter », avait réagi Elon Musk sous le tweet de l'institut présentant ses résultats.

Selon plusieurs médias américains, Elon Musk s'est mis en quête d'un remplaçant avant même le lancement de son sondage. En réponse, le milliardaire avait réagi d'une simple émoticône moqueuse via sa plateforme. Le sondage est certainement une distraction : Elon Musk avait déjà annoncé le mois dernier que sa direction de Twitter était provisoire, le temps de redresser l'entreprise. Surtout, il est également CEO de Tesla, dont la valorisation a fondu de 60% depuis avril, dont la moitié depuis début novembre, en grande partie à cause des frasques d'Elon Musk chez Twitter. Le milliairdaire a sérieusement abîmé sa réputation et délaisse Tesla, ce qui inquiète les investisseurs du constructeur automobile qui réclament ouvertement soit le départ d'Elon Musk de Twitter, soit un nouveau directeur pour Tesla.

« Baisse de 41% du chiffre d'affaires en 2023 »

L'annonce d'Elon Musk constitue un énième épisode de la tempête que traverse Twitter depuis la prise de contrôle du milliardaire américain fin octobre pour 44 milliards de dollars, après une saga de plus de six mois sur la reprise. Le groupe serait même « sur la voie rapide de la faillite », avait indiqué Elon Musk dans un message. Pour autant, ce mercredi, il s'est voulu rassurant en déclarant que Twitter « va s'en sortir » l'an prochain grâce aux mesures d'économies drastiques mises en place depuis sa prise de contrôle de Twitter.

« Avec les changements que nous effectuons, en réduisant massivement les dépenses et en augmentant les revenus tirés des abonnements, je pense que Twitter va s'en sortir, l'an prochain », a déclaré le propriétaire de la plateforme lors d'une conférence en ligne sur le réseau social. Depuis qu'il est devenu l'actionnaire principal de Twitter, fin octobre, Elon Musk a licencié environ la moitié des 7.500 employés de la société. Celui qui est également aux commandes de Tesla et de SpaceX a indiqué mercredi que, selon ses projections, le réseau social pourrait réaliser un chiffre d'affaires d'environ 3 milliards de dollars l'an prochain. Si ce chiffre se confirmait, il équivaudrait à une contraction de 41% par rapport aux revenus réalisés en 2021. Selon le milliardaire, si aucun changement n'avait été effectué dans la structure des coûts de Twitter, l'entreprise aurait dépensé entre 6 et 6,5 milliards de dollars en 2023. Ce total intègre le paiement d'une partie du principal et des intérêts relatifs aux emprunts contractés par Elon Musk pour racheter Twitter et qui doivent désormais être honorés par le groupe, et non par l'entrepreneur. Il évalue ce versement à environ un milliard et demi de dollars pour la seule année prochaine. Le réseau social risquait ainsi de finir l'année 2023 avec une trésorerie réduite de 3 milliards de dollars environ, selon les estimations du nouveau patron.

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« Ce n'est pas bon », a commenté Elon Musk, « dans la mesure où Twitter dispose (actuellement) d'un milliard de dollars en cash »

Pour peu que ces projections se concrétisent, il aurait fallu que le dirigeant et ses co-actionnaires renflouent la société, faute de quoi elle risquait de se retrouver en cessation de paiements. « On serait mort », a-t-il dit d'une telle situation.

« C'est pour cela que j'ai passé les cinq dernières semaines à réduire les coûts comme un dingue », a affirmé Elon Musk lors de la conférence. Il a comparé la situation de Twitter à son arrivée à celle d'« un avion qui fonçait vers le sol à toute vitesse avec les réacteurs en feu et des commandes qui ne fonctionnent pas ».

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Retour sur deux mois de tempête

« L'oiseau est libre »

Le 27 octobre 2022, le milliardaire controversé Elon Musk annonce l'achat de Twitter pour 44 milliards de dollars, après une saga de plus de six mois. « L'oiseau est libre » tweete-t-il, faisant allusion au logo du réseau.

« Twitter est désormais entre de bonnes mains », salue l'ancien président Donald Trump, banni de la plateforme après l'assaut du Capitole début 2021.

Des associations craignent au contraire qu'Elon Musk n'ouvre les vannes à la désinformation et aux discours de haine. L'Union européenne prévient le 28 que Twitter devra respecter sa nouvelle réglementation sur le numérique, qui contraint les grandes plateformes à modérer leurs contenus. Elon Musk tente de rassurer en promettant un prochain « conseil de modération des contenus ».

Les annonceurs temporisent

Au lendemain du rachat, General Motors arrête provisoirement de payer pour des publicités sur Twitter, devenant le premier grand annonceur à remettre en cause sa présence sur le réseau, dont 90% des revenus proviennent de la publicité. D'autres entreprises suivent, comme les géants américains General Mills (Cheerios et Häagen-Dazs) et Mondelez international (biscuits Oreo) ou encore Volkswagen et Audi.

Huit dollars pour certifier son compte

Le 1er novembre, Elon Musk annonce le lancement prochain d'un abonnement de huit dollars par mois pour les utilisateurs souhaitant faire certifier leur compte comme authentique et être moins exposés à la pub. La certification des comptes était jusque-là gratuite et seulement accessible à certains profils, comme les gouvernements, les entreprises, les médias, les personnalités politiques, culturelles ou sportives, etc.

Vague de licenciements

Le 4, Twitter entame une vague de licenciements, qui frappe environ 50% de ses 7.500 salariés dans le monde.

« Il n'y a malheureusement pas d'autre choix quand l'entreprise perd plus de quatre millions de dollars par jour », se défend Elon Musk.

Cacophonie autour de Twitter Blue

Le 9, une grande cacophonie entoure le lancement sur les iPhone du nouveau Twitter Blue, l'abonnement payant pour faire authentifier son compte. Pendant 48 heures, de nombreux comptes se font passer pour ceux de célébrités ou d'entreprises. Ces usurpations poussent Twitter à suspendre Twitter Blue dès le 11.

Avertissement des autorités américaines

Le 10, l'agence américaine de la concurrence (FTC) émet un avertissement rare, disant suivre les récents développements chez Twitter « avec beaucoup d'inquiétude ». La FTC rappelle que Twitter risque des amendes conséquentes en cas de dérogation aux règles sur la sécurité et la confidentialité des données.

Ultimatum et départs en cascade

Le 16, le milliardaire adresse un ultimatum à ses employés : ils doivent s'engager à « travailler de longues heures à haute intensité », faute de quoi ils seront licenciés. Selon plusieurs médias américains, des centaines d'entre eux choisissent de partir.

Trump rétabli, Kanye suspendu

Après un sondage auprès des abonnés, Elon Musk décide le 19 de lever la suspension du compte Twitter de Donald Trump. Dans la foulée, il annonce le rétablissement en masse de comptes bannis - s'ils n'ont pas enfreint la loi - ainsi que la fin de la lutte contre la désinformation sur le Covid. Le 2 décembre, Twitter suspend le compte du rappeur américain Kanye West pour « incitation à la violence », révélant les limites de la liberté d'expression absolue prônée par Elon Musk.

Abonnement payant, suite

Après plusieurs essais, le milliardaire lance le 12 une nouvelle formule d'abonnement payant à Twitter, incluant l'authentification des comptes.

Suspension de comptes de journalistes

Twitter suspend le 15 les comptes de plusieurs journalistes couvrant le réseau social et son nouveau propriétaire. Certains d'entre eux avaient tweeté la veille la décision de Twitter de suspendre le compte qui signalait automatiquement les trajets du jet privé d'Elon Musk. L'UE menace aussitôt ce dernier de « sanctions ». Le 17, certains des comptes suspendus sont rétablis.

Vote majoritaire pour le départ de Musk

Le 19, une majorité de participants (57,5%) à un sondage lancé sur Twitter par Musk lui-même vote pour que l'entrepreneur abandonne la direction du réseau social. Le lendemain, Musk annonce qu'il démissionnera.

(AFP)

latribune.fr

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