Une fois que les fréquences dédiées à cette nouvelle génération de communication mobile auront été attribuées, Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free pourront lancer leur service quand bon leur semble, en fonction de leurs priorités.Les opérateurs croiseront le fer fin septembre. L'Arcep a levé le voile ce jeudi sur la date des enchères 5G. D'après le régulateur des télécoms, celles-ci auront lieu à la rentrée, entre le 20 et le 30 septembre. A cette occasion, Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free batailleront pour décrocher un maximum de fréquences dédiées à cette nouvelle génération de communication mobile. L'enjeu est important : ceux qui en remporteront le plus seront en mesure de proposer un meilleur service que leurs concurrents dans les années à venir, et ainsi, peut-être, ferrer davantage de clients.
L'Arcep n'a pas suivi les appels de certains opérateurs, SFR et Bouygues Telecom, qui souhaitaient repousser l'organisation de ces enchères fin 2020, voire début 2021. L'autorité argue, d'une part, que le secteur des télécoms a globalement bien résisté à la crise du Covid-19. Elle souligne, d'autre part, que les pouvoirs publics ne souhaitaient pas reporter davantage les enchères. Celles-ci devaient initialement avoir lieu au mois d'avril, mais n'ont pu se dérouler comme prévu suite à l'épidémie de coronavirus.
L'Arcep veut une 5G « choisie et progressive »
Ce choix de l'Arcep ne ravira donc pas Bouygues Telecom et SFR. Ces dernières semaines, ces acteurs ont déclaré, à maintes reprises, que la 5G n'était plus la priorité du pays. Bouygues Telecom estimait préférable que le secteur mette davantage de moyens pour achever la couverture 4G, notamment dans les zones blanches qui ont souffert d'un mauvais accès au numérique pendant le confinement, avant d'investir dans cette nouvelle technologie. D'après l'opérateur de Martin Bouygues, la 5G n'apportera fondamentalement rien de nouveau pour les consommateurs avant 2023.
Ces sorties de Bouygues Telecom et de SFR ont toutefois poussé l'Arcep à modifier une importante obligation liée à l'attribution des fréquences 5G. L'autorité autorise désormais les opérateurs à lancer la 5G quand bon leur semble, une fois les fréquences attribuées. « Nous souhaitons que l'arrivée de la 5G soit à la fois choisie et progressive, a déclaré Sébastien Soriano, le président de l'Arcep, lors d'une conférence de presse en ligne. Nous avons entendu que certains opérateurs avaient plus d'appétence pour la 5G que d'autres. » Résultat : l'Arcep a levé une obligation qui forçait, jusqu'alors, Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free à couvrir au moins deux villes en 5G d'ici la fin de l'année. « Nous ne voulons pas être dans une posture où l'Etat forcerait les opérateurs à lancer la 5G, a insisté Sébastien Soriano. Les opérateurs seront libres de choisir quand lancer cette technologie. »