Après la période d'instabilité qu'était 2020, le marché de l'immobilier tertiaire à Lyon redémarre et se place même devant Bordeaux, Marseille, Lille et Toulouse. Et si le nombre de transactions ne reviendra pas au niveau record de 2019, il s'annonce d'ores et déjà meilleur que l'année passée, tout en évitant la spéculation du marché du locatif. Post-crise, le secteur n'échappe cependant pas à de nouveaux usages, qui incluent désormais le télétravail et le besoin d'ouverture, ainsi qu'à une volonté de dé-densification du Grand Lyon."Le marché tertiaire a redémarré en septembre 2021, le semestre est correct mais la crise est encore présente dans l'esprit des entreprises. On a observé une nouvelle dynamique au retour des vacances", annonce Stéphane Jullien, directeur départemental de JLL, entreprise qui accompagne les bailleurs et les entreprises dans leurs investissements et transformations.
Le parc immobilier tertiaire de la Métropole de Lyon représente environ sept millions de mètres carrés. Et 2019 était à ce titre également une année "record", voire même jugée "exceptionnelle", pour le marché de l'immobilier tertiaire avec 443.000 m2 placés, contre 218.000 m2 en 2020 et 178.000 m2 en 2021 (chiffres du Cecim arrêtés en septembre).
"Fin 2021, on devrait arriver à 250.000 m2", prédit Benoit de Fougeroux, directeur régional BNP Paribas Real Estate, Rhône-Alpes-Auvergne-Bourgogne.
"L'antichambre de l'économie"
En 2021, 16% des transactions sont du clé en main (construit pour l'utilisateur), 40% concernent du neuf et 16% de la seconde main. Sachant qu'un "immeuble n'est plus considéré comme neuf s'il est utilisé depuis plus de cinq ans", précise le directeur régional de la BNP.
En termes de transactions, hors Paris, Lyon se classe devant Bordeaux, Marseille, Lille et Toulouse. La location représente 80% de ces transactions et la majorité sont réalisées par des petites et moyennes entreprises. "Notre principal socle, ce sont les surfaces allant jusqu'à 1.000 m2, c'est la plus grande partie des transactions", selon Benoît de Fougeroux.
Cette reprise est aussi synonyme du retour des grands utilisateurs, occupant des bureaux de plus de 1.000 m : "Impactés par la crise, ils ont tous gelé leurs projets immobiliers. Les entreprises attendaient d'avoir de la visibilité pour réinitialiser leurs projets immobiliers", commente Stéphane Jullien.
"Nous sommes l'antichambre de l'économie, plus il y a du mouvement, plus les entreprises sont en confiance", analyse de son côté Benoît de Fougeroux.
Et à l'échelle du Grand Lyon, il faut dire que les prix de l'immobilier tertiaire affichent une certaine stabilité, contrairement à ceux des logements. "A Lyon, il y a très peu d'augmentation de loyers, le marché du tertiaire n'est pas spéculatif et assez sain et transparent", affirme Stéphane Jullien.