Prix de l'immobilier neuf en France : pourquoi la hausse est en trompe-l'oeil

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La Tribune Infographie
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La Fédération des promoteurs immobiliers a annoncé une nouvelle hausse des prix en 2010. Mais, à y regarder de près, les baisses sont nombreuses.

L'année 2010 a-t-elle été faste dans l'immobilier neuf ? Pour la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), cela ne fait aucun doute. Selon elle, les ventes ont progressé de 13 % à 117.000 logements. Mieux qu'en 2008 et 2009, même si l'on est loin du record de 2007 (127.000). « Mais elles devraient diminuer en 2011, autour de 110.000, en partie à cause d'une nouvelle hausse des prix de 5 % à 6 % », pronostique Marc Pigeon, président de la Fédération.

Une nouvelle hausse ? Voire. Selon la FPI, en 2010, le prix des immeubles neufs a progressé de 3,9 % en province, à 3.460 euros le mètre carré, et de 9,8% en Île-de-France à 4.500 euros. Soit, au global en France, une hausse moyenne de 6,5 %. Pourtant, en rapportant le prix de vente moyen aux surfaces moyennes par type de logement, « La Tribune » a obtenu des résultats bien différents : entre - 4 % et + 2 % selon les surfaces (voir illustration). En province, les deux-pièces ont même reculé de 6 %, et les trois-pièces de 2 %. Le paradoxe est encore plus frappant en Île-de-France sur les cinq-pièces. En valeur absolue, son prix moyen est passé de 483.238 euros à 554.093 euros (soit 14,6 % de hausse). Mais comme la surface moyenne, dans le même temps, s'est agrandie de 22 mètres carrés, le prix au mètre carré a finalement chuté de 10 % !

Anomalies statistiques

Comment expliquer, alors, la hausse affichée par la FPI ? Marc Pigeon n'a pas de réponse définitive sur ces anomalies statistiques mais « les promoteurs ont fait attention à ne pas laisser les prix s'envoler en valeur absolue ».

Une partie de l'explication tient certainement à l'énorme disparité entre les régions, déjà relevée par les notaires dans le secteur de l'immobilier ancien. D'après la FPI, les prix ont ainsi grimpé de 10 % dans l'agglomération d'Angers mais ont baissé de 3,3 % sur l'ensemble Nice Côte d'Azur. Avec des studios en hausse de 22 % et des trois-pièces de 16 %, l'Île-de-France a certainement joué un rôle de miroir déformant, masquant la stagnation, voire la baisse en province.

Autre facteur : la loi Scellier, qui a attiré les investisseurs locatifs dans le neuf. Cette catégorie représentait 66 % des acheteurs en 2010, contre 44 % deux ans auparavant. Et même plus de 80 % dans des villes étudiantes telles que Montpellier ou Lille ! Friands de studios et de deux-pièces, plus chers au mètre carré, l'afflux massif d'investisseurs a certainement contribué à renchérir les prix moyens... du moins en apparence.

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Commentaires
a écrit le 21/02/2011 à 8:12 :
Si vous ajoutez le fait que les pouvoirs publics ont poussés les HLM à racheter des invendus en neufs, alors vous avez l'état réel du marché
a écrit le 10/02/2011 à 13:34 :
seules les stats des notaires comptent ! _ _ tiens , faudrait supprimer le numerus clausus, et transformer les ordres professionnels en syndicats prof ! cela ferait évoluer cette profession !
a écrit le 10/02/2011 à 13:19 :
On peut difficilement être juge et partie. Les statistiques des pros de l'immobilier ne veulent rien dire. Ils additionnent des choux et des carottes pour obtenir des résultats
dans leur intérêt. Sur le terrain, je constate que les prix augmentent et les surfaces
baissent, sans parler de la qualité de la construction !
a écrit le 10/02/2011 à 12:34 :
A quand une vérification par la TRIBUNE des prix annoncés dans l'ancien par les différentes corporations ? Je suis convaincu de quelques résultats surprenants.
a écrit le 10/02/2011 à 12:10 :
pipeau laser de la profession le krach avait commencé fin 2006 et fin 2007 il y avait encore des pros aux USA pour dire regardez dans les quartiers où vivent les banquiers les prix montent, on connait la suite.
a écrit le 10/02/2011 à 10:34 :
En immobilier c'est comme le reste, vous prenez une surface proche du centre ville (d'une région en croissance,très important), près des commerces et commodités,proche d'une gare mais pas trop,avec un petit jardin privatif et de quoi garer votre voiture.Vous avez une petite chance de rentrer dans vos sous.
Réponse de le 10/02/2011 à 14:09 :
C'est le profil de l'appart que j'ai achete mais sans le jardin avec un tx de 3.11% avec assurance. Important aussi l'exposition, éviter les expositions plus orientées vers le Nord.
a écrit le 10/02/2011 à 9:27 :
Un article de l'année dernière paru dans notre journal préféré indiquait que l'on pouvait s'attendre à une chute des prix de l'immo de logement de 30 à 50 % sur les 5 prochaines années ..sic
Réponse de le 10/02/2011 à 12:35 :
Et alors, c'est pas le cas ?
Réponse de le 12/02/2011 à 6:34 :
tu vie 5 ans en 1... ce qui explique pourquoi tu a acheté aussi cher...je comprend mieux.
a écrit le 10/02/2011 à 8:49 :
Statistiques bidonnées, logements sur-construits dans des zones sans besoin locatif et rien dans les zones tendues, les 2/3 voire plus des ventes en Scellier depuis deux ans (pas des primo, pas des secundo-accèdants, non, du Scellier), et à part ça tout va bien, ce monsieur a encore droit de parole...Y en a qui n'ont pas honte !
a écrit le 10/02/2011 à 8:36 :
"Comment expliquer, alors, la hausse affichée par la FPI ? Marc Pigeon n'a pas de réponse définitive sur ces anomalies statistiques mais « les promoteurs ont fait attention à ne pas laisser les prix s'envoler en valeur absolue ».

C'est clairement du foutage de gueule de M. l'oiseau, non ?
Vous, La Tribune, le mettez devant ses stats bidons mais publiés par ailleurs et faisant perdurer le mythe de "la pierre ça ne peut que monter", et il ne sait répondre que cette annerie !
a écrit le 10/02/2011 à 8:35 :
Bravo, et je dois reconnaitre que je n'ai rien à rajouter à ce que a dit Alleluia .

Cdt
a écrit le 10/02/2011 à 8:19 :
Depuis le temps qu'on le dit que les professionnels de l'immo bidonnent les chiffres...Espérons qu'ils comprennent que le problème de la demande aujourd'hui ce n'est pas de vouloir acheter, c'est de pouvoir !
Et merci à La Tribune pour avoir évité le énième publi-reportage sur l'immo !
a écrit le 10/02/2011 à 5:35 :
Enfin un vrai article de journaliste sur le sujet, merci pour cette analyse et de ne pas avoir simplement transmis un article de la FPI ou notaires. C'est le genre d'articles que l'on attend d'un journal comme la tribune, de la reflexion et de l'investigation.
Merci
Réponse de le 10/02/2011 à 8:51 :
Oui, je suis parfaitement en accord avec le commentaire précédent. Un article qui informe, plutôt qu'un article qui répéte.
Réponse de le 10/02/2011 à 9:55 :
Le problème est que les articles de la Tribune sur l'immobilier n'ont aucune cohérence entre eux. Une série d'article sur le thème "la pierre ça ne peut que monter" (je schématise), une série d'article dans titrant "X% de hausse à prévoir cette année" alors que dans le corps de l'article, on apprend que c'est selon la FNAIM, selon les notaires, selon tel courtier, et puis parfois, un article d'investigation disant un peu plus vrai. Je regrette notamment ces articles qui titrent en gros sur un % de hausse attendu, avec dans le corps de l'article, l'annonce que c'est selon une étude réalisée par un acteur du marché ayant intérêt à la hausse. Les journalistes ne se rendent pas compte à quel point en citant sans les critiquer, les conclusions d'une étude partiale, ils transforment de la publicité en information.

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