Les industriels français de la fibre optique déplorent un fort recul de leurs ventes dans l'Hexagone. Ils blâment leurs concurrents asiatiques, qui ont, récemment, ouvert des usines en Pologne, en Espagne ou en Italie.C'est un communiqué laconique dont s'est fendu, le 29 mars dernier, le Syndicat professionnel des fabricants de fils et câbles électriques et de communication. Dans une très brève missive, l'organisme professionnel a fait état d'une énième et très forte dégringolade des ventes de câbles à fibres optiques. Son indicateur mesurant l'activité trimestrielle des fabricants français a marqué un « fléchissement » de pas moins de 32% au quatrième trimestre 2023 par rapport à la même période l'an passé. Cela signifie, en clair, que les ventes de câbles à fibres optiques reculent très fortement. Interrogé par La Tribune, le Sycabel se veut plus précis. La filière française a vendu environ 10 millions de kilomètres de fibre optique en 2023, contre 13,6 millions l'année précédente.
Cette baisse des ventes de câbles n'est pas une surprise. De fait, le grand chantier visant à déployer la fibre optique dans tout le pays touche à sa fin. Aujourd'hui, plus de huit Français sur dix peuvent accéder à cette technologie, qui permet de bénéficier d'une connexion Internet fixe ultra-rapide. Mais l'ampleur de ce recul des ventes est, en revanche, inattendue. Le Sycabel déplore une hausse des importations de câbles à fibres optiques étrangers, laquelle pénalise la filière.
Les fabricants asiatiques ouvrent des usines en Europe
Longtemps, le syndicat a fustigé les importations massives de câbles venant d'Asie, bien moins chers que leurs équivalents « made in France ». Patron d'Acome, un important fabricant de câbles à fibres optiques français, Jacques de Heere déplorait en 2021, dans nos colonnes, que les opérateurs de l'Hexagone se tournent vers des produits chinois, bien moins chers, pour déployer leurs réseaux. « On s'est fait décoter de 20% à 30% », fustigeait-il alors. Le dirigeant pestait, en particulier, contre les fabricants chinois et la qualité de leurs produits aux normes moins contraignantes. La filière française s'est depuis mobilisée. Elle a porté l'affaire à Bruxelles, et a obtenu gain de cause. L'an dernier, la Commission européenne a notamment doublé les droits anti-dumping sur les câbles à fibres optiques provenant de Chine.