NRJ et NextRadioTV fustigent le rapport Boyon

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Les deux derniers groupes indépendants de la TNT dénoncent un mauvais coup pour le spectateur et le pluralisme.

Les oreilles de Michel Boyon ont sifflé mardi. Les dirigeants de NRJ et de NextRadioTV, les deux derniers groupes indépendants de la TNT, ont tenu une conférence de presse commune pour dire tout le mal qu'ils pensaient du rapport sur la TNT du président du président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Pour Jean-Paul Baudecroux, PDG et actionnaire à 75,5% du groupe NRJ, "ce rapport fait tout pour accélérer une hyper concentration, pour arriver à trois acteurs privés. C'est très malsain, et pose un problème démocratique. Alors qu'en Allemagne, il y a 30 chaînes gratuites, et 60 en Grande-Bretagne».

Pour le propriétaire de NRJ 12, «c'est clairement un rapport de commande. C'est le même artifice que lors du lancement de la TNT», où TF1 avait voulu retarder le processus en réclamant une nouvelle norme. «Mais à l'époque, le président du CSA, Dominique Baudis, avait résisté...» a rappelé la directrice déléguée de NRJ, Maryam Salehi.

Les deux acteurs ont expliqué que le changement de norme prôné dans ce rapport nécessitera l'achat de décodeurs qui coûtent actuellement 100 euros pièce. Selon Alain Weill, PDG et premier actionnaire de NextRadioTV (avec 49,8% des droits de vote), «c'est très mauvais pour le spectateur, auquel on ne pense pas assez. Cela va créer une TNT à deux vitesses, avec une partie des chaînes réservée à ceux qui auront les moyens. C'est un sujet qui va remonter politiquement.

Ce n'est pas bon pour le gouvernement, cela ne sert pas ses intérêts. Depuis 30 ans, toutes les grandes réformes dans l'audiovisuel ont été faites par la gauche, alors que la droite a une approche conservatrice, dont on en a encore un exemple ici». Le propriétaire de BFM TV et de 20% de «La Tribune», «ne voit pas à qui cela profite, à part les chaînes historiques» - comprendre TF1 et M6. «Les indépendants que nous sommes sont en voie de marginalisation. Cela n'est pas bon pour le pluralisme de l'information, ni pour la démocratie, qui va baisser d'un cran».

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