5G : le gouvernement prépare son arme de dissuasion anti-Huawei
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Edouard Philippe, Xi Jinping
Isa Harsin / SIPA
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C'est une bataille qui se joue en coulisses. Et qui, depuis des mois, fait l'objet de beaucoup de non-dits. En France comme en Europe, les gouvernements s'interrogent sur la place à donner à Huawei dans les futurs réseaux 5G. Le géant chinois des équipements télécoms suscite la méfiance de bon nombre de services de renseignement, qui redoutent que ses infrastructures, technologiquement à la pointe, soient utilisées à des fins d'espionnage pour le compte de la Chine.
Dans cet épineux dossier, la France, la Grande-Bretagne ou encore l'Allemagne se demandent si elles ne doivent pas s'aligner sur les États-Unis, qui ont décidé de bannir Huawei des réseaux 5G. En pleine guerre commerciale avec Pékin, Washington déploie aujourd'hui d'énormes efforts de lobbying pour convaincre l'Europe de chasser le dragon chinois. Huawei, pour sa part, ne cesse de démentir les accusations d'espionnage, tout en bénéficiant de l'appui de Pékin pour continuer à faire affaire sur le Vieux Continent.
Dans ce contexte, la position officielle de la France est claire : Huawei a toute sa place dans le pays, et il n'est nullement question de l'interdire. Mais derrière cette communication, c'est une posture bien différente qui se dessine. Plusieurs signaux, très forts, laissent penser que l'exécutif cherche en réalité, sinon à interdire, au moins à limiter fortement Huawei dans le déploiement de la prochaine génération de communication mobile.
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Mercredi 10 avril, l'Assemblée nationale a voté une proposition de loi. Celle-ci vise « à préserver les intérêts de la défense et de la sécurité nationale de la France dans le cadre de l'exploitation des réseaux radioélectriques mobiles ». Sur le papier, ce texte, qui a été déposé à l'Assemblée par les députés La République en Marche, doit permettre de sécuriser les réseaux mobiles en vue de l'arrivée de la 5G, prévue en 2020. L'exécutif justifie cette proposition de loi en arguant à juste titre que cette technologie doit permettre l'éclosion de nombreux et nouveaux usages sensibles qui irrigueront tous les pans de l'économie. A l'instar de la télémédecine, de la voiture autonome ou encore des usines connectées.