Le conseil d'administration de TIM se penche ce soir sur l'offre de rachat de 10,8 milliards d'euros soumise par le fonds américain il y a plus de trois mois. Jusqu'à présent Vivendi, le principal actionnaire de l'opérateur italien, ne s'y est pas montré favorable.KKR, qui attend depuis plus de trois mois, devrait enfin recevoir une réponse dimanche soir. Le conseil d'administration de Telecom Italia (TIM), réuni à partir de 17h, doit en effet se pencher aujourd'hui sur l'offre de rachat de 10,8 milliards d'euros soumise par le fonds américain en novembre dernier. Il doit notamment se prononcer sur la demande de KKR d'accéder aux comptes de TIM en vue d'un audit approfondi, soit la phase dite de "due diligence" classique, avant de lancer une OPA.
Vivendi, le principal actionnaire de l'opérateur italien, ne s'est pas jusqu'à présent montré favorable à cette offre, de 0,505 euro l'action, ce qui représente une prime de 75% sur le cours de Bourse actuel (0,288 euro). Etant entré au capital de TIM en 2015 à un prix moyen d'achat de 1,071 euro l'action, il la juge trop basse.
L'action de TIM en chute libre
Vivendi privilégie une autre option: une scission entre le réseau de téléphonie fixe et les activités de services, qui permettrait de mieux valoriser chacune des futures entités. Pietro Labriola, le sixième PDG de l'opérateur en dix ans, a multiplié les rencontres avec les investisseurs pour les convaincre de la pertinence de son plan stratégique, approuvé il y a dix jours à l'unanimité par le conseil d'administration.
Mais la chute du titre de TIM, qui a commencé le 3 mars à la Bourse de Milan, au lendemain de la publication du plan et d'une perte nette abyssale de 8,65 milliards d'euros en 2021, sans que l'action n'ait depuis entièrement récupéré ses pertes, met à l'épreuve la patience de fonds d'investissement et de petits actionnaires. "Un refus d'autoriser l'accès" aux comptes serait "contraire aux intérêts des actionnaires", surtout à la lumière "des effets sur le cours boursier" du nouveau plan stratégique, a ainsi prévenu le fonds d'investissement Kairos dans une lettre adressée aux administrateurs, citée par l'AFP.
"La probabilité d'une offre de KKR semble maintenant être très basse, et le fonds pourrait décider de se retirer ou de lancer une OPA hostile", estimaient d'autre part les analystes de Banca Akros il y a une dizaine de jours.