Vivendi et le rêve américain, saison 2 ?

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Vincent Bolloré, entré au conseil de surveillance de Vivendi en décembre, pourrait remplacer Jean-rené Fourtou dans quelques mois. Copyright Reuters
Vincent Bolloré, entré au conseil de surveillance de Vivendi en décembre, pourrait remplacer Jean-rené Fourtou dans quelques mois. Copyright Reuters (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le conglomérat de médias et de télécoms, qui tient son assemblée générale ce mardi, espère se redéployer dans les contenus et rêverait d'acquisitions aux Etats-Unis. Une petite musique qui rappelle la campagne d'acquisitions menée au tout début des années 2000 par son patron d'alors, Jean-Marie Messier. Un nouvelle direction doit en tout cas être mise en place pour cela.

Les douze mois à venir s'annoncent comme un tournant pour Vivendi. Un an après le premier acte qu'a constitué le lancement d'une grande revue stratégique, qui a conclu à un repositionnement sur les médias et le divertissement, et s'est soldée par le départ du président du directoire, Jean-Bernard Lévy, le conglomérat s'apprête à entrer dans la phase II. Lors de l'assemblée générale de ce mardi 30 avril, le président du conseil de surveillance, Jean-René Fourtou, doit dresser un bilan de l'action menée, notamment le processus de cessions, et donner une direction claire pour l'avenir.

La vente de Maroc Télécom est bien engagée, le groupe ayant reçu deux offres engageantes de l'émirati Etisalat et du qatari Ooredoo (ex Qtel) d'environ 4,6 milliards d'euros, celle du brésilien GVT n'est plus envisagée et celle de SFR"n'a jamais été à l'ordre du jour", martèle un proche de la direction. Le climat de l'assemblée devrait être plus serein, alors que le cours de Bourse de Vivendi a rebondi de 20% en un an, faisant remonter la capitalisation à près de 23 milliards d'euros. "C'est de la spéculation, de l'anticipation. Les investisseurs veulent de la corporate action, que ça bouge !" résume un analyste.

Bolloré à la tête du conseil, un pro des contenus et du marché américain au directoire

L'an dernier, Jean-René Fourtou avait appelé de ses vœux l'entrée de Vincent Bolloré au conseil de surveillance : c'est désormais chose faite, l'homme d'affaires breton, devenu premier actionnaire de Vivendi en obtenant des actions en échange de la vente de ses chaîne Direct 8 et Direct Star, a été coopté en décembre dernier. Bolloré pourrait même le remplacer dans quelques mois, selon plusieurs sources concordantes, confirmant une information du Journal du Dimanche.

"On sait que les questions des actionnaires vont tourner autour de l'âge du capitaine. Jean-René (Fourtou) va expliquer que c'est un management de transition qui se trouve à la tête de Vivendi. Il n'a pas vocation à rester, ni le président du directoire, Jean-François Dubos", explique un proche de la direction. Nommé PDG de Vivendi après l'éviction de Jean-Marie Messier en 2002 et l'être resté jusqu'en 2005, Fourtou, bientôt 74 ans, dont le mandat a été renouvelé l'an dernier et n'expire que dans trois ans, n'ira pas au bout de celui-ci. Et pour mener le repositionnement de Vivendi, le groupe français va partir en quête d'un nouveau dirigeant.

Un quadra pour prendre les commandes?

"Ce ne sera pas Bertrand Meheut qui dirigera Vivendi", assure, catégorique, cette source bien informée. Le profil recherché sera "plus international, pas forcément français, très familier de l'industrie des contenus et du numérique" et des grands décideurs de la Côte Ouest. Et pourquoi pas Pascal Cagni, l'ex-patron d'Apple pour l'Europe, qui vient d'entrer au conseil de Vivendi comme censeur et dont la nomination est soumise au vote de l'assemblée ? "Ce sera plutôt un quadra", croit savoir ce proche de la direction.

Croquer Netflix ou LiveNation ?

La mission du futur patron de Vivendi sera de le redéployer dans les médias et le divertissement, où il possède actuellement Universal Music Group, les jeux vidéo d'Activision Blizzard et Canal Plus, ce qui passera par des acquisitions. Le groupe de l'avenue de Friedland, qui a pour slogan "les plus belles émotions du numérique", a les yeux rivés sur Hollywood, où se trouvent le centre de gravité du secteur et la croissance des marchés de contenus. Le spécialiste de la télé payante rêve de cibles dans des métiers connexes. De source bancaire, on évoque même un acteur comme Netflix, le leader de la vidéo à la demande par abonnement, qui vaut tout de même quelque 12 milliards de dollars !

"Ce serait intelligent, ça aurait beaucoup de sens : Netflix développe des contenus en propre comme Canal Plus. Mais croquer Netflix semble un trop gros morceau pour le groupe", tempère un analyste. Vivendi lorgnerait aussi le business des agents représentant des sportifs - l'américain IMG détenu par le fonds Forstmann Little &Co serait à vendre - ainsi que le business des organisateurs de tournées d'artistes : on l'avait dit un temps intéressé par le géant LiveNation, qui pèse 2,4 milliards de dollars.  Des problèmes de concurrence pourraient se poser, tout comme sur une cible à la Spotify, le site suédois de streaming musical, valorisé dans les 3 milliards de dollars. « Une grosse acquisition à la Messier ? Je n'y crois pas. Vincent Bolloré veut sans doute juste récupérer les dividendes, ce sera plutôt une stratégie a minima de développement de Canal Plus à l'international », parie un analyste. La première aventure américaine de Vivendi a laissé un cuisant souvenir aux investisseurs…
 

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Commentaires
a écrit le 30/04/2013 à 17:23 :
En tant qu'ancien salarié du groupe Vivendi, je serai éternellement reconnaissant envers J2M. Grâce à son portail Vodafone/Vizzavi, j'avais pu revendre mes actions Vivendi à 130 euros en 2000. Et encore un grand merci pour le généreux plan social de 2005/2006...
a écrit le 30/04/2013 à 16:19 :
Il s'agit de re-faire du Messier ..... certainement en moins bien. Avoir massacré cette entreprise juste avant la meilleure période de l'économie mondiale aura été une faute. D'autant que la pluspart des entreprises françaises n'a jamais su en tirer l'effet de levier que savait obtenir Messier. Nous aurions actuellement une autre entreprise de 50 milliards de chiffre. Il ne peut s'agir non plus de prudence car des délires autrement coûteux sont apparus. Quoique l'on pense du personnage, des missions données à Canal+ et plus globalement au rôle de multiple teneur de bougie que l'on a demandé de jouer à Vivendi depuis une compagnie des eaux véritable pompe à finances -autant d'impôts ou d'actionnaires sans titr- le savoir-faire de Messier a été géant à cette époque. Fourtou et ses équipes n'ont apporté que du temps perdu et on le voit désormais de mauvais comptes.
a écrit le 30/04/2013 à 13:10 :
Vivendi n'a jamais choisi entre les deux seuls modèles économiques possibles pour ce type d'entreprise : holding ou conglomérat. Pour cette raison, le groupe se vautre indéfiniment en Bourse. Et finira pillé par des raiders.
a écrit le 30/04/2013 à 9:51 :
Au delà de la direction du groupe, il serait temps de revoir la politique commerciale de celui-ci. Les propositions d'abonnement gratuits prendant trois moins à Canal plus et Canal sat ne sont ni plus ni moins que de la vente forcée. J'invite tous les gens qui me lisent à ne jamais considérer ces offres qui sont quasiment impossibles de résilier. Si quelqu'un a des soucis de ce genre j'ai été aidé par UFC (je les remercie en passant).
Ces gens vont loin ils vont meme vous faire envoyer des lettres d'huissier (qui n'ont aucune valeur juridique) pour des recouvrements indus.
Merci de m'avoir lu. En espérant avoir aidé de potentielles victimes....
Réponse de le 30/04/2013 à 10:20 :
Tu pensais que tu pourrais te bafrer de chips devant des matchs de foot gratosse ?

Tu n'as pas lu ton contrat non plus ?

Faut pas venir pleurnicher dans ce cas
Réponse de le 30/04/2013 à 15:07 :
J'ai bien lu mon contrat et je ne l'ai JAMAIS renvoyé. Ce qui n'a pas empecher ORANGE (offre via la box) de transmettre mes coordonnées banquaires à cette entreprise et leur a permis de tenter de prélever de l'argent sur mon compte.
Quant à se bafrer de chips devant un bon programme télé je l'avoue c'est agréable de temps en temps.
Enfin je ne pleuniche pas cette aventure ne m'a rien couté sinon un peu de temps. Je souhaitais juste mettre en éclairage ces pratiques pour lesquelles la police n'enregistre pas de plaintes et pour lesquelles peu de monde franchit le pas de saisir un tribunal administratif (à tort, c'est gratuit et efficace : pas de contrat signé pas de paiement...)
Bien à vous

Laurent

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