Pratiques anticoncurrentielles : enquête de Bruxelles sur Amazon et ses ebooks

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Amazon s'est déclaré confiant dans la légalité des contrats signés avec les éditeurs. Nous sommes impatients de démontrer cela à la Commission et nous coopérons pleinement à ce processus, a déclaré le groupe américain en réaction à cette annonce.
Amazon s'est déclaré confiant dans la légalité des contrats signés avec les éditeurs. "Nous sommes impatients de démontrer cela à la Commission et nous coopérons pleinement à ce processus", a déclaré le groupe américain en réaction à cette annonce. (Crédits : dr)
La Commission européenne a lancé, jeudi, une enquête sur des soupçons d'entrave à la concurrence visant les pratiques d'Amazon dans la distribution de livres numériques. Elle soupçonne le géant américain d'utiliser des clauses avec ses clients pour bloquer la concurrence.

Amazon, une nouvelle fois dans le collimateur de Bruxelles. La Commission européenne a annoncé jeudi 11 juin l'ouverture d'une enquête formelle sur les pratiques du géant américain dans la distribution de livres numériques. L'institution craint qu'Amazon use de pratiques anticoncurrentielles.

Dans le détail, la Commission va enquêter notamment sur certaines dispositions des contrats qui forcent les éditeurs à prévenir Amazon lorsque certains de ses concurrents leur proposent des conditions plus avantageuses que les siennes ou comparables.

Bruxelles estime que ces clauses pourraient mettre des barrières à la concurrence d'autres distributeurs de livres numériques et donc "réduire le choix des consommateurs". Pour mémoire, Amazon est le premier distributeur de livres numériques en Europe grâce à sa liseuse Kindle.

Amazon est confiant

Amazon s'est déclaré confiant dans la légalité des contrats signés avec les éditeurs. "Nous sommes impatients de démontrer cela à la Commission, et nous coopérons pleinement à ce processus", a déclaré le groupe américain en réaction à cette annonce.

Faut-il croire en la bonne foi d'Amazon ? Peut-être, si l'on se fie à ce qui s'est passé fin mai sur un autre dossier brûlant: la fiscalité. Amazon avait fini par coopérer avec Bruxelles en annonçant la modification de ses pratiques fiscales. Désormais, le géant américain ne paiera plus uniquement ses impôts au Luxembourg mais dans chaque pays où il perçoit des revenus. Y compris la France.

L'Europe se fait plus pressante contre les géants américains du numérique

Les enquêtes et déclarations incisives lancées par la Commission contre les pratiques anticoncurrentielles se multiplient à l'encontre des géants américains du numérique. En mars, Bruxelles a accusé Google d'abuser de sa "position dominante" sur les marchés des services de recherche générale sur Internet, dans l'espace économique européen.

Egalement, la Commission européenne examine depuis quelques mois les rapports qu'Apple entretient avec les maisons de disques pour vérifier que le groupe américain ne cherche pas à les pousser à laisser tomber leurs accords avec des concurrents comme Spotify, alors que son service d'écoute musicale est prévu pour cet été.

Par ailleurs, la Commission européenne a présenté début mai un vaste plan d'action pour créer un "marché unique du numérique", programme ambitieux dans sa portée mais dont les détails ne seront connus progressivement que d'ici à la fin de 2016. Le commissaire européen Günther Oettinger estime que sans Europe du numérique, "ce sont Amazon, Google, Microsoft qui vont décider".

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