Ce n'était pas un secret : depuis plusieurs semaines, l'isérois Soitec planchait sur un projet d'installation d'une nouvelle usine, destinée à produire en grands volumes une nouvelle version de son substrat innovant, le carbure de silicium, destiné aux applications de l'industrie automobile, et notamment à la composition des véhicules électriques de demain.
"Nous prévoyons que d'ici 2030, environ 40% des nouvelles voitures seront électriques. Notre solution SmartSiC unique, hautement performante, durable et compétitive en termes de coûts, répond aux défis industriels, contribue à optimiser l'efficacité énergétique et accélérera l'adoption des véhicules électriques", justifie par voie de communiqué Paul Boudre, directeur général de Soitec.
"Cette extension permettra également de soutenir les activités de Soitec dans le domaine du silicium sur isolant (SOI) en 300 mm", précise également l'isérois.
Avec, comme horizon, de premiers revenus qui pourraient être générés dès le "second semestre de l'année civile 2023", pour des volumes amenés à représenter, à terme, "500.000 voire même plusieurs millions de wafers par an, en fonction des besoins du marché", confirme à La Tribune Thomas Piliszczuk, vice-président exécutif du bureau stratégique de Soitec.
Si le coeur de Soitec oscillait encore, à première vue, entre Singapour et Bernin, il semble que les discussions engagées avec l'Etat sur le rôle stratégique de cette filière, ainsi que les perspectives présentées lors du Chips Act annoncé le 8 février dernier par la Commission européenne (et qui prévoit notamment de doubler le poids de l'Europe dans la production de puces électroniques), aient fait pencher la balance en la faveur du site isérois.