C'est fait. Comme convenu, l'Etat espagnol a indiqué, lundi 20 mai, avoir porté sa participation dans Telefonica à 10%. Cet investissement a été effectué par l'intermédiaire de la Société publique des participations industrielles (Sepi). Le coût total de l'opération s'élève à pas moins de 2,85 milliards d'euros. Aux yeux du gouvernement espagnol, cet investissement était un impératif. Il a été décidé dans la foulée de l'acquisition surprise, au mois de septembre, d'un nouvel arrivant chez l'opérateur historique. Il s'agit du saoudien STC, lequel s'est offert 9,9% du capital pour 2,1 milliards d'euros.
Cette opération a suscité de vives inquiétudes au sein de l'écosystème politique, à gauche comme à droite. L'idée que l'Etat n'ait plus la main sur le devenir de cet opérateur historique, 26 ans après sa privatisation totale, est apparue inacceptable. Pas question, pour l'exécutif, de laisser ce géant, essentiel pour la connectivité du pays, aux commandes d'un groupe étranger. Le gouvernement a, alors, d'emblée affiché sa détermination à revenir coûte que coûte au capital. Désormais, il est le premier actionnaire de l'opérateur historique, devant STC, les banques espagnoles BBVA (4,87%) et CaixaBank (4,48%), et le fonds américain BlackRock (4,48%).
La Sepi a affirmé, lundi dans un communiqué, que cette participation a bien « vocation à être permanente ». Elle « assure à l'entreprise une plus grande stabilité de l'actionnariat pour la réalisation de ses objectifs et contribue à la protection de ses objectifs stratégiques ». Rappelons, aussi, que Telefonica a tissé des liens étroits avec le secteur de la défense, avec qui le groupe a noué d'importants contrats.