Télécoms : Orange tape du poing sur la table en Belgique

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Directeur général délégué et numéro deux d'Orange, Pierre Louette appelle le régulateur belge des télécoms à baisser sensiblement le prix de gros d’accès aux réseaux câblés pour faire son nid dans l'Internet fixe.
Directeur général délégué et numéro deux d'Orange, Pierre Louette appelle le régulateur belge des télécoms à baisser sensiblement le prix de gros d’accès aux réseaux câblés pour faire son nid dans l'Internet fixe. (Crédits : DR)
Lors d’une visite à Bruxelles, Pierre Louette, directeur général délégué et numéro deux de l’opérateur historique, a appelé le régulateur belge des télécoms à l’aider à accélérer dans l’Internet fixe. Lors d’un entretien à La Libre Belgique, il estime que la situation actuelle, caractérisée par un duopole, est inacceptable.

En Belgique, les préoccupations d'Orange n'ont rien de commun avec la France. Si dans l'Hexagone, l'opérateur historique fait figure d'indéboulonnable leader des télécoms, il n'est encore, dans le royaume, qu'un challenger dont les adversaires font évidemment tout pour limiter l'essor. Dans le mobile, Orange est un acteur important avec près de 3 millions de fidèles, soit près d'un tiers de ce marché de 3,6 milliards d'euros. Mais comme en France, en Espagne, et dans les autre pays européens où il est présent, l'opérateur veut grandir dans l'Internet fixe. Avec l'objectif de proposer des offres « convergentes », mêlant Internet fixe, télévision, téléphonie fixe et mobile.

Or dans l'Internet fixe, Orange est encore un acteur mineur, avec environ 3% de ce marché de 3,5 milliards d'euros. Il faut dire que sur ce créneau, l'opérateur français est un petit nouveau. Faute de posséder son propre réseau, il ne commercialise des offres que depuis début 2016, en passant par les infrastructures de câble de ses rivaux Telenet (présent en Flandre) et Voo (qui couvre la Wallonie). Sachant que dans l'Internet fixe, le marché belge est aujourd'hui dominé par Proximus, l'opérateur historique, qui commercialise pour sa part des offres VDSL sur tout le territoire.

Télécoms Belgique

(Crédits: IBPT)

Mais pour Orange, la situation n'est pas du tout satisfaisante. Dans l'Internet fixe, l'industriel français s'estime plombé par le duopole formé par Proximus d'un côté, et le tandem Telenet/Voo de l'autre. Pour se développer, Orange appelle depuis longtemps le régulateur à réduire le prix de gros d'accès aux réseaux câblés, aujourd'hui très cher, et qui s'élève « à environ 23 euros par ligne », selon Stéphane Beyazian, analyste télécoms chez Raymond James. En visite à Bruxelles il y a quelques jours, Pierre Louette, directeur général délégué et numéro deux du géant français, a ainsi appelé l'Institut belge des services postaux et des télécommunications (IBPT), le gendarme des télécoms, à prendre des mesures en ce sens. Dans une interview à La Libre Belgique, le dirigeant a tapé du poing sur la table :

« On demande [...] que l'IBPT garantisse un accès juste aux réseaux fixes et une dynamique de marché sur ces réseaux, a-t-il indiqué. Ce n'est malheureusement pas encore assez le cas aujourd'hui. On reste largement dans une situation de duopole. »

Prenant le relais, Michael Trabbia, le patron d'Orange Belgique, a renchéri, jugeant que les conditions d'accès aux réseaux câblés « ne sont toujours pas satisfaisantes ».

Le régulateur veut plus de concurrence

Ce lobbying d'Orange intervient à un moment clé. Au début du mois, l'IBPT a en effet dévoilé son « plan stratégique » pour les deux prochaines années. Son nouveau président, Michel Van Bellinghen, a clairement affirmé sa volonté de renforcer la concurrence sur le marché, au regard, d'après lui, des prix trop élevés pratiqués par les opérateurs. Dans l'Internet fixe, Michel Van Bellinghen a notamment estimé que la Belgique « [avait] besoin d'un troisième acteur, si possible avec son propre réseau ». Une sortie qui n'a, bien sûr, pas échappé à Orange, qui se voit comme une alternative de choix au duopole actuel.

Résolu à battre le fer quand il est chaud tout en profitant du soutien de Pierre Louette, Michael Trabbia ne s'est pas fait prier pour en remettre une couche :

« A ce jour, nous avons investi plus de 60 millions d'euros sur le câble, a-t-il déclaré à La Libre Belgique. On a créé plus de 200 emplois, directs et indirects. Nos clients bénéficient d'une économie substantielle puisque notre offre est plus de 20% moins chère que les offres concurrentes. On savait aussi, quand l'accès au câble a été décidé, qu'il y aurait une révision des règles. Deux ans après, il n'est pas anormal qu'on attende une amélioration des conditions d'accès au câble afin qu'il soit pérennisé. Je pense que le régulateur belge a tout intérêt à soutenir la dynamique concurrentielle introduite par notre arrivée sur le câble. »

La balle est, désormais, dans le camp de l'IBPT.

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Commentaires
a écrit le 28/06/2017 à 19:31 :
Orange, une entreprise magnifique aux business du siècle que sont la téléphonie et internet, avec des salariés dévoués et travailleurs, mais gérée de façon incompréhensible par une caste dirigeante engluée entre mises en examen pour escroquerie en bande organisée, harcèlement moral ayant entraîné la mort, qui s'engraisse à outrance à coup d'augmentations stocks options et actions gratuites mirobolantes sur le dos de ses clients et surtout de ses salariés augmentés de 0 à 1% et brutalisés dans des openspaces invivables de type orange gardens dans des banlieues aux temps de transport rédhibitoire. C'est "human outside brutal inside", des agents sont employés à temps complet pour bousiller la vie des salariés et fonctionnaires pour les pousser au départ par tous moyens jusqu'aux drames qu'on connaît les suicidss n'ont jamais cessé même si les médias n'en parle plus.
Il en résulte de sérieux effets contreproductifs : baisse de son avance en qualité de réseau au service des clients, absentéisme recours au télétravail arrêts longue maladie, départs, et sur tous les marchés soi-disant porteurs de croissance les résultats ne sont pas au rdv et ailleurs la part de marché s'étiole. Les bénéfices tiennent par les réductions massives d'effectifs et de coûts, mais pas pour tout le monde : les dirigeants l'ignorent c'est voyages dolce vita dans les plus beaux spots de la planète entre les fêtes au festival de cannes et Roland garros la belle loge du central

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