Fibre dans les campagnes : Altice se rabiboche avec les industriels

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Alain Weill, le PDG d'Altice France.
Alain Weill, le PDG d'Altice France. (Crédits : REUTERS/Benoit Tessier)
L’opérateur de Patrick Drahi a annoncé qu’il rejoignait InfraNum. Il y a un peu plus d’un an, Altice a pourtant été éjecté de cet organisme qui rassemble les spécialistes des réseaux Internet fixe à très haut débit dans les territoires les moins peuplés de l’Hexagone. Ces derniers avait été échaudés par son projet, abandonné depuis, visant à fibrer la France seul et sans argent public.

Les revoici main dans la main ! Dans un communiqué publié ce mardi, Altice France, qui chapeaute l'opérateur SFR, a indiqué qu'il rejoignait InfraNum. Cet organisme, qui a vu le jour il y a six ans, rassemble les industriels qui déploient la fibre dans les territoires les moins peuplés de France. Dans ces villes moyennes, campagnes et villages, ces entreprises bâtissent des réseaux Internet fixe à très haut débit (appelés RIP, pour Réseaux d'initiative publique) pour le compte des collectivités, avec l'aide financière de l'Etat. Ces déploiements, qui concernent près de la moitié de la population (environ 12 millions de foyers) s'inscrivent dans le cadre du Plan France Très haut débit. Un chantier à 20 milliards d'euros qui vise à offrir une connexion ultra-rapide à tous les Français d'ici à 2022.

Pour Altice France, cette « adhésion » à InfraNum a tout d'un rabibochage. Et pour cause : il y a un peu plus d'un an, en octobre 2017, l'opérateur avait été éjecté de cet organisme, qui s'appelait alors la Firip (Fédération des industriels des réseaux d'initiative publique). C'est, plus exactement, la branche SFR Collectivités, la filiale de l'opérateur au carré rouge dédiée au déploiement de la fibre dans les zones peu denses, qui a été priée de rendre son siège.Pourquoi ? Parce que quelques mois auparavant, le groupe de Patrick Drahi, qui lorgnait une plus grosse part des infrastructures Internet fixe à très haut débit dans l'Hexagone, a annoncé qu'il souhaitait fibrer la France tout seul et sans argent public.

Altice calme le  jeu avec les collectivités

Ses dirigeants avaient multiplié les piques envers le modèle des RIP, affirmant qu'ils étaient même prêts à les doublonner... Cette politique a suscité l'ire des membres, d'InfraNum, inquiets pour l'avenir de leurs réseaux. Mais aujourd'hui, la donne a changé. Altice, qui a essuyé une grave crise commerciale et boursière en fin d'année dernière, a été contraint d'abandonner son plan visant à fibrer seul la France. Son état-major a rapidement changé son fusil d'épaule, affirmant vouloir retrouver des relations apaisées avec les collectivités.

Un changement de braquet et d'attitude qui lui a, visiblement, permis de reprendre sa place à InfraNum. Dans son communiqué, Altice précise notamment, noir sur blanc, « son engagement (...) à assurer la cohérence des initiatives publiques avec les initiatives privées ». Et, surtout, « d'adopter à l'égard des projets ou des réseaux d'initiative publique un comportement loyal en évitant tout doublonnement de réseaux ».

>> Lire aussi : Très haut débit : quand SFR veut fibrer la France tout seul

Contacté par La Tribune, Etienne Dugas, le président d'InfraNum, précise que ces engagements d'Altice constituaient la principale condition à son retour dans l'organisation. « Ils l'ont acceptée, et l'ont confirmée publiquement par écrit, se félicite le responsable. SFR a complètement changé d'attitude, ils ont opéré un virage à 180 degrés. Dans ces conditions, il n'y avait aucune raison de les garder à l'écart d'InfraNum. »

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