Dans une lettre conjointe, les PDG d’Orange, de Vodafone, de Deutsche Telekom, de BT ou encore de Telecom Italia appellent l'Union européenne à se mobiliser pour que les géants américains du Net participent financièrement au déploiement de la fibre, de la 4G ou de la 5G. Ils estiment qu’une telle mesure est plus que jamais nécessaire dans le contexte de forte inflation.Les cadors européens ne relâchent pas la pression. Alors que Bruxelles s'est montré favorable, au printemps dernier, à faire contribuer les géants américains du Net aux réseaux télécoms, les opérateurs se sont fendus d'une lettre, ce lundi, pour appeler l'Union européenne à avancer au plus vite sur ce dossier. « Nous pensons que les plus grands générateurs de trafic devraient apporter une contribution équitable aux coûts considérables qu'ils imposent actuellement aux réseaux européens », soulignent-ils.
Cette lettre a été signée par seize PDG des plus grands opérateurs du Vieux Continent, dont Christel Heydemann (Orange), Edward Bouygues (Bouygues Telecom), Timotheus Höttges (Deutsche Telekom), Pietro Labriola (Telecom italia), José Maria Alvarez Pallete (Telefonica) ou encore Nick Read (Vodafone). Tous appartiennent au même lobby, l'European Telecommunications Network Operators' Association (ETNO), à l'initiative de cette action.
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Aux yeux des opérateurs, une « contribution équitable » des Google, Facebook, Amazon, Microsoft et Netflix est indispensable, dans la mesure où ces acteurs représentent à eux-seuls 55% du trafic Internet. Ce sont effectivement eux qui obligent Orange, Vodafone ou Deutsche Telekom à déployer des tuyaux toujours plus gros pour leur permettre, in fine, de proposer leurs services aux consommateurs européens. Or la facture des réseaux est salée. Elle s'élève, selon les opérateurs européens, à « environ 50 milliards d'euros par an ».
La bataille avec les Gafa s'annonce difficile
Pour inciter la Commission à mettre les bouchées doubles sur ce sujet, les opérateurs soulignent que les réseaux télécoms sont essentiels pour résoudre certains grands problèmes à laquelle l'Europe est aujourd'hui confrontée. Ils arguent que leurs infrastructures ont un rôle déterminant à jouer dans la « transition verte » et la « nécessité d'atteindre l'indépendance énergétique ». « L'adoption complète de solutions numériques rendra l'utilisation de l'énergie plus intelligente, et contribuera à accélérer l'électrification », arguent-ils, soulignant que « la numérisation peut réduire les émissions de CO2 jusqu'à 20% ». Les opérateurs affirment aussi que leur industrie souffre largement du contexte économique actuel. « Les prix des câbles en fibre optique, par exemple, ont presque doublé au cours du premier semestre 2022, déplorent-ils. « De même, les hausses des prix de l'énergie frappent notre secteur. »