Déploiement de la fibre : la Loire s'affiche comme l'un des meilleurs élèves français
Stéphanie Gallo Triouleyre
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Avec 88% de ses "prises" commercialisables avec une offre de fibre optique, la Loire (762.000 habitants) s'affiche comme la pionnière française, en régions, du déploiement de la fibre sur réseau d'initiative publique. Mais des écarts demeurent...
Alessandro Bianchi
Alors que le gouvernement français table toujours sur l'objectif de couvrir plus de 80% de la population d'ici à la fin de l'année prochaine, la Loire, qui accueillait cette semaine l'Université du très haut débit, a été une des premières collectivités en 2005 à appuyer sur le bouton de la fibre optique et à investir dans un réseau d'initiative publique. Résultat : elle dispose désormais d'un des meilleurs taux de couverture en France, même si quelques écarts demeurent au sein même de sa métropole.
Avec 88% de ses "prises" - selon le terme consacré dans ce secteur- commercialisables avec une offre de fibre optique, la Loire (762.000 habitants) s'affiche comme la pionnière française, en régions, du déploiement de la fibre sur réseau d'initiative publique (RIP).
A titre de comparaison, sur des territoires de taille équivalente, ce taux de couverture était au deuxième trimestre 2021 de 77% pour le Haut-Rhin et le Calvados, 58% pour le Maine-et-Loire, ou encore 57% pour le Gard (Source Ydata et sa plateforme ZoneADSL.com)...
"Le département de la Loire est le premier département fibré. Il a été le premier à s'emparer de ce sujet pour équiper l'ensemble de son territoire. L'histoire remonte à plus de 15 ans ici",se souvient Etienne Dugas, le président d'Infranum (fédération fondatrice du comité stratégique de filière des infrastructures numériques).
A l'occasion de l'Université d'été du THD qui se tenait cette semaine à Saint-Etienne, l'expert ne tarit pas d'éloges. "La Loire a essuyé les plâtres des RIP mais elle a formidablement réussi. Elle a presque terminé d'ailleurs, ce qui lui permet aujourd'hui de regarder ailleurs, pour être de nouveau pionnière sur d'autres sujets, en lien avec la fibre".
Un déploiement en deux temps
Le déploiement s'est opéré en deux phases. La première, dès 2005, sous l'ère de l'ex-président du Département, Pascal Clément, et sous l'impulsion de son vice-président en charge de l'économie Georges Ziegler, devenu désormais président à son tour.
Il s'agissait alors du premier réseau d'initiative publique confié en concession pour 20 ans à l'entreprise LOTIM. Ce premier RIP a permis de raccorder l'ensemble des zones d'activités du territoire. "C'était vraiment visionnaire à l'époque. Et cela a représenté un véritable atout d'attractivité pour notre territoire", souligne Séverine Reynaud, vice-présidente du Département déléguée au numérique.
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La deuxième étape a été engagée en 2010, avec la définition par l'Etat de trois zones : les zones denses, les zones moyennement denses (dont fait partie Saint-Etienne par exemple) assorties d'appels à manifestation d'intérêt d'investissements (zones AMII) remportées pour les ¾ par Orange et le reste par SFR, et enfin les zones RIP pour lesquelles les collectivités locales ont été autorisées à prendre la main pour un déploiement en direction des professionnels mais aussi des particuliers.