AVANT-PREMIERE. Altares et GSC viennent de sortir leur cinquième baromètre de la perte d’emploi chez les chefs d’entreprises, présenté en exclusivité à La Tribune. Des chiffres basés sur les faillites, qui démontrent une baisse générale, en France et en région AuRA. Mais les deux structures préviennent : avec la crise sanitaire, ces chiffres sont en "trompe l’œil" et la prudence est de mise pour 2022.En 2020, 32.000 faillites d'entreprises ont été enregistrées en France. En temps normal, ce chiffre tourne autour des 50.000.
En Auvergne Rhône-Alpes, selon le baromètre Altares-GSC, 3.629 chefs d'entreprise ont perdu leur activité professionnelle, ce qui correspond au même nombre de faillites. Un chiffre qui, s'il s'affiche en baisse significative par rapport à 2019 (-39,8%), positionne AURA comme "la deuxièmerégion la plus impactée par le chômage des entrepreneurs, après l'Ile-de-France", précise l'étude.
Une position qui s'explique en premier lieu par le terreau entrepreneurial et la taille du tissu régional.
Les dirigeants des départements du Rhône (956 chefs d'entreprises) et de l'Isère (577 dirigeants) représentent à eux seuls près de la moitié des pertes d'emploi de la
région. A l'inverse, les régions où l'emploi des dirigeants d'entreprises a le mieux résisté sont la Loire (349 ; - 43,8 %), Allier (119 ; - 42 %), Haute-Savoie (369 ; - 41,5 %),
Drôme (233 ; - 39,8 %).
Du côté des secteurs d'activités, si tous sont représentés, ce sont les domaines de la construction et du commerce qui concentreraient à eux deux près de la moitié des pertes d'emploi de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Avec, pour le secteur de la construction et du bâtiment, 809 des chefs d'entreprises impactés durant cette crise au niveau régional, tandis que dans le secteur du commerce, 810 dirigeants ont été contraints de placer leur entreprise en liquidation judicaire en 2020.
"Malgré un recul historique, 3.629 femmes et hommes chefs d'entreprise se retrouvent sans activité en région Auvergne-Rhône-Alpes, un niveau dramatiquement élevé. Ces chiffres doivent nous inciter à la plus grande prudence car l'arrêt progressif des aides va provoquer un véritable raz-de-marée", met en garde Anthony Streicher, Président de l'association GSC.
D'autant plus que selon le baromètre Altares-GSC : "L'âge médian des dirigeants impactés en région Auvergne-Rhône-Alpes est de 48 ans, soit un an de plus qu'en 2019. Ces chefs d'entreprise seniors et expérimentés auront donc davantage de difficultés à rebondir après le prononcé de la liquidation judiciaire de leur entreprise. "L'âge moyen a pris un an entre 2019 et 2020. C'est beaucoup", commente le président de GSC.
La crise sanitaire repousse les défaillances
Depuis cinq ans, la société Altares, qui gère des bases de données sur la santé des entreprises, et le groupe GSC, créé il y a quarante ans par les organisations patronales afin de mettre en place une assurance en cas de liquidation, mènent ce baromètre sur l'emploi des entrepreneurs.
Zoé Favre d'Anne, avec ML