Pourquoi les agents immobiliers doivent mieux considérer les locataires

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50% des locataires du secteur privé consacrent plus de 27% de leur budget pour se loger. (Photo : Reuters)
50% des locataires du secteur privé consacrent plus de 27% de leur budget pour se loger. (Photo : Reuters)
Trop d'agents immobiliers négligent les relations humaines avec les locataires. A l'avenir, ils ont tout à gagner à les améliorer.

Clairement pas en position de force sur les marchés tendus, les locataires - 40% des ménages en France - subissent parfois la condescendance de professionnels de l'immobilier qui ne les considèrent pas comme des clients à part entière. Une situation qui peut être difficile à accepter au regard des montants importants déboursés pour se loger.
Il n'y a qu'à voir les déclarations lors d'une conférence de presse le 14 janvier dernier du président de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim), Jean-François Buet - pourtant loin d'être le plus dédaignant de la place vis-à-vis des locataires - qui définissait les clients de ses adhérents comme étant "les acquéreurs et les vendeurs" ; et oubliant presque que les locataires paient des frais aux agents immobiliers pour un service rendu… 

Le locataire est perçu comme un flux financier...

"C'est très clair, le regard du professionnel se porte d'abord sur le propriétaire. Le locataire du secteur privé a été le parent pauvre de la relation locative ces dernières années", confirme ainsi Henry Buzy-Cazaux, président de l'Institut du Management des Services Immobiliers (Imsi) et expert reconnu du secteur de l'immobilier. "Souvent, seul le client qui a donné mandat à l'agent immobilier est considéré", s'inquiète-t-il. Le locataire est alors perçu uniquement comme une source de revenu financier, "au détriment de l'humain", regrette-t-il.

... pour toute sa vie ?

Du reste, ce constat pose deux problèmes majeurs : le premier est qu'avec la crise économique, de plus en plus de locataires voient s'éloigner la perspective d'accéder à la propriété là où ils le souhaiteraient. La location n'est plus un rite de passage dans le cadre d'un parcours résidentiel aboutissant à la propriété immobilière, mais bien un moyen d'occuper son logement sur la durée. De surcroît, la moitié des locataires du secteur privé consacrent plus de 27% de leur budget à leur logement. Il devient donc d'autant plus difficile pour les locataires d'accepter d'être dévalorisés à cause du seul statut d'occupation de leur logement.

Pas étonnant dans ce contexte que la fracture s'accroisse entre une partie de la population et les agents immobiliers. Ces derniers regrettant par ailleurs, et souvent à juste titre, les critiques systématiques à leur endroit.

Désormais, être locataire est "devenu un vrai statut sur la durée. On a mis trop de temps à le constater", regrette Henry Buzy-Cazaux. "À un moment donné, il faut reconnaître que certains professionnels s'égarent", ajoute-t-il.

La loi Alur donne plus de pouvoir aux locataires

Le second problème posé par la dévalorisation du locataire est plus concret pour les professionnels de l'immobilier. En effet, dès que la loi pour un accès au logement et un urbanisme rénové (Alur), récemment votée au parlement, s'appliquera, les locataires auront davantage de moyens pour contester les abus.

Si au regard de leur pouvoir de négociation très défavorable dans les zones tendues, il y a fort à parier qu'ils ne se risqueront pas à contester... sauf dans certains cas. Henry Buzy-Cazaux constate ainsi que les locataires se satisfont de leur situation dans des logements chers et petits à condition "que la relation humaine avec le professionnel et/ou le propriétaire, ainsi que la qualité du logement soient bonnes". Les agents immobiliers exerçant dans les zones tendues auront donc tout intérêt, dans un cadre préventif, à mettre l'accent sur l'humain pour éviter les désagréments des commissions de conciliation.

Plus de locataires agents immobilier ?

Dans son institut qui forme notamment de futurs agents immobiliers, Henry Buzy-Cazaux travaille pour sa part sur le profil de ses étudiants. Il s'attache à former à la profession immobilière "davantage de fils et de filles de locataires, que de fils et de filles de grands propriétaires ; ainsi que moins de profils fortunés et plus d'étudiants provenant de milieux modestes". Un moyen assurément plus efficace pour améliorer durablement les relations entre les locataires et les professionnels de l'immobilier.

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Commentaires
a écrit le 24/04/2014 à 16:03 :
Entendu chez un agent immobilier : "On ne mélange pas les torchons et les serviettes"... devinez qui étaient les torchons, qui étaient les serviettes...

Bon article qui pose les vrais problèmes sans démagogie.
a écrit le 22/04/2014 à 13:43 :
Les agents immo devraient faire attention à bien traiter les locataires qui sont souvent de futurs acheteurs. J'ai eu de bonnes relations avec une agence, 2 autres m'ont arnaqué (amputation de caution partielle ou totale malgré un état des lieux de sortie vierge) ; aujourd'hui propriétaire et en passe d'investir à nouveau, lorsque je tombe sur une annonce d'une des ces "mauvaises agences", je ne manque pas de leur rappeler que leurs mesquinerie pour quelques centaines d'euros leur coûte aujourd'hui une vente.
a écrit le 20/04/2014 à 19:11 :
AAAhh Les agents immobiliers.... Le plus gros ramassis de raclures de l'espèce humaine. Maintenant que la fete est finie, on commence a les entende chialer ... Je le dis tout net: qu'ils crevent la gueule ouverte :)
Réponse de le 21/04/2014 à 7:39 :
Et les subventions, niches fiscales, crédits à outrance de l'ère sarkozy ( qui va sauver le pays en 2017, si)?
a écrit le 20/04/2014 à 15:12 :
Dans la nature aussi il y a des charognards mais ils sont indispensables! Pas comme les agents immobiliers!
a écrit le 20/04/2014 à 14:59 :
J'invite le journaliste qui a écrit cet article a venir passer une journée dans une agence immobiliere....
Je suis pas sur a l'issu qu'il écrive ce genre d'article clientélisme.
Réponse de le 20/04/2014 à 18:51 :
l'article décrit parfaitement mon experience, peut etre que vous travaillez dans une agence différente.... en province?
a écrit le 19/04/2014 à 20:40 :
euh, le sourire commercial ne dure que le temps de la vente, dans le secteur immobilier comme dans les autres secteurs :-) d'autant plus que le locataire ne change pas de logement tous les matins :-)
a écrit le 19/04/2014 à 19:33 :
Reformer la loi Hoguet en profondeur...
Les AI ne sont pas ce qu'ils sont pas nature. Ils optimisent à l'intérieur d'un cadre créé avant internet. C'est tout. Du coup, ils ne s'adaptent pas et peuvent s'avérer nuisibles au système dans son ensemble à tirer les prix vers le haut pour prendre les mandats.
a écrit le 19/04/2014 à 18:06 :
Remarquez que dans les zones tendues, comme Paris, les propriétaires sont eux aussi traités comme des moins que rien par les agences. La seule chose qui les intéresse est d'encaisser le chèque, et c'est tout!
a écrit le 19/04/2014 à 13:47 :
Les professionnels de l'immobilier sont clairement du coté des propriétaires. Il suffit d'écouter leurs commentaires pour le comprendre : les bonnes nouvelles c'est quand le prix de l'immobilier augmente, et les mauvaises c'est quand une baisse est en vue en ignorant superbement la moitié des français qui ne sont pas propriétaires et qui, eux, voient au contraire d'un bon œil les prix baisser. Les candidats à l'achat ne sont pas mieux lotis car les agents immobiliers proposent systématiquement des biens au dessus du budget initial prévu en invoquant le fameux "prix du marché" qui rendrait votre budget ridicule ! Mettent-ils autant d'énergie à décider les propriétaires trop gourmands à baisser leur prix, je n'en suis pas sûr...
Réponse de le 19/04/2014 à 14:03 :
j aimerai que l 'immobilier baisse et il devrait ......quand on voit toutes ces maisons fermeés et à vendre , il ya des régions ou on peut acquérir un maison de 120 à 130 m² avec 3000 ou 4000 m² de terrain pour 80 000€ voire beaucoup moins !!il y a 2 frances paris et 2 ou 3 grandes villes et le reste c'est à dire la vraie france
Réponse de le 19/04/2014 à 14:50 :
"il y a 2 frances paris et 2 ou 3 grandes villes et le reste c'est à dire la vraie france " : Dès qu'il y a des emplois dans la vraie France ou des infrastructures (route & transport) pour rejoindre ces emplois, les prix de l'immobilier suivent.
Imaginer qu'il n'y a que Paris intra-muros et quelques grandes villes où les prix sont délirants, c'est avoir perdu la valeur de l'argent et être incapable de faire un calcul simple : Est-ce que les propriétaires actuels pourraient acheter aux prix afficher?
Réponse de le 19/04/2014 à 16:31 :
Sauf que Paris et les 4 plus grandes métropoles de Province produisent 80% de la richesse du pays....c'est sûr c'est peut être pas la "vraie" France, mais c'est elle qui assiste les zones rurales.
Réponse de le 20/04/2014 à 8:18 :
Vous confondez richesse et valeur ajoutee. La France etant tres centralisee, tous les sieges et toutes les administrations avec les plus hauts salaires y sont localises, mais cela ne produit pas grand chose. Il faudrait mieux parler de haut lieu de captation de la plus-value, plutot que de centres de creation de richesse.
Réponse de le 20/04/2014 à 9:12 :
Combien de fois faudra t il dire que pour l immobilier le vrai probleme est dabord l hiper centralisme en france . En province ( bordeaux toulouse que je connais bien) si on accepte 1/2 h de voiture la règle 1/3 pour le terrain et 2/3 pour la construction est respectée : soit 80 000 e et 160 000 e sachant que depuis 2008 les terrains ont baissé mais par contre le prix de la construction a explosé (rte2012) . Les jeunes ingenieurs ou techniciens qui bossent chez thales dassault etc ..pres de l aeroport de bordeaux n ont aucune difficulté pour acheter a une trentaine de kms vers l ocean ( l enfer!) .
Réponse de le 20/04/2014 à 11:14 :
Affirmation fantasque quand on sait que les 5 régions les contributrices pèsent environ 50% du PIB, dont 25% pour la seule île de France. Alors Paris + 4 grandes métropoles...
Réponse de le 20/04/2014 à 21:27 :
En 2011 la région parisienne produisait 30% du PIB Français, soit quelques 607 milliards d'euros, soit plus que le PIB des Pays Bas ou de la Turquie. 30% de la richesse nationale pour seulement 8% de la population française....appelez ça comme vous voulez mais la région capitale est bien le centre et le coeur de la France!
Réponse de le 20/04/2014 à 22:50 :
Merci de confirmer que votre propos initial était fantasque.
Réponse de le 21/04/2014 à 9:41 :
@parigo : personne ne nie que la RP produit 30% de la richesse nationale ! La question est : quand une vraie decentralisation? Le grand paris va renforcer le centralisme ..Pas certain que les parigos le souhaitent ..Dans ma famille 2 neveux ingenieurs habitent paris ( studios petit 900e/mois) ; ils bossent en banlieue ?! .
a écrit le 19/04/2014 à 12:47 :
Les locataires sont la vache à lait de toute une catégorie de rapaces
qui vie sur le dos de personnes qui déboursent la moitié de leur budget pour ne pas être dans la rue .
Alors qui sont les assistés !!!
A quand une loi qui oblige ces voraces à diminuer de moitié le bien qui souvent a été acquis de façon dont il ne vaut mieux pas chercher la source , et qui en général n'a pas la valeur qui est ordonnée par ces possesseurs .
Réponse de le 20/04/2014 à 18:54 :
complétement d'accord... mais je ne crois pas que cela va changer... Ceux qui font les lois n'ont pas forcement envie d'aider les non propriétaires car eux meme sont propriétaires voire multi propriétaires...
Réponse de le 22/04/2014 à 6:40 :
c'est un cancer pour l'économie, il va bien falloir s'y attaquer et le plus tôt sera le mieux et le moins douloureux
a écrit le 19/04/2014 à 12:15 :
Ne nous y trompons pas. L'immobilier est cher en France par décision politique ! Les aides multiples en faveur de l'acheteur (taux zéro, déduction fiscal des intérêts, réduction de la taxation des plus-values après quelques années...) poussent inéluctablement à la hausse des prix... A l'opposé, les placements en actions sont lourdement taxés.
Réponse de le 19/04/2014 à 17:10 :
L'immobilier est aussi très taxé, frais à l'achat (droit de mutation ou TVA), taxe foncière exorbitante. Rien que ça c'est déjà 10% du montant d'un logement. Après si les gens trouve normal de payer pour du vent bas qu'ils continuent à payer sans rien dire.
a écrit le 19/04/2014 à 11:25 :
Notre endettement depuis 40 ans est du à l'immobilier ou un strate d'argentiers épongent le marché au détriment des couches populaires, tant que ce système ne sera pas inversé alors on foncera dans le décors à vitesse maxi . Les différents gouvernements comme celui-ci se sont complètement planté sur la maladie économique de notre pays .
a écrit le 19/04/2014 à 9:57 :
Si l'agent immo fait trop de courbettes ,c'est pas bon signe,c'est qu'il y a un risque de se faire avoir,alors mieux vaut un rapport franc et cordial qu'un rapport mielleux qui sonne faux
a écrit le 19/04/2014 à 9:54 :
Cette attitude n'est pas propre aux agents immobiliers,elle se retrouve au guichet de l'URRSAF ,au contact des forces de l'ordre,le fisc comme la poste ont fait des progrès.
De plus c'est pas bien de généraliser,il ya des condescendants partout même au gouvernement
Réponse de le 19/04/2014 à 10:10 :
On peut y rajouter les vendeuses de boutique,certains journalistes,le personnel Air France.Les etrangers pensent que c'est l'attitude naturelle du Français en général
Réponse de le 19/04/2014 à 12:08 :
Je suis d'accord avec vous. Si c'est désagréable avec toutes les professions, il y a celles que l'on peut éviter. Si un commerçant est incorrect vous allez chez un autre. Mais il y celles qui sont incontournables : dans les services publics c'est inadmissible et les responsables de service doivent gérer ces problèmes, changer les états d'esprit...
Réponse de le 19/04/2014 à 12:09 :
Oui, Yoyo, il y a aussi des cireurs de pompe à l'Elysée...
a écrit le 19/04/2014 à 9:44 :
A l'époque ou j'étais encore locataire je me souviens avoir remis les pendules à l'heure à un(e) agent(e). Il aura fallu que je lui lâche un gros "arrêtez d'être condescendante" pour qu'elle se souvienne qui est le client et qui est le prestataire. J'ai souvent rencontré cette sensation d'être pris de haut par ces agents. Maintenant l'évolution a changé la chaine alimentaire et c'est moi qui fout la pression aux syndics (souvent liés aux agences).
Réponse de le 19/04/2014 à 13:13 :
Merci.
Réponse de le 19/04/2014 à 14:37 :
"J'ai souvent rencontré cette sensation d'être pris de haut par ces agents." : J'ai eu ce sentiment avec quelques agents et j'avoue m'être marré intérieurement en me disant "Coco, si tu prends pour des ploucs ceux qui ne sont que dans les 20% des meilleurs revenus à 25 ans, tu ne vas pas les avoir comme client demain".
Maintenant que le marché est grippé, que la hausse qui alimentait la sur-enchère des secondo-accédants se transforme en baisse, je me marre en les voyant gueuler comme des putois contre Duflot pour que mes impôts alimentent à nouveau la hausse des prix en subventionnant la demande.
La purge ne fait que commencer!
Réponse de le 20/04/2014 à 18:59 :
merci, completement d'accord avec vois 2 commentaires.

idem, faisant partie des 10% les plus riches en salaires mais etant jeune sans suffisament d'apport pour acheter (et pas assez fou pour moi pour acheter a paris avec ces prix délirants), ils peuvent toujours rever de m'avoir comme client dans le futur qd je m'acheterai enfin un appart!

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