Telecom Italia : Vivendi range les armes face à Elliott

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Vivendi souhaite que le conseil d'administration de Telecom Italia soit « plus transparent et plus inclusif ».
Vivendi souhaite que le conseil d'administration de Telecom Italia soit « plus transparent et plus inclusif ». (Crédits : Remo Casilli)
Lors d’une assemblée générale des actionnaires, ce vendredi, le géant français des médias a choisi de retirer sa demande de révocation de cinq administrateurs proches du fonds activiste américain. Une manœuvre présentée comme un geste d’apaisement. Même si, en réalité, la demande de Vivendi avait peu de chances d’aboutir.

Le combat n'aura pas lieu. Très attendue, l'assemblée générale des actionnaires de Telecom Italia, ce vendredi, n'a pas débouché sur un bras de fer entre Vivendi et Elliott, les deux premiers actionnaires de l'opérateur historique italien - avec respectivement près de 24% et 10% des parts. Le géant français des médias a choisi de retirer sa demande de révocation de cinq administrateurs (sur un total de quinze) proches du fonds activiste américain. Vivendi a présenté ce retrait comme un marque d'apaisement, après de violentes passes d'armes, à coups de communiqués au vitriol, avec Elliott.

Initialement, Vivendi avait fait inscrire cette demande pour reprendre les rênes de Telecom Italia. Il s'était fait chiper le contrôle de l'opérateur historique italien par Elliott au printemps dernier, lors d'une précédente AG. Et n'a cessé, depuis, de critiquer la gestion du fonds américain. Cela a débouché sur une bataille de pouvoirs entre les deux actionnaires, alors que groupe, lesté d'une dette de 25 milliards d'euros, est en grande difficulté. Au troisième trimestre 2018, il a notamment fait état d'une perte colossale de 1,4 milliard d'euros, contre un bénéfice de 437 millions d'euros l'année précédente à la même période.

Vivendi veut un conseil « plus transparent »

Reste que la demande de Vivendi avait, en réalité, peu de chances d'aboutir. Il ne serait guère étonnant que le groupe de médias ait décidé de la retirer à la dernière minute, afin d'éviter une nouvelle défaite face à Elliott. Directrice juridique de Vivendi, Caroline Le Masne de Chermont a déclaré, rapporte l'AFP, que cette décision visait à retrouver un climat plus serein entre les actionnaires.

« Vivendi a investi quatre milliards d'euros dans Telecom Italia, a-t-elle rappelé. En tant qu'actionnaire de long terme, il voit un grand potentiel dans cette entreprise et a toujours exprimé sa volonté d'établir les meilleures conditions pour restaurer de la valeur. Vivendi souhaite, encore plus que les autres actionnaires, restaurer une gouvernance harmonieuse et collégiale. »

Caroline Le Masne de Chermont a ajouté que les importantes tensions entre les actionnaires avaient affecté l'évolution du titre, qui a perdu 30% en Bourse en un an, le fonctionnement du groupe, comme ses résultats. Vivendi souhaite toutefois que le conseil d'administration soit « plus transparent et plus inclusif », rapporte l'AFP. Le groupe de Vincent Bolloré a assuré que « si ces changements survenaient, comme annoncés par le directeur général (Luigi Gubitosi), ce dernier pouvait compter sur son soutien loyal ».

Jusqu'à présent, Vivendi et Elliott n'étaient pas d'accord sur plusieurs dossiers chauds. Un gros différend porte sur l'avenir d'un actif majeur de l'opérateur : son réseau Internet fixe. Si Vivendi est d'accord pour qu'il devienne une entité juridique distincte des autres activités du groupe, il refuse que Telecom Italia en abandonne le contrôle. Au contraire d'Elliott, qui milite pour une séparation totale de ce réseau, avec l'idée de l'introduire en Bourse ou de le fusionner avec Open Fiber, un concurrent qui déploie de la fibre dans la Botte.

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Commentaires
a écrit le 29/03/2019 à 18:00 :
Face à des fonds US qui possèdent une énorme puissance de feu médiatique, je vois pas ce qu'il auraient pu faire...prendre des participations majoritaires ne sert à rien si on ne dépasse pas 50.1 % surtout en Italie....Telecom Italia va vivre le même sort qu'Alitalia, personne n'en voudra plus. Ciao Bella...

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