Twitter: Trump débouté de sa plainte pour « censure illégale et inconstitutionnelle »
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C'était il y a seize mois. Au lendemain de l'attaque contre le Capitole, les réseaux sociaux décidaient de bloquer, d'abord temporairement, Donald Trump en masquant ses messages les plus problématiques jetant de l'huile sur le feu. Le 7 janvier 2021, Facebook et Twitter bannissaient, pour respectivement, 24 et 12 heures, le président américain sortant.
Jusqu'alors, Twitter publiait seulement un message d'avertissement sur la véracité du contenu, mais estimait que les propos de Donald Trump, même faux, relevaient de l'intérêt général de par sa fonction de président des Etats-Unis. Mais face à l'escalade de la violence et à la multiplication des critiques, depuis des mois, sur leur réaction jugée trop minimale aux provocations du président américain, les deux plateformes avaient décidé de réagir en ne rendant rendre visibles les messages les plus problématiques.
Fait inédit : la plateforme de microblogging avait également menacé le président américain de suspension permanente de son compte s'il ne supprimait pas de lui-même les trois tweets jugés les plus problématiques et actuellement bloqués. Des paroles aux actes, elle avait suspendu son compte de façon permanente deux jours plus tard, le 9 janvier 2021.
Six mois plus tard, l'ex-président américain annonçait qu'il déposait plainte contre les plateformes, en les accusant d'être responsables d'une « censure illégale, inconstitutionnelle ».
Une plainte dont le milliardaire républicain a été débouté le 6 mai. « Les plaignants ne sont pas en position de force », a affirmé le juge californien James Donato, car « Twitter est une entreprise privée », et « le Premier amendement (sur la liberté d'expression, Ndlr) ne s'applique qu'aux restrictions à la parole imposées par le gouvernement ».
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Avant d'être évincé de Twitter, Donald Trump y comptait quelque 89 millions d'abonnés. Il demandait aussi au tribunal de déclarer inconstitutionnelle la Section 230, une loi de 1996 qui protège les hébergeurs sur internet de poursuites liées aux contenus publiés par des tiers. Mais le magistrat a répondu que cela ne tenait pas à moins que les plaignants ne prouvent qu'ils ont subi des dommages.
La décision intervient alors qu'Elon Musk a passé un accord avec le conseil d'administration de Twitter pour racheter l'entreprise californienne pour 44 milliards de dollars. Le patron de Tesla place la « liberté d'expression » au centre de ses justifications sur le rachat. Porteur d'une vision libertarienne de cet idéal, il considère que l'ex-président américain n'aurait pas dû être banni de Twitter, bien que ses messages de contestation de l'élection aient mené à l'invasion du Capitole.
« J'espère que mes pires critiques vont rester sur Twitter, parce que c'est ce que signifie la liberté d'expression », écrivait Elon Musk le 25 avril sur son compte. Une semaine plus tôt, il déclarait : « la politique d'un réseau social est bonne si les 10% les plus à l'extrême gauche et les 10% les plus à l'extrême droite sont autant mécontents l'un que l'autre ». L'homme d'affaires a déjà annoncé qu'il y aurait bien une modération sur les propos tenus sur la plateforme, mais elle devrait être plus permissive que l'actuelle.
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L'ex-président américain a néanmoins déclaré récemment à des médias qu'il n'avait pas l'intention de revenir sur la plateforme même si Elon Musk l'y réinvitait. Il a lancé son propre réseau social en février, baptisé « Truth Social ».
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