Pourquoi les bennes à vêtements croulent sous les dons
Stéphanie Gallo Triouleyre
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Dans les six mois à venir, la moitié des petits acteurs de la collecte des vêtements usagés pourraient disparaître.
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ENQUÊTE (1/2). La collecte de vêtements usagés en France est confrontée à une crise majeure, avec des débouchés d’exportation en forte diminution, notamment en Afrique, où les fripes françaises sont désormais en concurrence avec celles de la Chine.
Un peu partout en France, les mêmes messages d'alerte apparaissent ces derniers mois. Dans le Puy-de-Dôme et dans l'Allier par exemple, Emmaüs a retiré plusieurs de ses bennes de collecte de vêtements usagés. Le Secours Populaire et la Croix-Rouge demandent aussi aux donateurs de ne plus déposer de vêtements.
La direction du Relais, qui assure près de la moitié de la collecte en France, assure quant à elle résister et « ne pas se trouver dans une situation de blocage l'obligeant à stopper ses collectes ou à arrêter la pose de nouveaux conteneurs ». Pour autant,les collecteurs croulent globalement sous les tonnes de vêtements usagés, dont une bonne partie est d'ailleurs issue de la fast-fashion.
En 2023, plus de 268.000 tonnes de vêtements avaient été collectées via 47.551 points d'apport volontaire.Un volume à mettre en parallèle des 833.00 tonnes de produits mis sur le marché par la filière textile d'habillement, linge de maison et chaussures la même année.
Parmi ces vêtements collectés, près de 59 % ont été valorisés par la filière (collecteurs/trieurs) pour une réutilisation de seconde main, lui assurant ainsi plus de la moitié de ses revenus (source : rapport d'activité 2023 de Refashion). Mais seuls 10 % environ seraient revendus dans les boutiques françaises des associations et des entreprises de l'ESS. La grande majorité part en effet pour le grand export, en particulier vers l'Afrique.
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