Doreen Bogdan-Martin, la femme qui va façonner le futur de la toile
Guillaume Renouard
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Agence de l'ONU spécialisée dans l'établissement des standards technologiques pour la téléphonie, l'internet et le streaming vidéo, mais aussi l'allocation des fréquences radio ou encore l'attribution de leur orbite aux satellites, l'Union Internationale des Télécommunications (UIT) est un organisme aussi technique que discret, et l'élection de son secrétaire général par les représentants des 193 États membres de l'ONU, qui a lieu tous les quatre ans, soulève rarement les passions.
Mais cette campagne, opposant une candidate américaine à un candidat russe, le tout dans le contexte survolté de la guerre en Ukraine, a fait exception à la règle. Tom Wheeler, ancien dirigeant de la Federal Communications Commission (FCC), le gendarme des télécoms américains, a décrit cette élection comme une « primaire » qui déterminerait dans quelle direction les États membres de l'ONU souhaitaient voir l'internet évoluer. Lors d'une déclaration officielle, Joe Biden a quant à lui publiquement apporté son soutien à Doreen Bogdan-Martin, la candidate américaine.
Jeudi, celle-ci l'a confortablement emporté contre son rival russe, Rashid Ismailov, qui, après un passage chez Huawei et le Ministère des Communications de son pays, dirige désormais l'entreprise russe des télécoms VimpelCom. Doreen Bogdan-Martin devient ainsi la première femme à diriger cette agence. Une victoire dont s'est félicité le secrétaire d'État des États-Unis Antony Blinken, y voyant le triomphe d'une vision « universelle » et « inclusive » des télécommunications.
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Technocrate compétente qui a passé la majorité de sa carrière à l'UIT, Doreen Bogdan-Martin a notamment œuvré pour améliorer les infrastructures de télécommunications dans les pays en développement et démocratiser l'accès à l'internet (dont sont encore privés 2,7 milliards d'êtres humains). Elle a par exemple lancé l'initiative Partner2Connect, qui a pour l'heure collecté 26 milliards de dollars auprès de divers gouvernements, entreprises et organisations pour réduire la fracture numérique.
Guillaume Renouard