D’après le régulateur américain des télécoms, il manque quelque 3 milliards de dollars pour expurger totalement les réseaux du pays des équipements chinois de Huawei et ZTE, jugés risqués. C’est plus de la moitié de la facture totale de l’opération, qui s’élève à 5 milliards de dollars.Le compte n'y est pas. Alors qu'il y a trois ans, Washington a décidé d'exclure tous les équipements des chinois Huawei et ZTE des réseaux télécoms américains, le financement de cette opération n'est toujours pas bouclé. D'après la Federal Communications Commission (FCC), le régulateur américain des communications électroniques, seuls 40% des coûts sont aujourd'hui couverts. C'est-à-dire 1,9 milliard de dollars, sur une ardoise totale de près de 5 milliards de dollars. De quoi susciter l'agacement de la FCC. Au point que sa présidente, Jessica Rosenworcel, s'est fendue, la semaine dernière, d'une lettre à la sénatrice Maria Cantwell, à la tête du comité du commerce, des sciences et des transports. Dans cette missive, elle prévient qu'« en l'absence de crédits supplémentaires », un système de « priorisation » des retraits des infrastructures chinoises sera mis en place.
Bien sûr, la facture est salée. Mais le fait que les Etats-Unis tardent à mettre la main au portefeuille tranche avec son empressement, en 2019, à bannir les équipements de Huawei et ZTE, jugés dangereux, des réseaux mobiles du pays. Rappelons qu'à l'époque, le gouvernement Trump s'était montré particulièrement sévère à l'encontre de ces mastodontes chinois. Il estimait, en particulier, que les équipements de Huawei pourraient être détournés de leurs fonctions, et utilisés à des fins d'espionnage pour le compte de Pékin. Ce que le groupe de Shenzhen a, pour sa part, toujours démenti.
La croisade de Washington contre Huawei
Les Etats-Unis étaient alors partis en guerre contre Huawei. D'un côté, en lui interdisant de s'approvisionner en technologies américaines. De l'autre, en menant un lobbying effréné, en Europe notamment, pour inciter les pays du Vieux Continent à claquer à leur tour la porte au groupe chinois. Certains pays, comme le Royaume-Uni ou la Suède, ont suivi. D'autres, comme la France, ont préféré limiter sensiblement l'empreinte de Huawei dans les réseaux 5G pour des raisons de sécurité nationale.