Les applications de mobilité au défi de la grève
Jules Bonnard, de l'AFP

Photo d'illustration
Capture d'écran / Citymapper
Jules Bonnard, de l'AFP

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Capture d'écran / Citymapper
Qu'elles soient officielles ou commerciales, toutes les applications de calculs d'itinéraires puisent leurs informations sur les horaires des transports en commun à la même source. Dans la région parisienne, Ile-de-France Mobilités met à disposition des données dites en "open-data" (c'est-à-dire réutilisables et sans redevance) pour les RER, les métros, les tramways et les bus, issues des transporteurs.
Les éditeurs d'applications doivent donc se démarquer en comptant principalement sur leurs algorithmes qui, à partir de ces données, tentent de générer l'itinéraire le plus rapide et adapté en fonction d'un certain nombre de paramètres.
Certaines applications ajoutent également d'autres couches d'informations : des images satellitaires ou captées par des véhicules de cartographie, des données de fréquentation et de trafic issues des smartphones ou des GPS embarqués qui partagent leur localisation.
Les applications testées cette semaine par l'AFP affichent toutes les avertissements fournis par l'opérateur régional. En revanche, elles n'en tiennent pas forcément compte dans les itinéraires proposés.
Google Maps, par exemple, affiche des arrivées de métro "imminentes" et des dessertes "toutes les trois minutes" pour des lignes pourtant à l'arrêt. Le site Mappy propose également des itinéraires passant par des lignes non desservies, tout en affichant un avertissement.
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L'application Citymapper, spécialisée sur les grandes villes, a visiblement fait plus d'efforts : un "bulletin perturbations" surgit dès l'accueil et détaille avec humour la situation sur chaque ligne. La recherche d'itinéraire "esquive" d'ailleurs celles qui sont à l'arrêt. En revanche, un clic sur une station de métro fermée montre toujours les horaires de desserte habituels.
"La RATP publie en fin de journée les estimations de fréquence. Nous essayons de prendre les données théoriques et de les adapter pour qu'elles reflètent mieux la réalité", explique à l'AFP la société, qui dit utiliser un "mix" de données automatisées et manuelles.
Le manque de pertinence de certaines réponses est parfois imputable au délai de mise à jour des données, car Ile-de-France Mobilités ne fournit pas d'informations en temps réel homogènes sur le territoire concernant les positions des trains, métros, tramways et bus qui pourraient permettre de prendre en compte tous les aléas.
"On y travaille, mais on y est pas encore", a confirmé un responsable interrogé par l'AFP, concernant ces informations attendues de longue date par les acteurs du secteur. Pour avoir les nouvelles les plus fraîches, l'autorité régionale des transports recommande d'ailleurs d'utiliser son application officielle ViaNavigo.
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Mais même lorsque les données en temps réel seront disponibles, les grèves resteront un aléa difficile à anticiper. "Si vous arrivez à avoir l'heure exacte du passage de votre rame, vous ne pourrez pas savoir si elle est bondée et si vous devrez en laisser passer plusieurs avant de pouvoir monter", explique Florence Dereel. Et lorsque toutes les lignes ou presque sont à l'arrêt, aucun algorithme ne pourra faire de miracle. Pour toujours afficher des itinéraires, Google Maps, Apple Plans, Mappy, Citymapper, Uber ou Moovit jurent donc tous par les modes de transport alternatifs (VTC, vélos partagés, trottinettes, etc...).
Jules Bonnard, de l'AFP
Comment fonctionnent les applications de calculs d'itinéraires ?