Rachat de SFR : déjà favori, Bouygues relève son offre à 11 milliards d'euros

Le groupe de BTP propose à Vivendi 11,3 milliards, soit 800 millions de plus, et une part de 43% dans l'ensemble fusionné. De son côté, Altice, la maison-mère de Numericable, n'entend pas modifier son offre mais a écrit une lettre au ministre du Redressement productif, qui soutient ouvertement Bouygues.
En cas de fusion avec SFR, le groupe a prévu de revendre ses antennes et des fréquences à Free pour 1,8 milliard d'euros. (Photo : Reuters)
En cas de fusion avec SFR, le groupe a prévu de revendre ses antennes et des fréquences à Free pour 1,8 milliard d'euros. (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)

Bouygues surenchérit. Le groupe a relevé son offre pour racheter SFR, le numéro 2 du marché français, passant la part en numéraire de 10,5 milliards d'euros initialement à "plus de 11 milliards" pour remporter la mise, affirme l'agence Reuters mercredi soir. Bouygues a confirmé l'information ce jeudi matin, en précisant qu'il offrait désormais 11,3 milliards en cash, soit une augmentation de 800 millions. Vivendi ne détiendrait plus que 43% du capital de l'ensemble fusionné, contre 46% anticipé auparavant.

Au terme du délai imparti par Vivendi pour déposer les offres définitives, Bouygues, propriétaire de Bouygues Telecom, ressort mieux disant que la holding Altice, qui propose 10,9 milliards d'euros pour marier le câblo-opérateur Numericable, sa filiale, à SFR.

  >> La fusion de SFR et Bouygues Telecom a-t-elle des chances d'aboutir ?

 Le groupe de Martin Bouygues indique également qu'il s'est engagé à "faciliter la liquidité de la participation de Vivendi dans l'entité combinée", sans préciser. Vivendi aurait notamment la possibilité de céder une partie de ses parts à des investisseurs financiers avant l'introduction en Bourse programmée du nouvel ensemble.

Bouygues déjà perçu comme favori

Soutenu par le ministre du Redresse productif Arnaud Montebourg, Bouygues apparaissait déjà comme le favori pour emporter la mise. Quitte à ce qu'une telle fusion entraîne un retour à trois opérateurs mobiles sur le marché français, bousculé par l'arrivée de Free, qui rachèterait alors les antennes et les fréquences de Bouygues Telecom pour 1,8 milliard d'euros.

  >> Les 7 engagements de Martin Bouygues auprès de Montebourg

Altice a affirmé de son côté qu'il n'avait pas l'intention d'améliorer la partie financière de son offre. La maison-mère de Numericable a accepté des engagements plus fermes en matière d'emplois, qui seraient gravés "dans le marbre" des accords de licence avec l'Arcep, régulateur du secteur.

Patrick Drahi, son président, a toutefois décidé d'écrire une lettre à Arnaud Montebourg, dont Le Parisien s'est procuré une copie. Il s'engage notamment à ne supprimer aucun emploi et prévient que les prix, notamment ceux de la 4G, resteront inchangés. 

Décision finale vendredi

La décision de Vivendi doit être débattue "dès jeudi" par un comité ad hoc d'administrateurs, réuni une première fois samedi dernier.

Le conseil de surveillance du groupe doit se retrouver vendredi avec sur la table l'option de trancher en faveur d'une des deux offres en concurrence, de remettre sa décision à plus tard, ou de renoncer à la vente et revenir au scénario initialement envisagé d'une introduction en Bourse dans quelques mois.

  >> À LIRE : Patrick Drahi, le discret milliardaire patron de Numericable

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Commentaires 4
à écrit le 13/03/2014 à 13:31
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A ma gauche, tenant du titre, le riche héritier oisif du groupe créé par son père. A ma droite, le challenger, parti les poches vides, et revendiquant sa part du gâteau. Qui va l'emporter ? Vous le saurez en suivant le prochaine épisode de Telecom Ci...

à écrit le 13/03/2014 à 12:39
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après les soldes... La grande braderie de printemps, au-delà des magouilles politico-financières, il y a surtout des femmes et des hommes pris en otages par des pseudos responsables d'entreprises incompétents mais prêts à tout pour se sortir de l'imb...

à écrit le 13/03/2014 à 9:54
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Numericable n'a qu'un but: siphonner la valeur de SFR une fois l'affaire conclue et la transférer dans la poche des gérants de ces fonds en franchise d'impôt. Ses actionnaires principaux sont des fonds anglo-saxons de private equity dont la princ...

le 13/03/2014 à 13:15
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Une petite lecture du capital Bouygues vous aurait permis de constater la répartition suivante : 1. Actionnaires Etrangers - 32,35% ; 2. Salariés - 23,70%; 3. Groupe SCDM (famille Bouygues) - 20,47% ; 4. First Eagle Investment Management - 6,03%; 5...

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