Snapchat en panne d'abonnés

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Le réseau social Snapchat a perdu 3 millions d'utilisateurs entre le premier et le deuxième trimestre 2018.
Le réseau social Snapchat a perdu 3 millions d'utilisateurs entre le premier et le deuxième trimestre 2018. (Crédits : Dado Ruvic)
Le réseau social, prisé par les jeunes, a annoncé mardi soir avoir perdu 3 millions d'utilisateurs sur la période avril-juin. Snapchat paye encore les pots cassés de sa dernière mise à jour, déployée en janvier et boudée par les usagers. Pour autant, la société américaine a vu son chiffre d'affaires bondir de 44% pour s'établir à 262,26 millions de dollars, mieux que prévu.

La nouvelle version de Snapchat est toujours boudée par les utilisateurs. Le réseau social, prisé par les adolescents, a annoncé mardi soir avoir perdu 3 millions d'usagers entre le premier et le deuxième trimestre lors de l'annonce de ses résultats financiers. Une première dans l'histoire de l'application, créée en 2011. Le petit fantôme revendique 188 millions abonnés actifs quotidiens (DAU) à fin juin, contre 191 millions pour la période janvier-mars (-2%). Cela constitue en revanche une hausse de 8% par rapport au deuxième trimestre 2017.

Snapchat avait déjà déçu au premier trimestre concernant son parc d'utilisateurs, enregistrant la plus faible progression de son histoire du nombre de ses usagers. Le redesign de l'application, mise à jour en janvier, avait provoqué un tollé - le fondateur Evan Spiegel avait même reçu une pétition signée par 1,2 million de personnes réclamant le retour de l'ancienne version. Cette mise à jour est de nouveau désignée comme responsable de la baisse du nombre d'utilisateurs.

"Nous allons continuer de faire des changements et optimiser l'application Snapchat", a commenté la maison-mère Snap Inc. lors de la publication de ses résultats. "L'impact à court et long terme sur notre nombre d'utilisateurs est difficile à prédire."

L'évolution du nombre d'utilisateurs est toujours très scrutée par les analystes, tant en glissement annuel que trimestriel. En effet, les réseaux sociaux tirent la quasi-totalité de leurs revenus grâce aux recettes publicitaires, qui elles-mêmes dépendent étroitement du succès du service auprès du public.

| Lire aussi : Pari perdu pour la nouvelle version de Snapchat

Toujours en quête de rentabilité

L'application a présenté des résultats meilleurs que prévus, faisant avancer son titre de 0,61% à 13,21 dollars vers 23h30 GMT dans les échanges électroniques suivant la clôture de Wall Street. Le chiffre d'affaires de Snapchat a bondi de 44% à 262,26 millions de dollars, mieux qu'attendu par les marchés. L'entreprise américaine a aussi reçu un bol d'air sous la forme d'un investissement de 250 millions de dollars du prince saoudien Al-Walid ben Talal, qui rendu public mardi l'achat de 2,3% du capital du groupe.

Toujours en quête de rentabilité, Snapchat a enregistré une perte nette de 353 millions de dollars - nettement réduite par rapport aux 443 millions enregistrés à la même période l'an dernier. En cause : un revenu par utilisateur (ARPU) encore trop faible. L'ARPU s'élève à 1,40 dollar pour le deuxième trimestre, enregistrant une forte hausse de 34%. Pour autant, le réseau social est encore loin des sommes générées par Facebook, dont l'ARPU est estimé à près de 6 dollars par FactSet.

"Snapchat dévoile des résultats positifs pour le second trimestre", affirme Yuval Ben-Itzhak, Pdg de Socialbakers, cabinet spécialisé dans l'analyse des médias sociaux. "D'une part, la croissance des revenus montre que l'entreprise se remet de ses faibles performances au premier trimestre. D'autre part, c'est aussi un signe que les annonceurs sont prêts à investir dans les formats publicitaires proposés par le réseau social."

Trouver de nouveaux relais de croissance

Snapchat doit donc relever deux défis : augmenter sa base d'utilisateurs, afin de mieux la valoriser auprès des annonceurs. Pour le troisième trimestre, Snap table sur un chiffre d'affaires situé entre 265 millions et 290 millions de dollars. "Alors que notre modèle économique, qui repose sur la publicité, est encore à ses prémices, il croît rapidement", a martelé Snap Inc. En dépit de sa popularité chez les adolescents - cible privilégiée des annonceurs - l'application tâtonne toujours pour trouver un modèle économique pérenne. L'intégration native d'annonces est plus compliquée que sur des réseaux sociaux concurrents comme Facebook ou Instagram.

Le réseau social tente donc de trouver de nouveaux relais de croissance. Dernière rumeur en date : l'application de messagerie serait sur le point de lancer une plateforme de jeux en ligne à l'automne"Des rumeurs sur le marché prétendent que la compagnie cherche à diversifier ses activités, en investissant dans l'industrie lucrative des jeux vidéo. Cette initiative pourrait contribuer à retenir les utilisateurs de la plateforme", estime Yuval Ben-Itzhak, Pdg de Socialbakers. Et de poursuivre :

"La collaboration entre Snapchat et Nielsen, leader mondial des études marketing, a pour objectif d'offrir un meilleur ciblage d'audience, ce qui pourrait rendre la plateforme plus attractive pour les entreprises spécialisées dans les produits de grande consommation désirant optimiser leurs actions marketing. Si Snapchat parvient à accroître le nombre d'utilisateurs au quotidien, l'avenir sera prometteur pour l'entreprise."

Twitter et Facebook, aussi à la peine

Snapchat n'est pas le seul réseau social à la peine pour recruter de nouveaux utilisateurs. Fin juillet, Twitter a aussi annoncé avoir perdu 1 million d'utilisateurs courant le deuxième trimestreLe site de micro-blogging a attribué ce repli au travail de purge entamé depuis plus d'un an pour lutter contre les comptes indésirables. Facebook, plus grand réseau social au monde, a également anticipé un ralentissement de sa croissance début juillet. Il revendique 2,23 milliards d'utilisateurs mensuels actifs (+11% sur un an). Un chiffre à peine supérieur aux résultats du premier trimestre, et inférieur aux 2,25 milliards anticipé par les marchés. Le nombre d'utilisateurs actifs par mois a même baissé d'environ un million en Europe, a précisé Mark Zuckerberg, Pdg et co-fondateur de Facebook. En cause : l'entrée en vigueur le 25 mai dernier du Règlement général sur la protection des données, qui a contraint Facebook à modifier les termes de ses conditions d'utilisation et de la création de comptes.

Lire aussi : Après des scandales à répétition, Facebook anticipe un ralentissement de sa croissance

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Commentaires
a écrit le 09/08/2018 à 8:57 :
Snapchat c'est le site préféré des mecs qui adorent montrer des photos d'eux en train de se masturber à diverses femmes qu'ils ne connaissent pas... Ben oui ensuite les photos disparaissent !

Les gars en tout cas ils ont su se mettre en bourse durant leur apogée, il faut vraiment que les marchés financiers soient totalement aliénés pour s'être fait prendre comme des lapins de garenne.

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