La Tribune

Pourquoi les exigences des Émiratis pour acheter le Rafale agacent Air France

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Michel Cabirol et Fabrice Glizsczynski  |   -  435  mots
Les Emirats Arabes Unis mettent dans la balance des autorisations de vols supplémentaire vers la France pour leurs compagnies aériennes, Emirates (Dubai) et surtout Etihad, le transporteur d'Abu Dhabi.

C'est un véritable chemin de croix que subit la France aux Emirats arabes unis (EAU) pour y vendre une soixantaine d'avions de combat Rafale via un contrat estimé entre 6 à 8 milliards d'euros. Après avoir gelé les négociations pourtant très avancées au coeur de l'été en raison d'un article dans "Le Figaro", propriété de Dassault, qui a fortement déplu, Abu Dhabi a récemment rajouté dans les discussions une nouvelle exigence pour acquérir le Rafale. Selon plusieurs sources concordantes, les Emiratis mettent désormais dans la balance des droits de trafic supplémentaires (autorisations de vols) en France, essentiellement à Roissy, pour leurs compagnies aériennes Emirates (Dubai) et surtout Etihad, le transporteur d'Abu Dhabi. Cela à près d'une semaine d'un deuxième round de négociations bilatérales sur les services aériens, six mois après l'échec du premier, lorsque Paris a rejeté en bloc les exigences colossales des Emirats (un doublement du nombre de vols en France). Les représentants d'Abu Dhabi étaient partis furieux.

Choix cornélien

Paris doit donc désormais choisir entre deux de ses fleurons industriels : Dassault Aviation, qui n'a pas encore vendu le Rafale à l'export, et Air France, qui demande de ne pas accorder de droits supplémentaires à ces compagnies, accusées de profiter du soutien massif de leur États actionnaires pour venir piller ses marchés naturels. Grosses clientes d'Airbus, les compagnies du Golfe ont déjà, par le passé, laissé planer la menace d'annulations de commandes d'avions afin d'augmenter leur présence en France.

Les négociations sur le Rafale sont aujourd'hui arrêtées et leur reprise dépend de la réponse de la France à l'exigence émiratie. « Il y a un gel des discussions, nous n'avons pas de date pour la suite », explique-t-on à « La Tribune ». En dépit de ce gel, des contacts entre la France et les EAU sont maintenus grâce, par exemple, à un séminaire franco-émirati sur la guerre électronique. Pour autant, Abu Dhabi reste toujours sous la pression des États-Unis, qui font un important lobbying pour empêcher la vente du Rafale aux forces aériennes émiraties.

Côté français, le prochain départ, très inattendu, de l'homme clé du Rafale et des avions de combat chez Thales, Pierre-Yves Chaltiel, selon plusieurs sources concordantes, est un coup dur pour le camp français. Il confirme à nouveau le malaise en interne dans le groupe d'électronique présidé par Luc Vigneron. Ce départ a tendu un peu plus les relations entre Dassault et Thales.

Michel Cabirol et Fabrice Gliszczynski

 

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Commentaires

Hadès.  a écrit le 21/02/2013 à 10:25 :

Je connais bien cette région du monde et la vérité est toute autre que les images de carte postale et les lieux communs sans cesse relayés par les journalistes.
Les EAU sont une terre fragile avec un faible pourcentage d'émiratis grassement payés 800.000 face à 7.300.000 travailleurs étrangers soit environ 90% de population non émiratie.
Les EAU sont le regroupement de plusieurs émirats mais le système politique reste absolument fermé.
De même, la ressource pétrolière est regroupée à Abu-Dhabi, Dubaï n'étant qu'un "mirage" aux excès qui ont très lourdement plombé l'avenir de ce petit émirat ; des exemples :
- les îlots artificiels s'enfoncent dans la mer.
- les stations de métro sont restée fermées par les constructeurs car l'émirat ne payait pas les travaux effectués.
- la majorité des bâtiments appartiennent au voisin Iranien (qui leur a aussi volé trois îles et y a installé des militaires sans que l'émirat ne proteste.)
- les travailleurs étrangers sont très mal traités et vivent à l'écart dans des camps à l'accès interdit.
- la finance est à la dérive.
- toute la vie est gérée par l'islam, comme les accidents de la route par exemple.
- on trouve de l'alcool ; avant il était réservé aux clients des hôtels.
- on trouve de la viande porc, saucisses, saucisson, jambon dans certains magasins.
- dans le vieux centre, on trouve des prostituées.
- la grande majorité des constructions sont vides.
- la France a construit 3 bases (terre air et mer : TAM) pour les soutenir.
- pour autant ils n'ont acheté le char Leclerc que si l'on changeait le moteur...
- ils ont confié la surveillance en temps réel de leur territoire à un autre pays malgré nos aides.
- l'histoire de notre avion Rafale est à dormir debout.

C'est le meilleur avion de combat de son époque : l'Inde mais aussi la Suisse, et pourquoi pas les Etats Unis réfléchissent à son acquisition.
Il est noté 0.2 de moins que le F35 alors que l'Eurofighter est plus de 2 points derrière (sur 10)
De plus sa furtivité est exceptionnelle pour une configuration non "sealth" et les américains qui ont négligé les chasseurs durant plusieurs décennies se demandent bien si le Rafale n'est pas LA solution.

Bref, les EAU ont le même défaut que tous les pays du Golfe : ils se prennent pour des cadors...

Mais voilà, quand nous nationaliserons tous leurs biens implantés en Occident, quand nous bloquerons tous leurs comptes dissimulés chez nous, il ne leur restera rien.

N'oubliez jamais qu'ils ont procédé de même avec nos compagnies.

* le Cas Air-France est minable quand on voit les fortunes payées par les passagers pour faire simplement tourner leur comité d'entreprise CE !!! C'est hallucinant...

Les personnels ne sont pas à la hauteur, peu serviables, visiblement irritables. Quant aux services à bord ils ne cessent de diminuer tout comme la taille des sièges d'ailleurs.
Zodiac devrait cesser de concevoir des sièges pour enfant afin d'y caser des adultes de bon poids.

Si l'on continue ainsi ça sent la casse.
De toute manière la compagnie aérienne de Barhein vient de licencier le quart de ses employés, elle aussi comme bien d'autres.

Bibilolo  a écrit le 21/02/2013 à 10:09 :

Se plaindre d une concurence deloyale ( AF) est dans l air du temps en France... La realite de la productivite, du rendement ect est montree au grand jour avec Canal plus qui se plaint des poches pleines du Quatar,des salaries de goodyear qui preferent la soit disante protection de l etat a la reprise par un veritable competiteur,Ou va la France.....