La Tribune - Ce mardi, vous annonciez faire partie des 51 salariés dont se sépare le groupe Alteo, suite à la reprise du fabricant de corindon Niche Fused Alumina. Comment est-ce possible ?
François Hommeril - Je n'ai pas signé pour un départ volontaire. Mais à partir du moment où j'étais le seul représentant de ma catégorie professionnelle (ingénieur procédé, ndlr), ce n'était pas vraiment une surprise de constater que je ne faisais pas partie des 119 salariés conservés par Alteo. Dès l'instant où nous n'avons plus eu, autour de la table, qu'un seul repreneur, et que l'option de Concord qui songeait à reprendre l'ensemble des effectifs a été écartée, nous avons engagé deux cycles de discussions avec Alteo pour essayer de discuter sur les effectifs qui pourraient être repris.
La Tribune - Même après avoir été élu en 2016 à la tête de la CFE-CGC, vous aviez continué à faire partie des équipes de l'usine de La Bâthie (Savoie) et vous aviez été à ce titre, l'un des chefs de file des négociations du côté des syndicats, lors de la reprise d'Alteo : votre intervention a-t-elle permis de faire monter le dossier sur la scène nationale ?
François Hommeril - Je me suis beaucoup impliqué, à titre personnel, sur les emplois liés à la fabrication. Il est toujours compliqué de parler pour soi quand on est représentant syndical. Mais au final, il était clair que si le tribunal accordait le dossier à Alteo, je ne serai pas repris.
La Tribune - Vous étiez pourtant l'un des représentants syndicaux de l'usine : cette décision est-elle légale?
François Hommeril - Dans le Code du travail, il s'agit surtout d'une question de procédure. Etre délégué syndical n'empêche pas d'être licencié économique, mais rend la procédure un peu plus longue.