C'est un déplacement vraisemblablement organisé « en dernière minute », qui répond en partie à l'agenda politique du parti présidentiel à moins d'un mois des élections européennes du 9 juin prochain : le Premier ministre Gabriel Attal, en meeting à Lyon hier soir aux côtés de la candidate Renaissance Valérie Hayer, visitera ce mardi 14 mai le chantier du tunnel de base du Mont-Cenis, entre la France et l'Italie, qui devrait relier les deux pays par le rail à partir de 2032.
Cette future ligne, qui vise à enlever sur le papier un million de camions des routes chaque année (en fonctionnement optimal), mais aussi augmenter les trafics voyageurs en gagnant 1h30 sur le trajet actuel, est dans les cartons depuis une trentaine d'années, au prix de nombreux atermoiements, notamment côté français. Désormais, le projet revient peu à peu au centre du jeu à la faveur de plusieurs éléments. Ce, notamment après les éboulements d'août 2023 en Maurienne, ayant provoqué l'interruption encore effective de la ligne ferroviaire historique entre Paris et Milan.
Car côté français, le dossier de la LGV semblait paralysé depuis plusieurs années. Si les études et le financement des voies italiennes sont bouclés, la France a quant à elle pris un retard conséquent qu'elle ne pourra vraisemblablement pas rattraper : le tunnel transfrontalier de 57,5 kilomètres (le plus long du monde) pourrait ouvrir dans huit ans sans voies ferrées en direction de Lyon. Les trains devraient alors emprunter dans les premiers temps une route ferroviaire en direction de Dijon, avec un plus petit dimensionnement, dans l'attente de concrétiser le projet dans son ensemble, à l'horizon des années 2040.